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Relance : pourquoi Sarkozy se trompe (2)

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On l'a compris, avant d'être financière puis économique puis morale et sociale, cette crise systémique trouve ses racines dans le surendettement. Depuis un quart de siècle, deux dictatures instaurées par le capitalisme ont achevé de nous conduire dans le mur : celle de la surconsommation jumelée à celle de la modération salariale. Un mélange incompatible qui a fini par exploser. En privilégiant la relance par l'investissement au mépris de la préservation des revenus de ceux qui sont les plus exposés à la crise, celle-ci va se répéter et on n'en sortira pas, avertit Jacques Attali.

L’essentiel de la crise actuelle est, pour le commun des mortels, extrêmement abstrait (...). Les uns comme les autres évoluent dans un autre univers que celui des vrais gens, qui savent seulement que cette accumulation d’abstractions entraine pour eux deux conséquences épouvantables : le chômage et le surendettement.

Déjà, aux Etats-Unis, des centaines de milliers, bientôt des millions de gens, renvoyés de leur emploi, ayant perdu leur revenu, incapables de rembourser leurs emprunts, sont chassés de chez eux. Sans aucune pitié. Sans aucune discussion.

En France, pour l’instant, la seule manifestation véritablement concrète de la crise, c’est l’aggravation du chômage par les licenciements, l’interruption des contrats à durée déterminée, la chute de l’intérim et le non-recrutement de la plupart des jeunes à la recherche d’un emploi.

Cela n’a pas encore, semble-t-il, aggravé très considérablement les taux d’impayés des crédits. Cela ne saurait tarder : le surendettement sera la conséquence inévitable du chômage. On verra, comme en Amérique (et malgré nos lois en principe protectrices des emprunteurs), des millions de gens trainés devant les tribunaux et tenus de rendre les clés de leurs voitures ou de leurs logements.

Avant que tout cela ne dérape dans une véritable tragédie sociale, il serait essentiel de concentrer toute l’action publique sur ceux qui sont atteints ou menacés de chômage pour faire en sorte que nul ne risque de perdre un revenu minimal décent. Tout le reste (construction d’autoroutes ou subventions aux entreprises) devrait être mis de côté : si les gens retrouvent une prévisibilité de leurs revenus, la crise n’est plus une source d’angoisse et la croissance peut revenir.

Pour cela trois mesures s’imposent, de toute urgence :

• Prolonger d’un an l’indemnisation du chômage en maintenant le revenu moyen des chômeurs actuels et de tous ceux qui pourraient être touchés. Le coût (autour de 8 milliards d'euros par an pour 500.000 chômeurs de plus) ne représenterait que le tiers du plan actuel de relance.

• Transformer le statut du chômeur (qui se vit comme une situation d’échec, recevant une subvention publique) en un statut de travailleur, ayant comme travail de rechercher un emploi et de se former, bénéficiant d’un contrat de travail spécifique, dit «contrat d’évolution», signé avec la collectivité. C’est tout à fait finançable dans le cadre des budgets actuels du Pôle Emploi et de la formation permanente.

• Se préparer à étaler les dettes des gens menacés dans leur travail. En particulier en appliquant avec la plus extrême rigueur les lois qui, en France, protègent les emprunteurs des turpitudes des sociétés de crédit à la consommation, et en mettant en place rapidement, pour toute personne acceptant de signer un contrat d’évolution, un processus d’étalement de son crédit logement.

Tout cela est faisable. Vite. La perception de la crise changerait alors complètement de nature. Et sa réalité avec elle.

Jacques Attali

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Mis à jour ( Jeudi, 14 Mai 2009 03:44 )  

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