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Un travail décent ? Ce qu’en dit le Pape

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Ignorant les anathèmes contre le chômeur-profiteur, Benoît XVI, dans son encyclique Caritas in Veritate publiée ce 8 juillet, rappelle au nom de la morale chrétienne le lien étroit entre pauvreté et chômage, et condamne le travail indigne conséquence du sous-emploi.

Pour lutter contre le chômage, Benoît XVI promeut la lutte pour le travail décent. Il l’a inscrite dans la doctrine sociale de l’Église émise le 8 juillet dernier dans l’encyclique Caritas in Veritate (lisez-la : ça vaut le coup !). Pensée de l’agir, la doctrine sociale de l’Église prône que chaque action doit être menée en fonction de l’éthique chrétienne et en formalise la mise en œuvre. Elle adresse ses recommandations aux chrétiens et aux hommes de bonne volonté.

Qu’est-ce que le travail décent ? «Il signifie un travail qui, dans chaque société, soit l’expression de la dignité essentielle de tout homme et de toute femme : un travail choisi librement, qui associe efficacement les travailleurs, hommes et femmes, au développement de leur communauté ; un travail qui, de cette manière, permette aux travailleurs d’être respectés sans aucune discrimination ; un travail qui donne les moyens de pourvoir aux nécessités de la famille et de scolariser les enfants, sans que ceux-ci ne soient eux-mêmes obligés de travailler ; un travail qui permette aux travailleurs de s’organiser librement et de faire entendre leur voix ; un travail qui laisse un temps suffisant pour retrouver ses propres racines au niveau personnel, familial et spirituel ; un travail qui assure aux travailleurs à l’âge de la retraite des conditions de vie digne».

Quand je suis en recherche d’emploi, ai-je la garantie de choisir librement mon travail ? La définition «jésuitique» de l’offre raisonnable d’emploi émise par la loi n°2008-758 du 1 août 2008, restreint sérieusement la latitude du chômeur. Au bout d’un an, il doit accepter une offre rémunérée à hauteur des allocations qu’il perçoit. Si son indemnisation s’élève à 1.000 € faute d’avoir pu dans son précédent emploi bien «se vendre» en raison du sous-emploi, le chômeur, fut-il diplômé et hyper expérimenté, devra échanger sa qualification contre 1.000 € par mois. Il travaillera ainsi aux côtés de salariés n’ayant pas connu d’accident de carrière qui seront payés le double, voire le triple, pour la même tâche.

D’autre part, la loi l’oblige à accepter les contrats à durée déterminée qui favorisent la précarité et ne lui permettent pas de s’organiser pour faire entendre sa voix. Enfin, par la banalisation du travail dominical (qui s’imposera parfois par la contrainte), il n’aura plus le temps de se retrouver, de se ressourcer. Et au terme d’une carrière hachée, de quelle retraite bénéficiera-t-il ?

Quant à la définition du travail comme participation à la construction d’une société humaine, la rentabilité à tout prix l’a complètement effacée. Comme quoi le «raisonnable» ici-bas ne correspond pas au «décent» de là-haut.

Et de quoi ont à répondre ceux qui fragilisent les protections sociales et profitent du chômage pour casser le prix du travail ? Les contempteurs du «travailler à n’importe quel prix et dans n’importe quelle condition» apparaissent, au travers de la grille de lecture du Vatican, plus comme les défenseurs de «l’ordre moral» institué par l’argent que comme les défenseurs du sens de l’effort.

Patricia Sudolski

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Mis à jour ( Vendredi, 07 Août 2009 19:55 )  

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