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Réduction des dépenses «d'intervention» : ça se précise

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L'État veut les réduire de 10% sur trois ans. Dans le collimateur : l'APL, le RSA ou l'AAH dont les règles d'attribution seront livrées à des «réformes spécifiques». Comme prévu, la contestable politique de rigueur décidée par l'UMP suite à la «crise grecque» touchera en premier les plus fragiles.

Les dépenses d'intervention désignent notamment certaines aides publiques au développement, à l'agriculture et à l'emploi (contrats aidés), mais aussi des prestations sociales comme l'aide au logement, le Revenu de solidarité active ou encore l'Allocation adulte handicapé. Dans le budget 2010, elles s'élèvent à 67,6 milliards d'euros.

«Pour l'ensemble des dispositifs d'intervention, notre objectif doit être de réaliser le même effort que sur les dépenses de fonctionnement, soit une baisse en valeur de 10%», a écrit le Premier ministre. «L'ampleur du redressement budgétaire» exige «que les dépenses d'intervention de l'Etat soient systématiquement réexaminées».

«Les dispositifs qui relèvent de règles d'indexation automatique ou de droits acquis devront voir leurs dépenses contenues par des réformes spécifiques», indique-t-il sans autre précision.

M. Fillon avait annoncé la semaine dernière une série de mesures pour enrayer l'aggravation des déficits publics comprenant notamment «un réexamen» des dépenses d'intervention, mais il n'avait pas chiffré l'ampleur de cette remise à plat.

Dans sa lettre de cadrage qu'il a signée mardi, le Premier ministre confirme aussi vouloir poursuivre «la politique de diminution des effectifs de l'Etat consistant à ne remplacer qu'un agent public sur deux partant à la retraite».

(Source : France2)

NDLR : On le redit, l'état du déficit et de la dette en France ne justifie pas pour l'instant ce plan de rigueur. La soi-disant "crise grecque" (qui est en réalité une conséquence de la crise du capitalisme financier depuis 2008) est une aubaine pour les libéraux qui, sous prétexte d'éviter une "contagion" et de "rassurer les marchés" dont ils sont les parfaits larbins, veulent enfoncer le clou de la régression sociale.

Or, non seulement ce plan de rigueur vise en premier les plus démunis (car dans la participation à l’"effort", les plus riches seront bien moins sollicités) et creusera davantage les inégalités, mais il risque de provoquer une récession : «Toutes ces aides [incluses dans les dépenses d’intervention] sont un matelas pour lutter contre la crise. Si on les retire, le chômage et la précarité vont augmenter», avertit Mathieu Plane de l'OFCE.

Enfin, l'épouvantail de la dette publique n'est qu'un moyen détourné pour décrédibiliser la dépense publique, donc l'action publique, alors que la dette privée (entreprises et ménages) est actuellement bien plus importante et dangereuse. N'oublions tout de même pas que la crise financière actuelle a été déclenchée par un excès d'endettement privé aux Etats-Unis…


Mis à jour ( Mercredi, 12 Mai 2010 18:20 )  

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