Nous retranscrivons ici des extraits d’une intervention récente d’Alain Soral.
Le Soralisme est une ligne politique qui prône l’alliance nécessaire de la gauche du travail et de la droite des valeurs parce que le pouvoir, comme l’avait bien compris et théorisé Michel Clouscard, est une alliance libérale libertaire. Le Soralisme est la contre-alliance absolument nécessaire.
Le libéral libertaire, c’est la droite financière alliée à la gauche sociétale. Or ce qui fait pendant à la gauche sociétale c’est la gauche sociale, et ce qui fait pendant à la droite financière c’est la droite des valeurs. Ce sont les vraies catégories. […]
Il y a une droite financière et une droite morale strictement opposées. L’une orientée vers la pensée et les valeurs traditionnelles, l’autre étant totalement moderne puisque le libéralisme est obligé de se transformer en permanence car son moteur est la dérive du capital, c’est-à-dire l’obligation du marché à s’étendre en permanence. […] Le marché est une fuite en avant. Il est générateur de crises intrinsèquement. […]
La droite des valeurs est définie négativement par nos ennemis. C’est le patriarcat, la famille, la différence des sexes, l’attachement aux racines, la nécessité des frontières, la longue durée. C’est l’idée qu’une nation doit avoir une profondeur historique et la connaître pour exister. C’est cela la droite des valeurs. C’est exactement le contraire de la droite libérale qu’on appelle aujourd’hui la droite financière puisque le libéralisme amène structurellement, systématiquement, à la finance. La droite des valeurs, c’est le contraire de la droite «attalienne» (référence à Jacques Attali), cette droite de l’hyperclasse pour laquelle «les pays sont des hôtels» (un extrait d’une interview de Jacques Attali le confirme, NDLR).
C’est là où je tombe dans mon travers qui m’est imposé par la logique et le courage. Cette droite libérale s’appuie quand même sur des valeurs qu’elle cache qui sont les valeurs du judaïsme. C’est ça le mensonge. C’est ça le moteur de mon livre le plus important après «Comprendre l’Empire» qui est «Comprendre l’Époque - Pourquoi l’Égalité». […]
Ce mensonge s’oppose à l’égalité laïque et républicaine, et à l’égalité qui trouve ses fondements dans deux origines : L’une grecque, la démocratie, celle des citoyens égaux qui décident eux-mêmes des lois, par le facteur le plus démocratique qui est la loi du nombre ; l’autre, chrétienne, selon laquelle il n’y a plus de peuple élu et pour laquelle nous sommes tous des élus. Différence radicale entre le message de l’Ancien Testament et celui du Nouveau. […]
Maintenant, il faut aller de l’autre côté, vers la gauche du travail qui est le contraire de la gauche sociétale, puisque la gauche sociale a été trahie précisément, violemment, par la gauche sociétale. Ça commence idéologiquement par Mai-68. Puis, la prise de pouvoir se situe à partir de 1983, avec le virage de la rigueur imprimé par le Parti Socialiste, quand ils ont nommé Laurent Fabius au poste de Premier ministre à la place de Pierre Mauroy. Les idéologues gauchistes de Mai-68 arrivent aux affaires sous Mitterrand. […]
La gauche sociale […] est une tradition française qu’on appelait après guerre le programme du Conseil national de la Résistance, la Sécurité sociale, certaines nationalisations, l’économie mixte avec la planification sous de Gaulle… Il y avait une très forte dimension sociale sous jacente. On peut même remonter au Front Populaire et aux congés payés. Cette gauche sociale a été détruite non pas par la droite mais par une gauche collabo.
C’est mieux de confier à la gauche la trahison de la gauche, ça se voit moins […] Un sketch de Jean-Marie Bigard le résume fort bien. (On voit Bigard s’adresser à Patrick Sébastien en ces termes : «Quand tu vois un mec de droite arriver derrière toi, tu serres les fesses. Attention, ce gars-là, il risque de m’enculer mais méchamment ! Tu vois ? Par contre, quand un mec de gauche arrive, t’es complètement détendu. Le mec est dans le camp des gentils. Mais quand il arrive, il t’encule quand même et il te la met beaucoup plus profond…»).
Bigard avait une certaine conscience politique à l'époque. Donc effectivement, la gauche sociale a été trahie par la gauche sociétale. Et qu’est-ce que la gauche sociétale ? On ne parle plus du rapport capital/travail, de l’exploitation des pauvres par les riches, mais on parle des jeunes, des femmes, des gays, jusqu’au LGBTisme, dont les revendications catégorielles remplacent les revendications de classes. […]
Un exemple : Les gays ne transcendent pas la réalité de classes. Un gay ouvrier n’a rien à voir avec un gay grand bourgeois sauf dans le moment très restreint de la pissotière, de la backroom vous voyez ? Et encore, les boîtes gays sont surdéterminées par une logique de classes. Les gays de la grande bourgeoisie ne vont pas dans les mêmes boîtes que les gays du prolétariat. […]
Ce système ne repose pas sur un affrontement gauche-droite mais sur un pouvoir composite et croisé, le libéralisme libertaire, sachant que les libertaires ont été produits et financés par les libéraux, c’est-à-dire que la gauche sociétale est un produit de la droite du capital. Tout cela résume l’histoire du Parti socialiste. Ce n’est pas pour rien qu’il en est là (dans les choux, NDLR).
On comprend que le pouvoir actuel est bien libéral libertaire, droite financière gauche sociétale. Pour lutter efficacement contre ce binôme, il faut réaliser l’alliance strictement inverse : Droite des valeurs et gauche du travail qui, si elle s’applique politiquement aujourd’hui, est nationale et sociale. Et du « nationale et sociale » au national socialisme, il n’y a qu’un pas, à part qu’on ne fait pas de saut dans le temps, dans l’histoire et dans la géographie.
Nous ne sommes pas l’Allemagne des années 30. Nous n’avons pas de problème d’espace vital. Nous n’avons pas de théorie raciale radicalement inégalitaire, bien au contraire. Nous sommes la nation de l’égalité en tant que fille ainée de l’église et mère des Droits de l’Homme. Nous ne sommes pas un pays fondamentalement inégalitaire. Je fais remarquer que les identitaires en France ont toujours comme modèle l’identité allemande völkisch (référence au mouvement du même nom) ou anglaise qui sont très inégalitaires. Un identitaire français doit être plus raffiné, plus ouvert et plus fragile, voilà.
En France nous avons Le Havre, Paris, Marseille… Notre géographie est une leçon d’ouverture par la grande diversité de ses terroirs et de ses peuplements, avant même les problèmes que pose l’immigration que j’admets tout à fait. La France a une géographie qui l’oblige à être plus subtile que cette île anglaise ou que cette Allemagne continentale.
Il y a des gens qui l’ont compris. De Gaulle l’avait compris. C’est assez bien expliqué par l'historien Jacques Bainville. C’était la politique de la monarchie française depuis François 1er, ce rapport complexe à l’autre, avec ces alliances parfois contre-intuitives…
Je le dis : «Gauche du travail droite des valeurs pour une réconciliation nationale» est totalement français. C’est ce qu’il y a de plus français. C’est triste parce que je suis accusé de traitre à la France par les droitardés, qui sont à la fois abrutis et vendus ; et je ne suis pas compris par une certaine gauche conditionnée par la gauche sociétale.
Ils ont oublié que ce qui fait vraiment la gauche est le social, c’est-à-dire le rapport capital travail.
==> Voir l’intervention de Soral dans son intégralité. Cliquez sur le lien : https://www.youtube.com/watch?v=w7U3NsFmcGA
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