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Négociations sur la «réforme du marché du travail», acte 2

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CDI, précarité : le patronat renâcle et n'envisage pas de boucler un accord avant «fin décembre».

Une deuxième réunion d'affilée pour rien, «une séance précaire», a ironisé un participant. Les partenaires sociaux étaient à nouveau réunis jeudi au siège du Medef pour aborder le premier pilier de la négociation «sécurisation de l'emploi» consacré à la lutte contre la précarité et le renforcement du CDI.

«C'est en avançant qu'on recule», a conclu Stéphane Lardy, le représentant de FO, après deux petites heures de huis clos dont il n'est rien ressorti de concret. «C'est original comme façon de négocier, a abondé Agnès Le Bot, son homologue de la CGT. Chaque organisation a présenté ses propositions et on s'est dit "à la semaine prochaine". On voulait rentrer dans le vif du sujet mais le Medef, lui, n'a pas voulu.» Même «soupçon d'inquiétude» à la CFDT : «Nous avons critiqué la méthode, a souligné Patrick Pierron, le chef de file de la délégation cédétiste. Si l'objet est de se réunir pour écouter ce que les autres ont à dire mais sans échanger sur le fond, on peut traiter plusieurs thèmes à la fois pour accélérer le calendrier».

Le patronat a, lui aussi, avancé ses propositions. Son texte de 3 pages en trois parties commence par la possibilité de mettre en place, pour certaines catégories de salariés, «une période probatoire à l'issue de la période d'essai». Une période où seraient fixés «un certain nombre de critères objectifs à atteindre en termes de comportement, compétences…» qui entraînerait un licenciement pour cause réelle et sérieuse si jamais le salarié ne les remplit pas.

«C'est très maladroit, comme l'ensemble du texte d'ailleurs», a commenté Joseph Thouvenel, le vice-président de la CFTC. «En termes d'ouverture d'esprit en début de négociation, le patronat fait très fort, a également critiqué Patrick Pierron. Le Medef semble nostalgique de 2008 et nous ressort pas mal de propositions qui avaient alors été rejetées. Je n'ai pas l'impression qu'ils aient beaucoup bossé le sujet.» Ambiance...

«Personne n'est prêt, nous y compris, et cette phase d'attente permet de gagner du temps», a reconnu un membre de la délégation patronale. «J'attends les propositions du Medef sur les trois autres volets pour me prononcer définitivement sur l'orientation de cette négociation, a quant à lui répondu Stéphane Lardy. Il y a un moment où ça va se cristalliser et c'est là qu'on rentrera dans le dur.»

Les choses sérieuses ne devraient donc pas commencer avant «début novembre».

La semaine prochaine, les partenaires sociaux présenteront — mais sans débattre — leurs propositions sur les deux prochains thèmes. À savoir l'anticipation des mutations économiques et l'amélioration des procédures de licenciement économique. Et peut-être, si le temps le leur permet, sur la quatrième et dernière thématique, la plus conflictuelle, concernant l'amélioration des dispositifs de maintien dans l'emploi. «Nous ne voulons pas faire de négociation thème par thème mais sur un texte d'ensemble que nous présenterons après cette phase préalable d'écoute, a justifié Patrick Bernasconi, le chef de file de la délégation patronale. Ce sera un document martyr qui permettra de parvenir à la fin décembre, je l'espère, sur un projet d'accord global.»

D'ici là, chacun devra prendre son mal en patience...

(Source : Le Figaro)


NDLR : Ces manœuvres dilatoires sont la tactique habituelle du camp patronal.
On rappelle que ces négociations, qui ont démarré le 4 octobre, doivent se poursuivre à raison d'une séance chaque jeudi, jusqu'à conclusion d'un accord avant la fin de l'année. Le gouvernement a prévenu que, s'il y avait échec, l'Etat “prendra ses responsabilités” et se chargera lui-même d'élaborer une réforme “avant la fin du 1er trimestre 2013”.

Sauf que Sarkozy n'a pas été réélu et que les organisations syndicales semblent déterminées à s'opposer fermement aux projets d'un patronat qui réclame toujours plus de flexibilité et de baisse du coût du travail. Elles sont d'autant plus stimulées par le contenu de la feuille de route transmise aux partenaires sociaux par le nouveau ministre du Travail, un document d'orientation qui insiste sur quatre points :
• Lutter contre la précarité sur le marché du travail.
• Progresser dans l'anticipation des évolutions de l'activité, de l'emploi et des compétences.
• Améliorer les dispositifs de maintien de l'emploi face aux aléas conjoncturels pour éviter les licenciements et les pertes de compétences dans les entreprises confrontées à des difficultés. (Sur ce point, les accords appelés "compétitivité-emploi" sous l'ère Sarkozy deviennent "accords de sauvegarde"...)
• Améliorer les procédures de licenciements collectifs lorsqu'ils n'ont pu être évités par les actions d'anticipation ou d'activité partielle, pour concilier un meilleur accompagnement des salariés et une plus grande sécurité juridique pour les entreprises comme pour les salariés.

Bien que vigilance s'impose (car des syndicats consensuels comme la CFDT ou la CFTC peuvent s'avérer traîtres), le camp patronal aura du mal à sortir victorieux de la négociation.


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