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Accueil s'informer Nos actions et engagements Actuchomage/APNÉE : le bilan de deux ans de mobilisation

Actuchomage/APNÉE : le bilan de deux ans de mobilisation

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Depuis la création de l’association APNÉE - Alternatives Pour une Nouvelle Économie de l’Emploi - en mai 2004, nous avons initié de nombreuses actions pour donner un maximum de "visibilité" à nos engagements militants malgré nos moyens plus que réduits… Bilan.

La première d’entre elles, c’est ACTUCHOMAGE, évidemment, le seul site d’information et d’échange entièrement consacré au chômage, à l’emploi et à la cohésion sociale. Mis en ligne en septembre 2004, le site comptabilisait à cette époque 2.000 visites par mois. Son audience s’établit actuellement à 80.000 visites, et la progression de sa fréquentation est de l’ordre de 10 à 20% par mois.

Google, premier moteur de recherche en France et dans le monde (55 à 65% des requêtes Internet) référencie aujourd’hui plus de 50.000 articles, dossiers, citations, reprises… ayant trait à Actuchomage (contre 5.500 en août 2005). Le contenu de notre site alimente en infos Google News, la rubrique actualités du moteur de recherche, et les interviews que nous accordent des personnalités du monde politique, économique, universitaire, syndical et associatif sont reprises sur des dizaines de sites Internet.

Un an après avoir installé Actuchomage, nous avons mis en ligne Inter-Emploi, le premier site d’accompagnement des chômeurs 100% gratuit. Inter-Emploi génère aujourd’hui 10.000 visites par mois malgré sa fonctionnalité réduite (il a été réalisé avec les "moyens du bord"). Dès que nous en aurons l’occasion, ce site sera redynamisé.

Mais depuis septembre 2004, nous sommes aussi passés à l’offensive sur le terrain militant, en engageant des actions concrètes qui ont déjà connu pour certaines de vrais retentissements :

• Les adhésions à l’association APNÉE
Notre association compte aujourd’hui plus de deux cents adhérents actifs et quelque 2.200 sympathisants (enregistrés comme membres du site). Près de 30% de nos adhérents sont en poste, et 70% connaissent des situations de précarité professionnelle. Notre plus belle réussite est d’avoir réussi à lancer des passerelles entre le monde du travail et celui de la précarité, et initier des démarches solidaires entre ces deux univers qui, malheureusement, s’ignorent le plus souvent.

• La réintégration des enfants de chômeurs dans les dispositifs sociaux de la municipalité de Vaires-sur-Marne (77)
Notre article sur ce scandale a généré un petit battage médiatique (Le Monde, LCI, France 2, Le Parisien…) et a finalement débouché sur la réintégration des discriminés dans les dispositifs sociaux de la municipalité socialiste de Vaires-sur-Marne. Et ce "battage" a sans doute dissuadé d'autres municipalités de "discriminer" les enfants de chômeurs.
En savoir plus : Des enfants de chômeurs privés de cantine et aussi : Épilogue d’une affaire révélée par Actuchomage

NOTRE ENGAGEMENT EN FAVEUR DE L’EMPLOI DES SENIORS

• En mars 2005, sept d'entre nous ont décidé de porter plainte contre 70 entreprises, cabinets de recrutement et sites Internet ayant diffusé des annonces laissant apparaître des critères d'âge illégaux. Nous avons saisi la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui, elle-même, a transmis notre dossier au Procureur de la République de Paris. Les poursuites devraient être engagées car la BRDP – Brigade de répression de la délinquance sur la personne (police judiciaire) – a bouclé l’enquête préliminaire diligentée par le Procureur en octobre 2005.

Nous avons déjà largement médiatisé cette affaire en avril et mai 2005 (JT de 20H de TF1, Libé, Le Parisien, L’Huma, Ouest France, France Info, RTL…).
En savoir plus : La HALDE donne raison aux 7 chômeurs discriminés

• En juin 2005, nous avons initié une pétition contre les discriminations à l’embauche qui a recueilli 1.200 signatures (ce qui n’est pas négligeable pour un petit site associatif comme le nôtre) et l’avons adressée à Messieurs Chirac, Borloo et Schweitzer (Président de la HALDE).
En savoir plus : Chirac, Borloo, la CNIL, saisis de notre pétition

• En septembre 2005, Gérard Plumier (adhérent à l’association APNÉE) sortait son livre Chômage Senior, l'abécédaire de l'indifférence qui a bénéficié de retombées presse très satisfaisantes : Le Monde, Libé, JT de 20H de TF1, France 2, France Inter…
En savoir plus : Un abécédaire des idées reçues et des discriminations

• En novembre 2005, nous avons dénoncé les discriminations à l’embauche en usage dans le service public et avons saisi la HALDE de cas de discriminations explicites à EDF, à la SNCF, à l’Assemblée nationale et au Sénat.
En savoir plus : Le service public champion toutes catégories !

• En mars 2006, nous avons dénoncé le partenariat entre Monster, site de recrutement qui relaie des annonces discriminatoires, et Diversité-Emploi, un nouveau site parrainé par le gouvernement.
En savoir plus : Pourquoi l’affaire Monster est un vrai scandale ?

• En mai 2006, la HALDE rendait son avis sur les cas de la SNCF et d’EDF. Ces discriminations ne sont pas justifiées et la HALDE demande au Premier ministre, aux ministres de l’Industrie et des Transports, aux présidents de la SNCF et d’EDF de s'en expliquer.
En savoir plus : Le Premier ministre, EDF et la SNCF doivent se justifier

NOTRE ENGAGEMENT AUPRÈS DES "POLITIQUES"

• Depuis septembre 2004, nous rencontrons les femmes et hommes politiques de toutes sensibilités pour recueillir leurs propositions en matière de lutte contre le chômage et contre la précarité professionnelle (à lire dans notre rubrique "Nous les avons invité-E-s") : Olivier Besancenot (LCR), Arlette Laguiller (LO), Claire Villiers (PC/Gauche citoyenne), Martine Billard (Les Verts), Julien Dray (PS), Arnaud Montebourg (PS/Rénover Maintenant), Francis Vercamer (UDF), Nicolas Dupont-Aignan (UMP), Jean-Marie Le Pen (FN).

NOTRE ENGAGEMENT EN FAVEUR D’UNE PLUS GRANDE VISIBILITÉ DES CHÔMEURS DANS LES MÉDIAS

• L’automne 2005 nous a permis de nous faire voir et entendre (dans la mesure du possible) sur les deux principales chaînes nationales : TF1 et France 2.
En savoir plus : Sur France 2, la pauvreté ça ne se discute pas, ça se "déballe" ! et Sophie sur TF1 : Feu de paille ou amorce de mobilisation ?

• En janvier 2006, nous faisions encore - malgré nous - la Une des médias (France Info, Le Figaro, Libération…) avec une affaire peu banale. Après avoir posté un message sur un de nos forums, un agent de l’ANPE était mis en garde à vue, mis en examen, et son appartement perquisitionné. Cette affaire est actuellement entre les mains de la justice et les responsables du site ont été entendus par la police en juin 2006.
En savoir plus : Les forums d’Actuchomage sous haute surveillance

• Et depuis novembre 2003 (depuis l'affaire des Recalculés de l'Assedic), on ne compte plus nos interventions directes et indirectes dans la presse quotidienne nationale, régionale, dans la presse spécialisée (RH, emploi, chômage…), sur les radios, les télés… L'AFP (Agence France Presse) a déjà consacré à nos actions une douzaine de dépêches.

NOTRE ENGAGEMENT CONTRE LE CNE… ET PAR LA SUITE CONTRE LE CPE

Nous dénonçons depuis août 2005 la mise en œuvre du CNE. Nous avons été parmi les (trop) rares organisations à nous mobiliser sans faille sur cette question. Il aura fallu attendre le printemps 2006 et la création du CPE pour que l'opinion se manifeste… enfin.

Là encore, même si nous n'avons pas pesé à proprement parler dans le retrait du CPE, notre vigilance a sans doute contribué à alerter l'opinion et les réseaux militants (comme ce fut le cas lors du Référendum de 2005 et sur la directive Bolkestein).

NOTRE ENGAGEMENT EN FAVEUR D'UNE RÉNOVATION DÉMOCRATIQUE

• En mai 2006, Actuchomage inaugure la campagne des élections présidentielles. D’ici mars 2007, nous rencontrerons tous les "candidats crédibles". Jean-Marie Le Pen est notre premier invité. Suivront Arlette Laguiller (que nous rencontrons le 22 juin) et François Bayrou (en attente de réponse).
En savoir plus : Actuchomage inaugure 2007

• Aujourd’hui, nous élargissons notre champ d’action car nous pensons qu’il est stratégique de nous faire entendre (même faiblement) sur le "terrain politique". Ici aussi, nous nous heurterons à notre difficulté à fédérer, à impliquer, à mobiliser… Pour autant, devons-nous rester les bras croisés ? Certainement pas !
Les chômeurs, précaires, intermittents du travail et "bas salaires" sont aujourd’hui quasiment exclus de l’Assemblée nationale (une minorité de députés défendent véritablement nos intérêts) alors que la précarisation et les inégalités se creusent encore et toujours.

Cet engagement est fondamental, car notre exclusion politique se traduit invariablement par notre exclusion économique et sociale. Toutes les actions que nous pourrions entreprendre (même les plus légitimes) se heurteront à notre sous représentation et donc à notre impuissance à peser véritablement sur les décisions. Nous ne pourrons obtenir de vrais changements sans notre implication dans le débat politique… à la veille des échéances électorales de 2007.
En savoir plus : Appel pour une rénovation démocratique et Bientôt un site sur la Rénovation démocratique

Depuis près de deux ans donc, nous avons anticipé et accompagné quelques faits marquants de l'actualité sociale et politique (discriminations à l’embauche, chômage des Seniors, NON au référendum européen principalement motivé par les inquiétudes des Français concernant l’emploi, mobilisations contre le CNE et le CPE…). Cet engagement militant est inspiré par celles et ceux qui consultent Actuchomage et s’y expriment. Avec près de 3.000 visites par jour, des milliers de mails reçus, des centaines de contributions postées sur nos forums, notre site est un espace de démocratie participative plus fiable que tous les sondages d’opinion.

D'ici mai 2007, il faudra se mobiliser sur le champs politique afin que les chômeurs et précaires s'inscrivent ou se réinscrivent sur les listes électorales, eux qui désertent de plus en plus les urnes par dégoût et résignation. Et qu'ils votent aussi. Pour qui ? Nous verrons en temps voulu. Mais nous ne manquerons pas d’interroger les candidats déclarés sur les questions qui nous mobilisent. Et nous tenterons de peser dans les débats qui s’annoncent passionnés.

C'est l’axe fort de notre engagement présent et à venir.

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Mis à jour ( Vendredi, 16 Juin 2006 19:30 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2006-06-16 19:16 Bon, on va pas vous la jouer "sans vous, on va crever !", mais on va quand même lancer un "appel au peuple" :

Depuis la création de l'association APNÉE (en mai 2004) qui préside aux destinées d'Actuchomage et d'Inter-Emploi, nous avons accueilli un peu plus de 200 adhérents (à 15 euros de cotisation moyenne, on vous laisse faire le calcul !).

Bon, finalement on vous le fait (le calcul) : Moins de 3.000 euros (20.000 balles) pour faire vivre notre association depuis… deux ans ! Un authentique exploit… que nous devons à tous nos adhérents, et plus particulièremen t à six d'entre eux qui ont été très généreux (nos 6 "membres bienfaiteurs" à plus de 50 euros).

Donc, il faut vraiment que vous nous filiez un coup de main… Vraiment !

Adhérer à APNÉE, c'est :
• 5 euros par an pour les "sans alloc'", les minima sociaux, les étudiants, les mères (et pères) au foyer.
• 10 pour les "indemnisé-E-s ASSEDIC".
• 30 pour les salarié-E-s (et autres statuts professionnels) .
• 50… pour les bienfaitrices et bienfaiteurs.

…/…

Certains - les nouveaux venus notamment - pensent que derrière Actuchomage et Inter-Emploi se cache une "grosse équipe" structurée. En effet, nous sommes… 3 :

• 2 aux commandes d'Actuchomage.
• Une aux commandes d'Inter-Emploi.
100% Bénévoles, ça va de soi… émargeant aux minima sociaux (ASS ou RMI : 420 euros/mois, pour ceux qui ne le savent pas encore).

…/…

En deux ans, la fréquentation d'Actuchomage est passée de 2.000 visiteurs/mois à 80.000 !

Nous comptons aujourd'hui plus de 2.000 membres enregistrés sur le site (nos sympathisants).

Hélas, nos finances ne suivent pas cette croissance de notre fréquentation et du nombre de nos "sympathisants", c'est pour cette raison que nous vous demandons de – vraiment ! - faire un effort. Cet appel s'adresse plus précisément à celles et ceux qui trouvent ici - quotidiennement - un espace d'expression libre… et gratuit (et l’apprécient visiblement).

Le Bureau de l'association

NB : APNÉE ne bénéficie d’aucune subvention et d’aucun soutien autre que les cotisations de ses adhérents.

Lien direct pour accéder => => aux conditions d'adhésion.
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0 # Maldoror 2006-06-17 18:58 Parce que 2 ans en APNEE :-) Promis je vais (tenter) d'être un peu sérieux.

Car cette histoire de chômage ne date pas d'hier : en 1971-72 ont commencé les premiers démantellements sérieux du tissu industriel français (lequel tissu était bien ragué car il y avait bien longtemps que les usines pourrissaient sur place sans aucune adaptation/modernisation malgré le savoir faire de la main d'oeuvre qui y travaillait). Donc nous avons vu que ce démantellement et le début du chômage de masse qui s'en est ensuivi a bien été structurel et délibéré. Maurice Allais, prix Nobel d'économie, en fait l'inventaire et situe le point de départ de ce phénomène.

Quand le chômage résultant a commencé a être voyant (1974-75) nous, petit groupe libertaire autonome du 94, avons commencé à mener une réflexion là-dessus (à l'époque on imagine que l'équipe d'APNEE coinçait la bulle dans ses couches culottes) et avions même sorti un grand tract A3 sur la belle offset des Beaux-Arts intitulé "Chômeurs, sauvons nous nous-mêmes" en référence à l'Internationale "Producteurs sauvons nous nous-même". Parce que c'était bien d'une réflexion globale que nous avions besoin sur quelle était la production industrielle nécessaire, le travail véritablement utile, son abolition par les méthodes modernes de la production (informatique et robotique), la méthode pour le répartir entre tous afin que ne se créent pas des travailleurs surmenés d'un côté et des chômeurs laissés sur le carreau pour solde de tout compte de l'autre. Sans créer une pléthore de fonctionnaires inutiles pour autant comme la gauche (et aussi la droite) sait si bien le faire. D'ailleurs certains d'Actuchomage se complaisent curieusement à cela sans s'interroger sur le devenir (une fois que la France ne sera plus peuplée que de fonctionnaires et d'immigrés bas de gamme on pourra se demander par quelle manne céleste ces deux catégories de braves gens pourront vivre)

Indépendament de la critique réformiste (le revenu d'existence est finalement keynesien et n'a rien de révolutionnaire ) ou révolutionnaire (casser la logique même de ce capitalisme auto-perverti et qui ne voit plus que le monétaire et non la production) et à fin d'assurer notre propre survie et ne pas se complaire d'être des intellectuels de salons, une réflexion pragmatique sur un mode de vie "alternatif" (malgré que ce mot ait bien été galvaudé par les bobos du résidu du gauchisme) dans des pays où on ne taxe pas tout ce qui voudrait bouger car, en France, ceux qui en ont fait l'expérience (dont moi) savent qu'il est pratiquement impossible de créer quoi que ce soit de viable économiquement parlant sans être taxé à mort avant même d'avoir gagné un kopec.

Ceci est donc ma réflexion et mon analyse et n'engage que moi (hélas !). Si je feuillette les pages de ce site je vois des analyses, certaines bien faites, mais quelque peu timorées, des jérémiades à rallonge sur les courtelinades des administrations sociales (mais qu'il ne faut pas remettre en cause car ce sont des fonctionnaires, vous savez, ces vaches sacrées qu'adorent les petits français), mais surtout rien d'actif. Je hais le mouvement qui dérange… les élections sous-entendent certains. Car, finalement, c'est de ça dont ils s'agit : persuader les chômeurs de voter pour la gauche ou les gauchistes. Faut pas déc ! Vous l'avez entendue la fameuse Royal ? sociale-pétainiste moi je dis (s'est pris une tarte aux fraises dans la tronche, ai-je appris, juste retour de son tapage médiatique). Voui, allez-vous me dire il reste le petit facteur, ou Arlette, ou José (pas encore converti à l'islam celui-là), bref la ringardise habituelle

J'ai eu vraiment l'impression d'être Zarathoustra a déclamer "Chômeurs ! sauvons-nous nous-même". Etait-ce ça le surhumain ?
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0 # marielouise 2006-06-17 20:26 Ne pas manquer de souffle ?

Et toi, depuis 1994, à part critiquer les fonctionnaires et les "immigrés bas de gamme", les "intellectuels de salon" et "les bobos du gauchisme", qu'est-ce que tu as fait de plus ??? Je me demande pour qui tu te prends. C'est tellement facile de critiquer !

Et je te sens relativement essouflé.
En tous cas rasoir.

Bonjour chez vous.
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0 # Maldoror 2006-06-21 22:39 Tiens j'ai appris que Jacques Lanzman avait cassé sa pipe. C'était quelqu'un de bien.

1994 ? Pourquoi 1994 ? Je critique depuis bien avant "en groupe en ligue en procession". Premier matraquage sérieux en 1965 (2 points de suture à l'Hôtel Dieu, m'a appris à prendre un casque), premier embastillage en 1966.

"C'est tellement facile de critiquer", allons continue dans cette voie : "et puis les chômeurs ce sont des fainéants où des incapables". Le d'où je parle deviens plus important que ce que je dis. Tu as encore beaucoup à apprendre petit scarabée.

"En fait, ce Moi plein de contradiction et de confusion est encore celui qui parle le plus droitement de son être, ce Moi qui crée, qui veut et qui juge, ce Moi mesure et valeur des choses". (F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, traduction Geneviève Bianquis, Garnier-Flammarion, p. 70)

Pas étonnant qu'un discours qui sortent du conformisme du sous-syndicalisme du chômage te dépasse.

"Ils ne me comprenennt pas point, je ne suis pas la bouche qui convient à ces oreilles.
J'ai trop longtemps vécu en montagne, j'ai trop écouté les ruisseaux et les arbres…" (F. Nietzsche, op. cit., p 54)

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0 # Yves 2006-06-19 17:47 Maldoror a posté un commentaire intéressant sur ce qui fut, ce qui est… Mais pas sur ce qui sera.

En 74, nous n’avions en effet qu’une dizaine/quinzaine d'années. Le monde a changé depuis…

Nous avons engagé notre action sur le net car nous n'avons aucun réseau de soutien (pas même syndical), pas plus que d'ancrage politique affirmé et revendiqué.

Nous sommes ici les premiers à dire que, de gauche ou de droite, le paysage politique français est d'une grande ringardise, et il est peu probable que nous "appelions" à voter pour quelqu'un dans l'état actuel de la situation.

Nous agissons avec méthode.

D'abord, on rencontre les candidats.

Après, on essaie de mettre en avant quelques propositions, quelques idées-forces, ou nous associer à celles et ceux qui les soutiennent.

Tout en militant activement (avec nos moyens) sur ce qui nous motive.

Notre démarche est donc à l'opposé de la "ringardise".

Nousn’ avons pas d'idées préconçues et souhaitons nous faire les porte-parole de la dynamique collective qui s'exprime sur le site.

Est-elle de droite, de gauche, du centre ?

À chacun-E de se faire son opinion.

Pour notre part, nous pensons contribuer activement à l'ouverture de certains débats.

Nous n'avons pas d'autre ambition… pour commencer !

On en reparle dans quelques mois.

Yves - Un animateur du site
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0 # Maldoror 2006-06-22 00:24 Point n'ai-je dit que la ringardise était la ligne politique d'APNEE, j'ai dit qu'elle en était le risque.

Cette histoire de chômage incite à penser plus haut que de réclamer du travail ou autre foutaise. Du travail il n'y en a plus, c'est une espèce en voie de disparition (c-f Jeremy Rifkin), et je ne vois pas trop l'intérêt de créer des "réserves naturelles" de fonctionnaires comme il y a des réserves d'indiens aux USA.

Il ne peut y avoir de critique du chômage sans que cela débouche sur une critique du travail et, par extension, sur une réflexion sur le temps telle qu'elle avait été amorcée par ces grands visionnaires que furent Raoul Vaneigem et Guy Debord (entre autres).

En effet la course à la transformation du sur-travail en non travail par les amméliorations techniques ou gestionnaires de la production fit que
1. un nombre devenu dérisoire de producteurs suffit à la production
2. la spécialisation devient non plus régionale mais planétaire même si certains feignent d'ignorer que la mondialisation de date pas d'hier et qu'elle remonte à l'époque où la machine à vapeur a permis aux bateaux de ne plus dépendre des "vents du commerce" (trade winds, autrement dit les alizés)

Ce temps libéré qui aurait dû faire le bonheur de l'humanité ne le fit pas. Non seulement l'idéologie religieuse sado-masochiste du christianisme fustigea les "fainéants" puique 'l'oisiveté était la mère de tous les vices", mais les chômeurs furent privés de toute reconnaissance sociale pour ne devenir plus qu'une caste digne des intouchables à ceci près qu'elle n'est pas tout à fait héréditaire.

"Nous n'avons rien à nous que le temps,
dont jouissent ceux mêmes qui n'ont point
de demeure."
Balthasar Gracian (L'Homme de cour)

Ce temps "libre" des chômeurs est bien dérangeant. Car "la liberté est le crime qui contient tous les crimes, c'est notre arme absolue". Comment est-il perçu ? L'absolue domination du temps par le productivisme spectaculaire ne peut concevoir le temps libre que comme marchandise séparée. Le temps n'est que de consommation et non de vie (la "paresse" de Paul Lafargue). Un prolétaire est "en vacances", un chômeur non, il doit avoir honte de son temps libre au point que certains s'autopersuadent que la "recherche de travail" est un "travail comme un autre". Une ouvrière de la SNECMA me disait jadis "Qu'est-ce que vous allez faire toute la journée au chômage, vous allez vous ennuyer ?". A mettre aussi en parallèle avec les réactions désolées de ceux qui, lorsqu'on annonce qu'on est au chômage, considèrent presque qu'on est sidaïque au dernier lymphocite T4 par mm3. Faut qu'on les rassure en expliquant, qu'à part la trésorerie effectivement misérable, on dispose d'une chose que nous envient les cadres surmenés : du temps !

Donc quel devrait être l'activité militante d'une organisation de chômeurs ? Pleurer après le retour du "plein emploi" salarié ? Un épi-phénomène qui n'a même pas duré 40 ans dans sa généralisation et qui est à comparer avec les 3000 ans d'activitées économiques recensées sur le territoire France ! Se faire embaucher chez Pénélope SA ? J'imagine bien ce genre d'emploi "aidé" : une équipe de tricoteuses le jour et de détricoteuses la nuit selon l'aphorisme "faire et défaire c'est toujours travailler".

Ou bien entamer une réflexion critique sur le temps, son emploi et son partage (on ne parle donc plus de travail). Et que faisons-nous nous-même de ce temps ? Je vous incite à lire la réflexion des "chômeurs heureux" allemands sur mon site. L'action subversive, mon cher Yves, est ici : l'appropriation volontaire du temps du chômage dans la dialectique du vivant et non cette résignation morbide du castré de l'usine : "je traîne en pantoufles toute la journée" comme déprimait un ouvrier licencié.

Temps libre ou temps mort, telle est la question.

Un prof d'économie marocain m'expliquait que le problème au Maroc était que le temps de travail (et le temps en général) n'avait pas de valeur. Et c'était réciproque des deux côtés employeur/employé. Si le travailleur exigeait un meilleur salaire impliquant la contre-partie d'une meilleure production, on montait le niveau pour passer effectivement au capitalisme avec ses points positifs sur les créations de richesses et ses conflits d'intérêts de classes. A rester à ce niveau zéro rien n'était possible, me disait-il. "Excellent !", lui dis-je, "tu viens de me donner une définition du Tiers-Monde : le lieu ou le temps n'a aucune valeur". A rapprocher de l'histoire russe de l'époque brejnevienne : "ils font semblant de nous payer et nous on fait semblant de travailler". En fait quand on observe ce qu'est devenu le travail en France : précarité, "stages en entreprise" non payés, on observe bien une tiers-mondisation qui n'est pas uniquement ethnique par le fait des colonies de peuplement des immigrés. L'étude officielle sur le CNE montre bien que l'effet d'aubaine escompté par les employeurs est à relativiser par le fait que, aussi, du côté employé, on ne se sentait pas obligé de rester.

Cette réflexion sur le temps est donc la question centrale.

Comme tu vois j'ai complètement oublié de demander aux candidats ce qu'ils pensaient du chômage et des chômeurs, j'ai d'autres choses à faire de mon existence qu'à rester dans un pays morbide à regarder passer l'alternance droite-gauche. Mais des goûts et des couleurs…
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0 # Yves 2006-06-23 11:31 Sur Actuchomage, il y a aussi un "Manuel du chômeur décomplexé" (rubrique "Même pas mal…", colonne de gauche) qui est intéressant.

Si tu permets, je poste ton commentaire sur le forum "Exprimez-vous" (sous le même titre : "Une brève histoire du temps".

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0 # Maldoror 2006-06-23 14:00 Bien volontiers !

En complément de cette réflexion abrégée sur le temps se pose la question de l'action.

En effet par quelle fatalité masochiste de l'hyperindividual isme morbide n'y a-t-il aucun mouvement de chômeurs ? Qu'il s'agisse de revendications catégorielles légitimes et, plus généralement, d'explorer des modes de vie qui seraient, sinon une alternative, tout au moins un moyen de limiter les dégâts.

En effet, un mode de vie communautaire permettrait d'échapper à un certain nombres de désagréments qui plombent la vie des chômeurs. Un peu en vrac

- le logement : un habitat loué avec un grand espace partageable coûte moins cher au mètre carré.

- il n'est pas absolument nécesaire d'avoir une machine à laver chacun, etc. Certains objets onéreux peuvent se communautariser sans tomber dans le misérabilisme collectiviste (je sens poindre certaines objections…)

- des activités culturelles le peuvent aussi. Pas obligé et nécessaire de payer une connexion ADSL chacun alors que cela est aisément partageable.

- des problèmes de progénitures que ce soit des chiards à garder ou des Kevin à déSMSisés peuvent aussi se collectiviser si les parents (souvent seuls) sont débordés

- idem pour des vacances, etc.

Mais que voit-on ? Dans l'actuel site d'actuchômage la zone de rencontres régionales est absolument vide. Dans mon cas (un zozo va encore avancer que je parle trop de moi) et sur ma zone cassoulet (Toulouse) pas une demande, pas un collectif n'existe (ou bien ce sont des cache sexes des fonctionnaires sociaux de "l'accompagnement des chômeurs").

La vie quotidienne, arrachée à l'emprise de la spécialisation spectaculaire marchande, serait-elle la dernière et impossible utopie à vivre ?
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