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Formation des chômeurs : c'est toujours le désert !

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70% des chômeurs estiment qu'une formation longue (c'est-à-dire jusqu'à un an) leur permettrait de mieux se réinsérer sur le marché de l'emploi. Hélas, ils ne sont que 7% à en décrocher une (et encore, très courte) !

Selon un sondage présenté jeudi par l'AFPA en marge d'un colloque sur la sécurisation des parcours professionnels, 7 chômeurs sur 10 jugent qu'une formation longue leur serait bénéfique. Cette "carence en formations longues" a d'ailleurs été dénoncée au cours du colloque par Dominique Balmary, le président du Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie (CNFPTLV).

Malheureusement pour eux, depuis quelque temps, les formations longues et qualifiantes ont disparu de la circulation au profit de modules courts (4 mois en moyenne), essentiellement centrés sur les "métiers en tension" (ce qui limite considérablement le choix de ceux qui veulent se reconvertir). Alors que les dépenses de l'Etat pour la formation professionnelle tous publics confondus ont, pour leur part, progressé de 3,5% sur un an pour atteindre 26 milliards d'euros en 2005, celles de la formation continue des chômeurs a reculé… de 8% ! Les dépenses sont assurées pour près d'un tiers par l'Unedic et plafonnent à 1,2 milliard d'euros tandis que les crédits de l'Etat, alloués principalement à l'AFPA, s'élèvent à 1,5 milliard. Autrement dit : une misère !

Toujours en 2005, la DARES estimait également à 8,1% le taux de chômeurs ayant bénéficié d'une formation, soit un recul de 10% par rapport à 2003 et 2004. "Dans le cadre du plan de Cohésion sociale, les crédits ont en effet été redéployés pour contribuer à financer les nouveaux emplois aidés ou les éventuelles formations de leurs bénéficiaires", note-t-elle : en vérité, ces dernières années, le paquet a été mis… sur les allègement de charges aux employeurs, au détriment des privés d'emploi.
De plus, outre le fait d'être un parcours du combattant extrêmement long et dissuasif, l'accès aux formations pour les chômeurs est très inégalitaire : ce sont les moins éloignés de l'emploi et les plus diplômés qui en profitent, au détriment des + de 45 ans, des moins qualifiés et des non indemnisés par l'Assedic. Même une simple remise à niveau, peu onéreuse, peut être refusée !

Hélas, le projet de fusion ANPE-Unedic adopté ce matin en conseil des ministres ne propose aucune avancée sur ce sujet !!! Le but du jeu n'est donc pas de permettre aux chômeurs de retrouver durablement le chemin de l'emploi mais de goûter le plus longtemps possible au déclassement et à la précarité - voire de s'y installer - et, surtout, de faire baisser les chiffres du chômage en imposant des mesures coercitives (pourquoi pas, au détecteur de mensonge comme en Grande Bretagne ?) avec des sanctions accrues à leur encontre. Ainsi, le taux miraculeux de 5% de chômage, ce cache-misère du faux "plein emploi" tant promis par Nicolas Sarkozy, sera rapidement atteint !

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Mis à jour ( Jeudi, 06 Décembre 2007 20:14 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-12-06 19:59 Le gouvernement a adopté jeudi en conseil des ministres le projet de réforme du service public de l'emploi qui doit fusionner l'ANPE avec les Assedic et en principe "faciliter" la vie de ceux qui cherchent du travail, des syndicats et les associations de chômeurs craignant qu'elle ne soit au contraire "néfaste".

Le projet de loi, que le gouvernement espère faire voter avant les municipales, doit permettre la création au deuxième semestre 2008 d'un nouvel organisme unique chargé de l'indemnisation et de l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Le service aux entreprises est également au cœur de la réforme, qui en principe ne remet pas cause le pouvoir des syndicats et du patronat de déterminer le montant des cotisations et de l'indemnisation chômage.

Actuellement, moins d'un chômeur sur deux est indemnisé par les Assedic.

"Les deux tests de notre réussite, ce sera la réduction significative du chômage, la diminution du temps de chômage, et le fait que les entreprises n'aient plus besoin d'aller vers une société d'intérim ou un cabinet de chasseur de têtes, mais se diront naturellement que le nouvel organisme sera mon prestataire pour m'aider à recruter le personne dont j'ai besoin", a exposé la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde, artisan de la réforme, un peu remaniée pour répondre aux organisations patronales et syndicales.

Pour illustrer son projet, la ministre a inauguré une agence regroupant déjà l'ANPE et l'Assedic, ouverte lundi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Devant la presse, Mme Lagarde s'est donné comme objectif de réduire la durée moyenne du chômage de 9 à 3 mois, et d'augmenter le nombre de conseillers de façon à arriver à 60 chômeurs par agent, voire 30 pour les personnes plus en difficulté.

Opposition des syndicats et des associations de chômeurs

Les trois principaux syndicats de l'ANPE (SNU, FO, CGT) ainsi que Sud ont appelé à la grève pour le 18 décembre, après celle du 27 novembre suivie par un quart du personnel. Plus de 60% des salariés de l'Assedic avaient aussi fait grève le 27.

Les élus FO, CGT, SNU et Sud de l'ANPE jugent que la fusion se traduira par des "pressions sur les demandeurs d'emploi pour qu'ils acceptent n'importe quel travail à n'importe quelles conditions, ce qui rejaillira sur les garanties collectives de l'ensemble du monde du travail". Le projet de loi inquiète aussi les associations de chômeurs (MNCP, AC!, CGT-Chômeurs et APEIS), qui n'ont aucune place mentionnée dans la réforme et manifestent samedi à Paris contre le chômage et la précarité.

La présidente de l'Unedic, Annie Thomas, ralliée tardivement à la réforme, a souligné que "la période de négociation et de concertation n'était pas terminée", visant notamment la phase-clé des décrets d'application de la loi. A la ministre qui lui proposait de rebaptiser le futur nouvel organisme "Anedic", Mme Thomas a suggéré de trouver un nom plus parlant…

L'enjeu pour les partenaires sociaux était de rester maîtres des finances de l'assurance chômage et de garder un rôle d'impulsion dans la politique de l'emploi face à l'Etat, et Mme Thomas a jugé le texte "assez équilibré". "Les économistes nous disent que les réformes institutionnell es peuvent faire baisser le chiffre du chômage, de 1 à 2% peut-être, car on va simplifier la vie des personnes et rapprocher le moment où ils s'inscrivent et le moment où ils rentrent dans un projet de retour à l'emploi", a-t-elle souligné. Mais cette réforme ne doit "pas faire uniquement du copier-coller des missions de l'ANPE et des Assedic, et aller au delà", notamment pour la formation des chômeurs et l'aide aux entreprise afin de "faire émerger" et "traiter rapidement" leurs offres d'emploi, a-t-elle ajouté.

(Source : 20 Minutes)
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0 # superuser 2008-03-25 13:56
Unedic : l'argent de la formation dépensé qu'à moitié !
En 2007, seuls 203 millions d'euros ont été dépensés par l'Unedic au titre des aides à la formation, soit la moitié du budget prévu. Seuls 5% des chômeurs en ont bénéficié.
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