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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Le jugement favorable aux Recalculés est cassé. Une décision POLITIQUE !

Le jugement favorable aux Recalculés est cassé. Une décision POLITIQUE !

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Une tribune signée Charles HOAREAU de la CGT-Chômeurs, porte-parole des Recalculés marseillais, publiée sous le titre "L’État de droit" sur www.rougemidi.org :

Ainsi donc il s’est trouvé un juge (un conseiller exactement) pour casser l’arrêt de la Cour d’appel d’Aix qui avait donné raison aux 35 chômeurs "Recalculés" de Marseille.
Près de 60 pages de conclusion, des centaines de pièces, des milliers de pages de documents annexes, bref un dossier énorme pour un procès hors du commun qui au final avait abouti à ce que plus d’un million de chômeurs retrouvent leurs droits, un procès qui avait donné à tout un pays le sentiment que la justice peut être juste, tout cela balayé par 7 lignes, 7 misérables lignes qui se résument en une phrase : «Le PARE ne contenait aucun engagement de l’ASSEDIC de verser une allocation de retour à l’emploi pour une durée et un montant déterminé».

Circulez, y a rien à voir !

• Pas un engagement, les notifications de droits que reçoivent les chômeurs à leur inscription après vérification qu’ils remplissent bien les conditions nécessaires ?

• Pas un engagement, alors qu’il y a obligation pour le salarié de souscrire à une assurance-chômage encadrée par l’Etat et destinée à garantir un revenu de remplacement selon les termes même du Code du travail ?

• Pas un engagement, le PARE imposé à chaque chômeur malgré un procès fait par ceux-ci dès sa mise en place en 2001 ?

• Pas un engagement, le courrier envoyé par l’ASSEDIC à Jean Michel (l’un des 35 "Recalculés" de Marseille) qui disait en substance : en cas de création d’entreprise vous pourrez compter sur une allocation constante versée pendant toute la durée de vos droits et qui avait cru à cette phrase ?

• Pas un engagement le document ASSEDIC intitulé : «Nous nous engageons, vous vous engagez…», et on pourrait allonger la liste sur des dizaines de pages.

Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ! Car c’est bien là le fond du problème : il n’était pas question pour le MEDEF et le gouvernement de laisser le pot de terre gagner contre le pot de fer. J’entends encore la question d’un journaliste : «Vous croyez que c’est un jugement politique ?» Je vois encore la moue d’un autre à qui je disais : «Avec ce jugement, on n’est pas dans un état de droit mais dans un état de droite !».

Evidemment que la décision est éminemment politique ! Se rappelle-t-on qu’un des (nombreux) arguments des juges du TGI avait été de dire que les chômeurs n’avaient pas à faire les frais d’une «volonté délibérée de l’UNEDIC d’organiser elle même son propre déficit» ? Et comment expliquer que le représentant d’un Etat qui a pris par décret, suite au procès, la décision de rétablir les chômeurs dans leurs droits vienne ensuite dire devant la Cour de cassation que l’UNEDIC avait eu raison ?

Le MEDEF va-t-il maintenant demander au gouvernement de revenir sur sa décision - ce serait dans la logique du rendu de la Cour de cassation - et exiger du million de chômeurs qu’ils rendent à l’UNEDIC les indemnités reçues ?

Quelles sont les conséquences de cette injustice, de cette insulte faite au peuple de France ?

• Pour les 35 "Recalculés" de Marseille : on est revenu au jugement du 15 avril 2004 au TGI. L’ASSEDIC a 4 mois pour faire appel devant la cour d’appel de Lyon [1]. Si elle le fait, elle pourra alors exiger le remboursement des 1.000 € de dommages et intérêts et des frais d’avocats. Aura-t-elle le culot de le faire ? Nous verrons bien, mais nous n’attendrons pas l’arme au pied !

• Pour ceux qui attendent le procès d’appel [2] : l’UNEDIC va s’appuyer sur cet arrêt pour obtenir le remboursement des dommages et intérêts là où ils ont été obtenus. Les juges suivront-ils l’arrêt ? En théorie rien ne les y oblige... C’est une question d’indépendance... puisque le juge est souverain. Résisteront-ils ?

• Pour tous les autres, la décision est «apparemment» sans conséquence. La décision gouvernementale tient.

• Pour chacun de nous : C’est là que le «apparemment» est important. Contrairement à ce que déclare l’UNEDIC, la décision de la Cour de cassation n’est pas que «symbolique». Elle dit clairement que l’UNEDIC peut à tout moment changer la règle du jeu, puisque «elle n’a aucun engagement» malgré tous les écrits qu’elle produit disant l’inverse.
Par extension, demain une compagnie d’assurance pour un contrat d’assurance vie, une banque pour l’achat d’une maison, une caisse de retraite... peut à tout moment changer la règle du jeu et nous n’aurons pas le droit de contester ! C’est le retour à la rétroactivité de Pétain !

Quand on voit comment gouvernement et MEDEF ne supportent aujourd’hui plus aucun frein à la recherche effrénée de profits, on comprend ce que cette décision veut dire. Dans un pays où le gouvernement est prêt à laisser faire et justifier au nom de la compétitivité des délocalisations d’entreprises qui font d’énormes bénéfices et où le coût de la main d’œuvre représente 8% du produit fini [3], on comprend la portée d’une telle décision.

La France, on le sait peu, est recordman du monde de la productivité. Avec cette décision elle devient lanterne rouge du droit européen où la notion de sécurité juridique s’est imposée. Il ne nous reste plus qu’à saisir la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU où la France s’illustre régulièrement en stigmatisant la politique bananière de dictateurs africains qu’elle soutient par ailleurs. Je les entends rire d’ici...


[1] Ironie ou choix délibéré, c’est le seul endroit de France où l’ASSEDIC n’a pas fait appel du jugement la condamnant en 1ère instance et donnant raison à 53 chômeurs.
[2] Plus de 300 à Bordeaux, 76 à Narbonne, des milliers à travers la France.
[3] À Fralieb en lutte pour sauver les emplois, le coût de la main d’œuvre représente 14 centimes pour un paquet de thé vendu 2,30 € ! Evidemment, on pourrait multiplier les exemples !

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Mis à jour ( Jeudi, 01 Février 2007 14:04 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2007-02-01 13:15 Pour en savoir plus sur Charles Hoareau, rien de plus simple.

Son interview est à lire en cliquant ici !

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0 # Yves 2007-02-01 13:51 Vous n'avez pas suivi de près cette affaire sociale et juridique, celle des Recalculés de l'Assédic, qui a défrayé la chronique en 2003 et 2004.

Vous saurez tout ou presque en cliquant ici !
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0 # carl 2007-02-01 15:42 "la présidente de l'Unedic, Annie Thomas, a indiqué que l'assurance-chômage ne réclamerait "pas le moindre centime" aux 35 chômeurs concernés."


mercredi 31 janvier 2007, 19h29
La Cour de cassation annule une décision favorable à 35 chômeurs "recalculés"

PARIS (AFP) - La Cour de cassation, plus haute juridiction française, a annulé mercredi une décision favorable à 35 chômeurs "recalculés" des Bouches-du-Rhône, qui avaient obtenu en 2004 la restauration de leurs indemnités en première instance et en appel.

La chambre sociale de la Cour, saisie d'un pourvoi de l'Unedic et des Assedic des Bouches-du-Rhône, a cassé et annulé le jugement favorable aux chômeurs rendu par la cour d'appel d'Aix-en-Provence le 9 septembre 2004, qui confirmait celui du tribunal de grande instance (TGI) de Marseille du 14 avril 2004.

La décision du TGI de Marseille restaurait les indemnités de 35 demandeurs d'emploi signataires d'un Pare (plan d'aide au retour à l'emploi), radiés depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle convention chômage signée en 2002, qui recalculait les durées d'indemnisation.

Il s'agissait d'une première en France, qui avait été suivie de nombreuses décisions similaires et d'une grande mobilisation des associations de chômeurs, jusqu'à la décision du gouvernement de rétablir l'ensemble des "recalculés" dans leurs droits, annoncée le 3 mai 2004 par le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo.

La décision de la Cour de cassation est surtout d'ordre symbolique car elle ne remet pas en cause le rétablissement, entre-temps, des chômeurs "recalculés" dans leurs droits.

A la suite d'une décision du Conseil d'Etat, le 11 mai 2004, qui avait annulé l'agrément gouvernemental de la convention d'assurance-chômage, le gouvernement avait immédiatement rétabli dans leurs droits les chômeurs concernés, mettant fin à plus d'un an de conflit entre les "recalculés" et l'Unedic.

Se prononçant seulement sur des arguments de droit, la Cour de cassation a estimé dans son arrêt rendu mercredi que "le Pare signé par chacun des demandeurs d'emploi ne contenait aucun engagement de l'Assedic de leur verser l'allocation d'aide au retour à l'emploi pendant une durée déterminée".

Elle contredit de ce fait l'appréciation portée par le TGI de Marseille, et confirmée en appel, selon laquelle la nouvelle convention d'assurance chômage avait rompu le contrat liant Unedic et Assedic aux chômeurs à travers le Pare.

A l'annonce de la décision, Charles Hoareau, du comité CGT-Chômeurs et l'un des porte-drapeaux de la lutte des "recalculés", a déclaré à l'AFP qu'il s'y "attendait".
"Demain, avec cet arrêt, vous, moi, n'importe qui, pourra être victime d'une rupture d'un contrat signé de bonne foi, car la règle du jeu aura entre-temps changé", a-t-il prévenu.

De son côté, la présidente de l'Unedic, Annie Thomas, a indiqué que l'assurance-chômage ne réclamerait "pas le moindre centime" aux 35 chômeurs concernés. Elle a aussi rappelé que l'Unedic avait restitué 2,2 milliards d'euros à tous les "recalculés" lorsqu'ils ont été rétablis dans leur droit et que l'organisme ne reviendrait pas sur cette décision.

"Mais il faut savoir que ces 35 personnes avaient non seulement demandé à être rétablies dans leur droit, ce qui avait été fait, mais elles avaient aussi demandé des dommages et intérêt, ce qui ne nous semblait pas normal et c'est sur ce volet que l'Unedic s'est pourvu en cassation", a-t-elle précisé.

"Au-delà, cette affaire peut servir à la jurisprudence pour la suite, c'est-à-dire la question des contrats: quand on signe un accord, on a des droits et des devoirs, des deux côtés", a-t-elle dit, jugeant que "la Cour de cassation fait davantage référence (dans son arrêt) à la durée de versement de l'allocation, qu'au versement lui-même".

Source : Yahoo.fr
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0 # diety 2007-02-01 15:42 Pourrait-ce être un cas à plaider devant la Cour européenne?
Ou est-ce l'affaire de chaque pays de décider si ses institutions publiques tiennent leurs engagements envers leurs citoyens ou pas?
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