Depuis jeudi dernier, le bras de fer avec les forces de l'ordre et le gouvernement continue pour une centaine de personnes, surtout des femmes avec enfants, salariées et en situation régulière qui, soutenues par l'association Droit au logement, se sont installées dans des tentes au niveau du 24 rue de la Banque et réclament "leur relogement, ainsi que celui de 100.000 précaires du logement, avant l'hiver", selon le communiqué du DAL.
Mercredi matin, ces mal-logés avaient été débarqués une nouvelle fois, les policiers ayant confisqué leur matériel, "une centaine de tentes ainsi que certaines affaires personnelles des familles", selon le président du DAL Jean-Baptiste Eyraud. Ces familles ont toutes déposé des demandes de logements sociaux et dénoncent leurs conditions de vie infernales dans des hôtels ou des centres d'hébergement d'urgence.
Et, pendant ce temps, on apprend que l'Etat - qui rechigne à faire construire des logements sociaux et souhaite même se débarrasser de son parc de HLM - a gaspillé la modique somme de 376,7 millions d’euros pour le rachat de l'immeuble de l'Imprimerie nationale...
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La centaine de mal-logés qui occupaient la rue de la Banque depuis 8 jours ont été à nouveau évacués hier par la police, vers 17h30.
Quatre militants du DAL, dont le président Jean-Baptiste Eyraud, ont été interpellés. De nombreux manifestants ont été regroupés dans l'immeuble du «Ministère de la Crise du logement» squatté par des associations.
Selon plusieurs témoignages, la charge des forces de l'ordre aurait été «musclée», et on dénombrerait quelques blessés légers. Hier soir, de nouveaux manifestants s'étaient installés place de la Bourse. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Toujours là. Hier encore, 130 personnes s'apprêtaient à dormir sur le trottoir de la rue de la Banque malgré l'évacuation policière musclée de jeudi soir. Dimanche, les mal-logés ont reçu des visites de soutien de la comédienne Romane Bohringer, de l'écrivain Dan Franck et du dessinateur Enki Bilal, et appellent à un grand rassemblement demain soir mardi à 18 heures.
«Aucune négociation n'a débuté sur un éventuel relogement des familles», qui vivent pour la plupart à l'hôtel, et «les quatre personnes arrêtées lors de l'évacuation de jeudi ont été relâchées le soir même», a déclaré Benoîte Bureau, porte-parole du DAL (Droit au Logement). Répondre | Répondre avec citation | Citer
Tour à tour, ont pris la parole pour manifester leur solidarité et réclamer le relogement, dans de "vraies" habitations, des familles qui campent, les représentants de différentes associations : le DAL (Droit au logement), les CAL (Comités action logement), les Enfants de Don Quichotte ainsi que Jeudi Noir et Macaq.
Des braseros ont été installés pour faire cuire quelques hot-dogs et lutter contre le froid qui commençait à devenir vif dans la capitale tandis que les manifestants scandaient "Un toit c'est un droit !" ou "Première, deuxième générations, on est chez nous !"
La journaliste Florence Aubenas est passée témoigner de sa solidarité ainsi qu'un certain nombre de personnalités comme le professeur Jacquard, l'actrice Romane Bohringer ou le chanteur de rap Joey Starr.
Après plusieurs évacuations par les forces de l'ordre du campement établi dans la nuit du 3 au 4 octobre par quelques dizaines de familles mal-logées, une vingtaine de tentes symboliquement "parrainées" par des personnalités ou des associations, ont été réinstallées rue de la Banque le 16 octobre. Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL qui organise le campement des familles, principalement africaines, a déclaré son intention d'installer d'autres tentes dans le courant de la nuit ainsi que d'un "appartement témoin", toujours sur un trottoir rue de la Banque ou à proximité de la place de la Bourse.
(Source : RTL) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Trois personnes, deux militants du DAL - l'association à l'initiative du campement - et un père de famille ont été interpelés puis remis en liberté dans la matinée, a indiqué Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Droit au Logement, lors d'un point de presse. Il a précisé que le père de famille avait "très mal au poignet" après l'interpellation, et se trouvait à l'hôpital en fin de matinée.
La préfecture de police de Paris a confirmé ces interpellations , précisant que trois personnes avaient été conduites pour vérification d'identité au service 4 (accueil, recherche et investigations judiciaires), puis remises en liberté.
Dans la matinée, les familles du campement ont aussi reçu le soutien de Gérard Depardieu. Lors d'une conférence de presse à la mairie de l'arrondissement, où il "habite", avec le maire Jacques Boutault (Verts), il a dénoncé une situation "lamentable", demandant à Mme Boutin de "faire quelque chose parce qu'on va s'énerver".
L'opération d'évacuation, menée conjointement par une centaine de gendarmes et policiers, avait débuté peu avant 6h pour s'achever à 7h sans incident majeur. Les forces de l'ordre ont plié toutes les tentes des mal-logés, entassant sur le trottoir leurs matelas et affaires personnelles avant de les embarquer.
Certains mal-logés ont été conduits par bus vers un centre d'accueil, mais une majorité a préféré s'en aller à pied, avec ses affaires. Une trentaine de femmes, certaines avec des enfants en bas âge, se sont brièvement regroupées à l'entrée du métro Bourse, puis sur les quais pour certaines. "Un toit, c'est la loi", "J'y suis, j'y reste, je ne partirai pas" ou "C'est la loi qu'il faut changer", ont-elles scandé.
"Ils nous ont dit : il faut sortir de là et rentrer chez vous pour libérer le trottoir, et après, ils ont pris les tentes", a raconté Radhia à une journaliste de l'AFP. "On demande un logement, on travaille, on en a marre des hôtels", a-t-elle ajouté, en précisant que l'évacuation s'est déroulée "sans violence".
Le récit est différent chez Aminata (prénom modifié). "Il y a eu de la violence. Ceux qui ne voulaient pas se lever ont été pris avec force", a-t-elle dit.
M. Eyraud a rappelé qu'une "nuit solidaire" était prévue ce mercredi soir à partir de 18H00 juste avant le début de la trêve hivernale des expulsions. Rappelant que le DAL avait demandé un second rendez-vous à la ministre du Logement, Christine Boutin - qui les a reçus vendredi -, il a commenté : "La réponse est claire : on tente de bâillonner les familles sans logis. On constate une volonté de faire le nettoyage superficiel des endroits les plus visibles, mais ce n'est pas avec la police qu'on résoudra les problèmes de logement", a-t-il estimé.
Lundi, la ministre avait demandé aux personnes mal logées de "rester dans leur logement" et de "ne pas aller sur le trottoir". Mardi, des riverains de la rue de la Banque avaient annoncé avoir écrit le 25 octobre au préfet de police Michel Gaudin pour protester contre les perturbations engendrée par le campement.
Les mal-logés, en majorité d'origine africaine et en situation régulière, s'étaient installés sur les trottoirs de la rue de la Banque le 3 octobre. Ils en avaient été évacués le 10 octobre mais s'y étaient réinstallés le jour même, avant d'être une nouvelle fois évacués et de refaire le campement le lendemain. Répondre | Répondre avec citation | Citer