Près de 90% d'entre eux - soit plus de 18.000 grévistes - ont cessé le travail entre 10h30 et 11h30 sur les cinq sites de production de Toulouse, mais aussi sur ceux de Saint-Nazaire (Loire Atlantique) et de Méaulte (Somme) : une mobilisation historique.
L'action des salariés français intervient après d'importantes manifestations la semaine dernière en Allemagne, où la crainte d'être encore plus touchés que leurs collègues en France par "Power 8" est très vive. Alors que ce plan prévoit une réorganisation de la production entre les deux pays, les syndicats d'EADS en Allemagne craignent que les réductions de coûts passent par la suppression de 8.000 postes sur environ 22.300 en Allemagne. En outre, jusqu'à 8.000 emplois supplémentaires seraient menacés chez les sous-traitants. "Les rumeurs les plus folles courent sur ce plan. Les Allemands parlent de plusieurs milliers d'emplois perdus", a expliqué Jean-François Knepper, délégué central FO. "Nous savons seulement que ce plan impliquera 30% d'économies, soit environ 10.000 emplois à supprimer."
"Ce que nous voulons, c'est que l'Etat français vienne à notre aide comme cela va se faire sans doute en Allemagne", a pour sa part déclaré Julien Talavant, second délégué central FO, après que Berlin et le ministre de l'Economie allemand Michael Glos aient affirmé qu'ils utiliseraient tous les moyens pour préserver l'emploi. François Loos, ministre délégué à l’Industrie, a assuré ce matin à l'Assemblée nationale que "l’avenir d'Airbus est une préoccupation majeure du gouvernement, pas depuis 15 jours mais depuis toujours. Nous comprenons les inquiétudes formulées par les salariés qui se sont fortement mobilisés ce matin." Oui, mais encore ?
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Alors que Louis Gallois, qui cumule les fonctions de vice-président d'EADS et de PDG d'Airbus, doit présenter mardi à Toulouse les modalités du plan "Power 8", le quotidien Les Echos affirme dans son édition de lundi que ce plan d'économies et de restructuration devrait se traduire par plus de 10.000 suppressions d'emplois en Europe dont "3 à 4.000 en France et tout autant en Allemagne".
Les Echos, qui ne cite aucune source, rappelle que le cadre du plan "Power 8" est connu puisque Airbus doit diminuer de 30% ses coûts de structure d'ici à 2010, en réduisant ses effectifs, sans toucher aux moyens de production. Pour Louis Gallois, la partie la plus délicate consistera à annoncer aux représentants des salariés l'étendue de l'indispensable restructuration . "Selon les estimations, de 10.000 à 12.000 emplois pourraient ainsi disparaître, soit de 3.000 à 4.000 en France et autant en Allemagne", affirme le quotidien économique.
Toutefois, souligne Les Echos, les 55.000 salariés d'Airbus ne seront pas les seuls concernés par le plan "Power 8" et il faut y ajouter les 30.000 personnes employées par les sous-traitants travaillant sur les sites d'Airbus.
Les Echos note que ces compressions de personnel devraient être moins sévères que redoutées et pourraient être réalisés "peut-être même" sans licenciement dans la mesure où chez Airbus France, les départs naturels représentent en moyenne 800 postes par an.
(Source : Le Nouvel Obs) Répondre | Répondre avec citation | Citer