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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités France 2 : soirée "sociale" avec deux documentaires de Marcel Trillat

France 2 : soirée "sociale" avec deux documentaires de Marcel Trillat

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Ce soir, à l'heure où le bon peuple va se coucher, France 2 diffuse deux films du grand Marcel Trillat : "Silence dans la vallée" à 23h et "Femmes précaires" à 0h50. Des documentaires qui s'ingurgent avec dignité et pudeur contre le mépris qu'on accorde aux ouvriers, aux chômeurs et aux pauvres, victimes du libéralisme économique et profiteurs… de rien du tout.

Les Ateliers Thomé-Génot, qui employaient 317 salariés à Nouzonville dans les Ardennes, ont été liquidés à l'automne 2006. Alors qu'ils étaient les premiers fournisseurs de pôles d'alternateurs pour les géants de l'automobile Valéo et Visteon Ford (ils fabriquaient alors 20% du marché mondial), l'irruption du capitalisme financier via leur rachat par un fonds de pension US (la société américaine de consultants Catalina, qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête pour malversations) a ruiné leur activité et détruit leurs emplois. En deux décennies, toute la fonderie ardennaise a goûté à la mondialisation : d'abord le pillage du savoir-faire et des actifs, puis la mise en concurrence qui nivelle par le bas et, pour finir, c'est la collectivité qui endosse le lourd tribut de ce révoltant gâchis.

Durant une heure et demi Marcel Trillat, grand spécialiste de la cause ouvrière, nous éclaire sur ce scandale, de la déconfiture industrielle d'une région entière au mépris qu'on accorde en réalité à ceux qui travaillent dur, qui gagnent peu (1.300 € en fin de carrière), et qu'on jette comme de vulgaires kleenex. Pour preuve l'envoi de 240 CRS sur ces salariés en lutte contre un phénomène sur lequel ils n'ont aucune prise. Une criminalisation qui les poursuivra ensuite de manière plus larvée quand ils se retrouveront pauvres et au chômage tandis que des donneurs de leçon hautement corrompus s'en mettent plein les poches tout en les offrant à la vindicte populaire...

A noter qu'au final, pour percevoir leurs indemnités de licenciement, les salariés de Thomé-Génot ont été l'objet d'un chantage à la CTP, le "Contrat de transition professionnelle" de Jean-Louis Borloo qu'ils ont tous été obligés de signer. Ainsi, devenus chômeurs, ils sont entrés en catégorie 4, non comptabilisée dans le taux officiel dont se gargarise le gouvernement ! Sans compter combien coûte le CTP aux contribuables.

Dans la même veine, "Femmes précaires" suit le quotidien de cinq travailleuses pauvres qui subissent le temps partiel payé au Smic dans un climat de violence sociale particulièrement vif. La plupart sont seules à élever leurs enfants et se battent courageusement contre la misère. Un second hommage à ce "sous-prolétariat" corvéable à merci, qui souffre en silence dans l'indifférence générale. Dommage que France 2 ne diffuse pas en prime time ces témoignages indispensables qui permettraient au bon peuple d'ouvrir un peu les yeux sur ses véritables ennemis.

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Mis à jour ( Jeudi, 04 Octobre 2007 11:30 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-10-04 11:48 POUR CEUX QUI CROIENT QUE ÇA N'ARRIVE QU'AUX AUTRES…

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais une vache. Une bonne grosse vache bien grasse qui broute dans une prairie. Mais une vache qui est quand même moi.

- On est bien ici, me dit l'autre.
- Ouais, mais je ne m'explique pas la présence de ces barrières, je lui répond, l'air sombre.
- Ben quoi, il y a des barrières, qu'est-ce que tu en as à foutre, du moment que de ce côté-ci il y a plein d'herbe bien grasse ?
- Ça m'empêche d'aller où je veux, ça me fait chier et je me demande à quoi ça peut bien servir.
- T'es vraiment rien qu'une parano râleuse, ces barrières, c'est pour nous protéger des prédateurs, c'est le fermier qui l'a dit.
- Ben voyons… Tu en as vu beaucoup des prédateurs, toi ?
- Non, tu vois bien que c'est efficace.
- Ben moi, je demande à voir.
- T'es vraiment chiante, toi, puisqu'on te dit que c'est pour ta sécurité !

Le temps passe. L'herbe se raréfie. Les hommes du fermier arrivent et commencent à nous rabattre vers le fond du coral.

- Qu'est-ce qui nous veulent, les autres nazes ?, je demande.
- Ils nous déplacent pour nous mettre dans un nouveau coin herbeux.
- Ah oui ? Alors pourquoi le coin vers lequel ils nous tassent est de plus en plus petit et qu'on est de plus en plus serrées ?
- Ça doit être pour assurer notre sécurité.
- T'es vraiment con à bouffer du foin, toi ! Il suffirait d'enlever les barrières pour qu'on passe sur le pré d'à côté.
- On ne serait plus en sécurité.
- Ceci dit, on a pas besoin d'eux, en s'y mettant à quelques unes et en poussant fort, on pourrait faire sauter les barrières.

Là, c'est tout le troupeau qui me dit que je suis complètement tordue, qu'il est hors de question d'aller à l'encontre des désirs des fermiers qui savent ce qu'ils font et que c'est pour notre bien. Je me rappelle juste que c'est aussi ce qu'on nous avait dit le jour où on nous a choppé l'une après l'autre pour nous marquer au fer rouge (Mais puisqu'on te dit que c'est pour ne pas nous perdre !) ou celui où on m'a sorti mon veau du pis, veau que je n'ai plus jamais revu.

Maintenant, on est super tassés. Il y a comme un mouvement de panique, mais l'autre tache qui broutait avec moi appelle les autres car elle a trouvé une sortie, un couloir étroit où l'on ne peut passer que l'une après l'autre.

- P'tain! Dans le genre traquenard, on peut pas faire mieux !
- Ta gueule, toi ! Tu vois bien que les fermiers avaient prévu une sortie.
- Et tu trouves pas ça louche qu'on ne peut y aller que l'une après l'autre ?
- C'est sûrement pour notre sécurité.

Et les vaches s'enfilent tranquillement dans le couloir de contention.

- Hé, les filles, vous ne voyez rien, au bout du couloir ?
- Bof, non, à quoi bon ?
- Ben moi je vois une sorte de maison avec des vaches qui rentrent d'un côté et des steaks qui sortent de l'autre. En fait, je pense qu'on est en train de nous tuer pour nous bouffer.
- Arrête ton char, Ben Hur ! Pourquoi ils feraient ça ? C'est monstrueux ! Depuis le temps qu'ils s'occupent de nous, ça n'aurait pas de sens.
- Et le fait qu'ils passent tout ce temps à s'occuper de nous sans rien demander en échange, comme ça, juste pour le fun, t'as jamais trouvé ça louche ?

Celles qui sont presque au bout du couloir peuvent voir à travers les rabats en plastique ce qui se passe dans l'abattoir. Elles le racontent aux autres, et ça provoque une nouveau mouvement de panique. Sauf que nous sommes déjà bien empêtrées dans la zone de contention et qu'il est vachement difficile de faire marche arrière.

- Les filles, si on pousse toutes dans l'autre direction, on pourrait péter la barrière et se tirer de ce traquenard !!!

A ce moment, les gars du fermier nous disent que c'est pas la peine de paniquer, qu'en fait les meilleures d'entre nous ne risquent rien, on les gardera pour la reproduction ou le lait, que c'est juste les vieilles, les moches et les fainéantes qui sont concernées.

Et là, vous me croirez si vous voulez, la panique s'arrête net, les meuglements s'éteignent d'un coup et les vaches avancent sagement vers l'abattoir. Je me dis que ce n'est pas possible, que ça n'a aucun sens. Tout le troupeau est en train de se transformer en Big Mac et il n'y en a pas une qui résiste ou qui proteste !

Et puis j'ai compris, subitement, ce qui se passait.
Chaque vache, en son for intérieur, était convaincue d'être meilleure que toutes les autres et avait donc la certitude de passer à travers les mailles du filet.

Et c'est ainsi que la totalité du troupeau a fini entre deux tranches de pain toasté !

(Source : Le Monolecte)
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