
C’est un bon exemple de la façon dont on avance vers la privatisation d’un service public en introduisant la concurrence. Une façon qui fait penser à ce qui s’est passé à La Poste ou chez France Telecom, où les filialisations ont été le cheval de Troie de la mise en concurrence et des privatisations.
Concrètement, le projet de décret modifie le statut de l’établissement et le code du travail en créant des filiales commerciales sous la forme de groupements d’intérêt économique (GIE), de groupements d’intérêt privé (GIP) ou de SARL. On aboutirait à un système où l’ANPE continuerait à recevoir le public sans les moyens nécessaires et avec un rôle de contrôle renforcé, et où l’on trouverait autour d’elle diverses filiales qui «vendraient» leurs services touchant différent thèmes. Par exemple, les «plateformes de vocations jeunes», destinées à envoyer les jeunes vers les «métiers en tension» où le patronat cherche à recruter, ou encore l’externalisation des services immobiliers de l’ANPE. Ces filiales devraient avoir un «fonctionnement comme n’importe quelle société commerciale»...
S’il est adopté, ce décret officialiserait un processus déjà à l’œuvre avec la filière informatique. La convention État-Anpe-Unedic de mai 2006 a ainsi créé un GIE informatique commun à l’ANPE et l’Unedic, qui va regrouper trois types de salariés (Assedic, ANPE, salariés propres au GIE). Les personnels de l’ANPE de cette filière informatique - qui sont des agent de l’État - auront donc le «choix» entre intégrer ce GIE avec un statut privé, déménager pour faire une mobilité géographique forcée, ou intégrer les agences locales. Le projet de décret prévoit également de modifier des articles du Code du travail définissant la nature et l’organisation de l’ANPE afin de remettre en cause son statut d’établissement public à caractère administratif (EPA). Cet établissement perdrait ainsi son caractère administratif, pour prendre celui de commercial.
L’ANPE a 29.000 salariés en 2007 et, avec la forte hausse des départs en retraite, la création des filiales permettra de réduire les effectifs. Ce décret représente une accélération dans le processus de casse du service public de l’emploi réclamé par le Medef.
Alors que le personnel est mis sous pression de tout côté, c’est le moment de réagir massivement. Après une période de division, les organisations syndicales commencent à prendre la mesure de la gravité de la situation. Une intersyndicale nationale a réuni, le 17 janvier, l’ensemble des huit organisations syndicales. Elles se sont mises d’accord pour demander la suspension du décret qui doit être examiné le 7 février par l’instance paritaire nationale. Faute de réponse satisfaisante, une grève est envisagée.
(Source : Le site de la LCR)
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Commentaires
Un appel unitaire à la grêve est lancé pour le 8 février 2007, (Le communiqué, ci-après)
"CGT – FO – FSU – UNSA – SOLIDAIRES
COMMUNIQUE
POUR NOS SALAIRES, L’EMPLOI PUBLIC ET LA DEFENSE DES MISSIONS,
TOUS DANS L’ACTION ET LA GREVE LE 8 FEVRIER
Les organisations de fonctionnaires (CGT– FO – FSU – UNSA – SOLIDAIRES) exigent l’ouverture immédiate de véritables négociations portant sur :
? Le maintien du pouvoir d’achat du point en 2006 ;
? L’augmentation des salaires pour 2007 sur la base minimum de l’inflation prévue, soit 1,8 % ;
? Le rattrapage sur les pertes intervenues depuis 2000 (+ de 6 %) ;
? Une refonte globale de la grille indiciaire.
Elles constatent également une dégradation alarmante des conditions de travail, la multiplication des attaques contre le service public, des réductions massives d’emplois et de recrutements publics et l’aggravation de la précarité.
Le ministre de la Fonction Publique vient d’annoncer de façon unilatérale des mesures qui constituent une avancée minimale. Même si elles sont à mettre au crédit des actions unitaires et des luttes dans les différents secteurs, elles laissent entier l’essentiel du contentieux, d’autant plus que le ministre lui-même les présente comme un échange emplois contre salaires.
Or, les services publics sont essentiels pour la population et l’aménagement du territoire. Leurs agents ont droit, comme tous les salariés, à une juste rémunération de leur travail et aux moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions.
Combattant les logiques « travailler plus et gagner moins » et « moins de fonctionnaires mais mieux payés », les organisations syndicales appellent l’ensemble des personnels de la Fonction publique (Etat, territoriaux, hospitaliers) à participer massivement à la journée d’actions du 8 février 2007 en particulier par la grève et les manifestations.
- Pour l’ouverture immédiate de véritables négociations sur l’ensemble du contentieux salarial, la refonte de la grille et le niveau des pensions.
- Pour une politique d’emploi public statutaire qui corresponde aux besoins.
- Pour la défense des services publics et de la fonction publique.
- Pour l’amélioration des conditions de travail et de vie de tous les personnels.
En cas d’absence de réponse positive, elles envisageront ensemble, après cette journée, les suites à donner à la mobilisation.
Paris, le 17 janvier 2007 "
Malheureusement , l'établissement n'hésitant pas à employer des méthodes de maquignons.(Extrait du communiqué CGT ci-dessous)
Je ne crois pas qu'il faille s'attendre à une forte mobilisation. L'intrégration des services informatiques en GIE commun UNEDIC/ANPE est passé comme une lettre à la poste (Si je puis dire!) La plupart des agents n'en étant pas informé, ou ne mesurant pas la gravité ce cette première attaque contre notre statut.
"190 euros : pour nous faire taire ?
La direction générale de l’ANPE vient d’informer les organisations syndicales de l’attribution d’une prime de 190 euros (en brut) aux agents de l’ANPE, sur la paie de janvier.
Cette annonce intervient alors que la disparition de l’ANPE comme Etablissement public national à caractère administratif est programmée par la préparation d’un décret qui transformerait l’Agence en « Groupe ANPE » composé de filiales commerciales, groupe très largement régionalisé – le DRA roi dans sa région – en attendant la fusion avec l’UNEDIC à laquelle travaille d’ores et déjà la direction générale et que le Président de la République appelle de ses vœux.
Dans un tel contexte, également marqué par les pressions et les sanctions qu’on nous conduit à infliger aux chômeurs dans le cadre de la loi Borloo et du SMP, l’attribution de cette prime n’a rien de satisfaisant ni de rassurant.
De plus, la situation en matière de salaires des agents de l’ANPE, comme de tous les agents publics, est tout à fait préoccupante."
J'espère que mon pessimisme n'est pas avéré, réponse le 8 février.
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