Voici les appels déjà recensés par L'Humanité :
• SNCF : les huit syndicats - CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD-Rail, CFE-CGC, UNSA et FGAAC (fédération autonome des conducteurs) - appellent à la grève pour la défense des régimes spéciaux de retraite, la défense de l’emploi et du fret ferroviaire.
• RATP : six syndicats sur huit - CGT, CFDT, FO, Indépendants, CFTC, SUD et UNSA-Bus - appellent à la mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux.
• Énergie : les cinq fédérations - CGT, CFDT, CFE-CGC, FO et CFTC - appellent «l’ensemble des salariés de la branche professionnelle des industries électriques et gazières (IEG) à se mobiliser» pour «condamner avec fermeté le fond et la forme de l’attaque sans précédent sur les garanties sociales des salariés».
• Fonctionnaires : la CGT et Solidaires ont appelé à la grève contre la «casse» de la Fonction publique. La FSU appelle à une journée d’«action multiforme».
• ANPE : quatre syndicats - SNU, CGT, FO et SUD - appellent à une grève nationale afin de protester contre le projet de fusion avec l'Unedic.
• UNEDIC : la CGT et FO appellent chacun à une grève nationale pour protester contre le projet de fusion avec l'ANPE.
• Poste et Télécoms : la fédération CGT des activités postales et de télécommunications appelle à se joindre au mouvement par l’action «sous toutes ses formes y compris par la grève», «pour la défense et l’amélioration des retraites» et pour «des négociations immédiates sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail et la pénibilité, le service public». SUD-PTT appelle aussi «contre toute nouvelle dégradation des régimes de retraite, pour l’augmentation du pouvoir d’achat».
• Notaires : la fédération FO employés & cadres et la CGT ont appelé «l’ensemble des salariés du notariat», notamment les clercs, à se joindre à la grève du 18 octobre pour défendre leur régime spécial de retraite.
• Banque de France : la CGT appelle à la grève pour défendre «nos missions, nos emplois, notre statut, notre protection sociale, nos institutions sociales (comités d’établissement, comité central d’entreprise, associations)».
• Lycéens : l’UNL (Union nationale lycéenne) appelle les lycéens à «s’impliquer dans les actions qui seront menées» en organisant des assemblées générales afin de «lutter contre le démantèlement du système éducatif».
• Justice : la fédération CGT des sociétés d’études appelle «l’ensemble des salariés des études d’avoués, des personnels des greffes des tribunaux de commerce et des cabinets d’avocats à se mobiliser le 18 octobre afin de s’opposer aux fermetures des tribunaux prévues par la réforme de Rachida Dati».
On parle aussi de mobilisation à l'Opéra de Paris, chez les agents de la Sécurité sociale, parmi les journalistes et techniciens de l'audiovisuel public, et dans certaines grandes entreprises du secteur privé comme Air France, Aéroports de Paris ou les Autoroutes du Sud...
Pour finir, selon le Canard Enchainé de mercredi dernier, Nicolas Sarkozy a dit : «Si les syndicats veulent l'épreuve de force, je suis prêt. Deux mois sans train, eh bien! ce sera deux mois sans train. Ou plutôt deux mois sans les cheminots. Moi j'imposerai le service minimum, avec l'armée s'il le faut». C'est ce qu'on va voir !
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Commentaires
Le non-remplacement des départs à la retraite et la réforme des régimes spéciaux sont les seules mesures envisagées pour alléger le déficit de l’Etat et celui de la Sécurité sociale. Pour le moment en tout cas. Mais ces ressources seront insuffisantes et le gouvernement ne s’en tiendra pas là.
Les fonctionnaires : peanuts
La présentation grand public du projet de budget pour 2008 mentionne que 22.921 départs à la retraite de fonctionnaires ne seront pas remplacés. En comptant 2.700 € par mois, on arrive aux «700 à 800 millions d’euros» évoqués par le ministre du Budget Eric Woerth. Mais il s’agit des économies réalisées sur les seuls traitements. Or, il se trouve que les fonctionnaires concernés vont - quand même - toucher une pension. Un taux de remplacement de 70% va diviser par trois l’économie budgétaire, qui ne sera plus que de 250 millions d’euros. C’est une goutte d’eau dans l’océan des 12 à 13 milliards du «paquet fiscal».
Les régimes spéciaux : peanuts
Dans un point de vue publié sur le site de l’OFCE, Henri Sterdyniak évalue le coût des avantages spécifiques des régimes spéciaux à moins de 2 milliards (650 millions à EDF-GDF, 500 millions à la SNCF et 200 millions à la RATP). Mais la réforme ne concerne ici encore que les futurs retraités, relativement peu nombreux. Elle permettrait au mieux «un gain de 200 millions la première année, qui pourrait atteindre 1 milliard en 5 ans, 2 milliards à terme. Aussi, l’enjeu financier est-il faible». Indépendamment du débat sur l’équité que la désignation à la vindicte publique de boucs émissaires ne permet pas de poser correctement, le constat est le même : beaucoup de bruit pour rien.
Après les peanuts, les amandes amères
Ces deux mesures ne serviront donc pas à détendre significativeme nt les contraintes budgétaires. Ce n’est d’ailleurs pas leur objectif : il s’agit plutôt de faire sauter deux obstacles, avant de passer aux affaires sérieuses. Du côté du budget de l’Etat, l’enjeu est d’installer l’idée qu’il y a trop de fonctionnaires et de préparer ainsi le terrain à des mesures d’une tout autre ampleur : nouvelles coupes beaucoup plus significatives dans les effectifs de fonctionnaires et, à terme, «réforme» du statut de fonctionnaire. Sur cette voie clairement tracée, une étape intermédiaire, tout aussi symbolique compte tenu des résistances passées, est la fusion de la DGI et de la comptabilité publique en une seule direction du ministère des Finances.
La même stratégie par étapes est à l’œuvre du côté des retraites. Une fois la question des régimes spéciaux réglée, la voie sera libre pour cette «troisième réforme des retraites» évoquée par Sarkozy dans son discours de politique sociale. La durée de cotisation sera à nouveau allongée pour tout le monde et, comme l’annonce Sarkozy, «partir plus tôt devra être davantage pénalisé». Tant pis pour les 6 salariés sur 10 qui sont «chômeurs ou inactifs au moment où ils liquident leurs droits à la retraite», comme le signale pourtant Sarkozy dans ce même discours.
Tout évoque la situation du début des années 1980, quand Reagan avait dû briser la grève des contrôleurs aériens et Thatcher celle des mineurs, avant de dérouler leur programme de régression sociale. Le non-remplacement des fonctionnaires et la réforme des régimes spéciaux ont la même fonction : il s’agit de remporter des victoires symboliques qui permettront ensuite d’appliquer à l’ensemble du salariat les potions amères du néo-libéralisme.
Michel Husson, économiste. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Les personnes interrogées pour le quotidien communiste sont 54% à déclarer avoir de la sympathie (15%) ou soutenir (39%) le mouvement de grève de jeudi à l'appel de plusieurs syndicats de la SNCF, de la RATP, d'EDF-GDF, de l'ANPE, de l'UNEDIC et de l'Education nationale.
A l'inverse, 55% des Français sondés par BVA pour Le Figaro daté de mercredi le trouvent "non justifié", 24% le trouvant "pas vraiment" justifié et 31% "pas du tout". Ces mêmes personnes jugent à 57% que "l'alignement des régimes spéciaux sur le régime de la Fonction publique va dans le bon sens".
Le qualificatif d'injustifié est encore plus élevé dans un sondage IFOP (dont la Pdg est aussi présidente du Medef…) paraissant mercredi dans le quotidien gratuit Métro, où il est partagé par 61% des sondés contre 38% qui le trouvent justifié. Par ailleurs, selon l'IFOP, 77% des personnes interrogées estiment qu'il est urgent de réformer les systèmes de retraite contre 22% qui pensent le contraire. Et 82% des Français se disent favorables à l'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général des salariés de la Fonction publique.
(Source : Le Nouvel Obs) Répondre | Répondre avec citation | Citer
La CGT squatte tous les abords de la place : CGT AP-HP côté rue du Temple; CGT gaziers en face, rue du Faubourg du temple; CGT EDF avenue de la République; CGT RATP boulevard du Temple. Les stars du jour, les CGT Cheminots, sont boulevard Voltaire. Les autres syndicats, eux, se regroupent dans les interstices.
L’ambiance, partout, est au soulagement : enfin on va pouvoir parler, s’exprimer. La frustration des dernières semaines explose : "Cela fait des mois que le gouvernement monologue sur les régimes spéciaux. Faire entendre notre voix et notre point de vue, ça va changer l’opinion publique", explique Eric Tournebœuf, secrétaire général UNSA (le 2e syndicat de l’entreprise).
Près de lui, un petit groupe passe, portant la pancarte : "Nicolas, Cécilia et moi, on n’a pas voté pour toi". Petite vengeance à l’encontre du chef de l’Etat qui a voulu "gâcher notre journée", explique l’un d’entre eux, en officialisant l’annonce de son divorce.
Dans le carré VIP - pardon, le carré de tête -, les visages sont nettement plus sérieux. "Aujourd’hui, plus de 40% des cheminots ont plus de 45 ans. Ce sont des gens qui ont gagné moins toute leur vie, avec la garantie de partir plus tôt en retraite pour compenser. Et maintenant, on leur dit qu’ils vont travailler plus longtemps, avec une retraite plus faible ? Vous voulez aller le leur annoncer, pour voir ?", lance Dominique Aubry, secrétaire général CFDT.
Alain Pottier, le secrétaire général de la CFTC cheminots, s’approche. Il a dans les mains les chiffres de mobilisation : 73% à la SNCF, dont 36% de la direction. La direction a prétexté une "panne informatique" pour ne pas donner l’information aux syndicats ce matin. Heureusement, les RG et Guillaume Pépy, le n°2 de la SNCF, avaient, eux, des ordinateurs en état de marche et ont fait passer les chiffres demandés… "C’est plus qu’en 1995", se réjouit-il. A la RATP aussi, les chiffres sont historiques : 95% des machinistes (les conducteurs de bus), 90% des conducteurs de métro, 80% des agents et 50% de la maîtrise sont en grève.
Deux attroupements se font soudain : deux personnes, à quelques mètres de distance, disparaissent sous les caméras et les micros. Bernard Thibault se dégage le premier. Didier Le Reste fait durer le plaisir, et répète tous les deux mètres les mêmes phrases : "Je récuse cette société qui oppose, qui culpabilise, qui divise"… "Aujourd’hui, on culpabilise le RMIste au chômeur, le chômeur au Smicard, le Smicard à celui qui paie des impôts…" … encore quelques pas plus loin : "Les cheminots ont une retraite de dix points inférieure aux retraités du régime général"… encore quelques pas plus loin : "On ne peut pas accuser les cheminots d’être des nantis…"
La grève est d’ores et déjà reconduite demain : à la RATP, toutes les lignes ont voté pour la poursuite du mouvement. "Quand on est à des niveaux de mobilisation comme ceux-là, on ne peut plus rien freiner. On accompagne le mouvement", reconnaît Eric Tournebœuf. A demain, donc.
par Anna Rousseau pour Challenges Répondre | Répondre avec citation | Citer
En déplacement à Nîmes, le Premier ministre François Fillon a assuré vendredi que la "réforme des régimes spéciaux sera menée à bien", expliquant que l'harmonisation à 40 annuités de la durée des cotisations des retraites n'est "pas négociable".
Pas négociable = pas de vrai dialogue social.
De quoi motiver la poursuite du mouvement ? Répondre | Répondre avec citation | Citer