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La formation, un business qui marche… sauf pour les chômeurs

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Tandis que le secteur de la formation continue se développe, ceux qui en ont le plus besoin — les privés d'emploi et les seniors — sont toujours ceux qui en bénéficient le moins.

En 2008, selon la dernière étude de la Dares, 14.545 organismes de formation continue pour adultes ont dégagé un chiffre d'affaires de 6,9 millions d'euros, en progression pour la troisième année consécutive (+6,2%, après +7,3% en 2007 et +4,1% en 2006), et leur nombre s'est accru de 2,6%.

«Dans un contexte de début de crise, le chiffre d'affaires du secteur de la formation a donc continué à progresser en 2008, de façon toutefois un peu moins soutenue qu'en 2007, cette progression reflétant dans une large mesure l'orientation des stagiaires vers des formations plus coûteuses», explique l'étude.

Le recul du public

La Dares note une forte concentration de l'activité : «3% des prestataires dépassant 3 millions d'euros réalisent 46% du chiffre d’affaires et ont formé plus d'un tiers des stagiaires».

Le privé rafle la mise, occupant 94% du secteur : il a accueilli 81% des stagiaires et réalisé les trois quarts du chiffre d'affaires, tandis que le nombre d'organismes du secteur public et parapublic a, lui, reculé en volume de 4%. Cependant, le public et parapublic a formé un stagiaire sur cinq. Dispensant des formations plus longues, il a réalisé un chiffre d'affaires représentant un quart du marché.

Des modules plus courts

Egalement, comparé à 2007, le nombre de stagiaires a progressé de 3,9% (11,4 millions) et le nombre d'heures dispensées de 0,5% (755 millions). Mais la durée moyenne des formations a continué de baisser pour atteindre 67 heures en 2008, soit 2 heures de moins qu'en 2007.

Contexte de l'emploi oblige, «la réduction de la durée de formation résulte aussi des choix de formation faits par les stagiaires : ceux-ci s'orientent de plus en plus vers les spécialités des services au détriment notamment des disciplines générales, plus longues», observe l'étude. Les options les plus courues sont les mêmes qu'en 2007 : hygiène et sécurité, spécialités plurivalentes des échanges et de la gestion, ou ayant trait au développement des capacités d'orientation ou d'insertion.

Un accès toujours inégalitaire

En 2008, le nombre de chômeurs en formation a diminué de 9%. La principale explication à ce recul réside dans le fait que ce sont les employeurs, publics et privés, qui demeurent les principaux financeurs (à 59%) et acheteurs de ces stages. «Conséquence logique», selon la Dares : plus des deux tiers des stagiaires étaient salariés en 2008 alors que les demandeurs d'emploi, principaux bénéficiaires du financement public, n'ont représenté qu'un stagiaire sur huit.

Consolons-nous : pour les chanceux qui ont réussi à en décrocher une, la Dares note que la durée de formation des demandeurs d'emploi a augmenté de 5% pour atteindre 109 heures en moyenne, alors que celle des salariés a reculé de 5% à 53 heures en moyenne.

Enfin, l'âge demeure un facteur discriminant. En 2006, écrit Le Monde, 44% des salariés accédaient à une formation contre 34% pour les seniors (38% pour les 50-54 ans, 31% pour les 55-59 ans et 24% pour les 60-64 ans). Par ailleurs, si la majorité des entreprises (57%) a formé des salariés en 2007, seulement une minorité (37%) a formé ses seniors. Les choses n'ont pas du bouger depuis.

SH

Pour aller plus loin...
Rapport Marx : 18 propositions pour améliorer la formation professionnelle des demandeurs d’emploi
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