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Accueil Social, économie et politique 13,2% soit 7,9 millions de pauvres en 2006

13,2% soit 7,9 millions de pauvres en 2006

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Quelque 8 millions de personnes subsistant avec moins de 880 € par mois dans la cinquième puissance économique mondiale, tel est le résultat désolant de la dernière étude de l'INSEE sur «Les niveaux de vie en 2006».

En 2004, ils étaient 11,7% à vivre en dessous du seuil de pauvreté soit 6,9 millions. En 2005, 12,1% soit 7,55 millions. A 13,2% soit 7,9 millions en 2006, on s'aperçoit qu'en l'espace de deux ans, ils sont 1 million de plus !

Qu'à cela ne tienne : l'INSEE temporise, estimant que ce taux, pourtant en hausse de 1,1% soit +760.000 personnes en un an, est «pratiquement stable» depuis 2002 et «inférieur à la moyenne européenne» qui est à 16% (l'honneur est sauf !!!), le taux le plus élevé se situant à 23% en Lettonie et le plus bas à 10% aux Pays-Bas et… en République tchèque.

Notons aussi que l'INSEE n'affiche que les données concernant la France métropolitaine (c'est une manie, comme pour les chiffres du chômage) : si les DOM étaient inclus, ce serait pire.

Conformément à la norme européenne, le seuil de pauvreté correspond à 60% du niveau de vie médian — revenu au-dessus duquel se situe une moitié de la population, l'autre étant en dessous. Selon l'Institut, ce revenu mensuel médian était de 1.470 € en 2006 (17.600 € par an), en progression de 1,7% en euros constants. En 2006, étaient donc considérées comme «pauvres» les personnes disposant de moins de 882 € par mois pour vivre. On a vu qu'en 2005, à 140 € près, leur nombre passait du simple au double selon qu'elles étaient sous le critère national (50% du niveau de vie médian) ou européen (60%). L'INSEE confirme qu'en 2006, la moitié de ces 7,9 millions de «monétairement pauvres» avait un niveau de vie inférieur à 720 € par mois alors que le seuil à 50% était de 735 €.

L'Institut a évalué le niveau de vie moyen annuel de l'ensemble des actifs de France métropolitaine à 21.760 €, comparable à celui des retraités (21.540 €) dont les pensions, inférieures aux salaires, sont compensées par les revenus du patrimoine. Mais les inégalités se creusent : le revenu disponible des 10% les plus pauvres était inférieur à 9.720 € par an (moins de 810 € par mois) et se constituait «à 42% de transferts sociaux» — principalement allocations familiales et logement — tandis que les 10% les plus aisés disposaient d'au moins 33.190 € par an (2.765 € par mois minimum). Pour eux, les impôts représentent 18,8% du revenu disponible contre 20,3% en 2005, une baisse résultant pour l'essentiel de celle de l'impôt sur le revenu en 2006.

L'INSEE note que la pauvreté touche 30,3% des familles monoparentales (1,6 million), que les moins de 25 ans ont un niveau de vie plus faible que le reste de la population (18.270 € par an) et que le niveau de vie d'un chômeur est, en moyenne, inférieur de 35% à celui d'un actif qui a un emploi. Semblent épargnés les couples sans enfants (seulement 6,4% de «pauvres»).

L'année dernière, dans une tribune au Monde, Martin Hirsch s'était indigné de «l’indifférence coupable» des médias, acteurs sociaux et politiques sur ces chiffres, dévoilés en pleine période estivale. Parions qu'en 2008 le silence général persiste et que le Haut-commissaire ne s'en empare que pour vendre son RSA, remède miracle consistant à lutter contre la pauvreté en mettant à contribution… les plus démunis : LIRE ICI...

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Mis à jour ( Vendredi, 18 Juillet 2008 12:22 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2008-07-18 14:50 Curieusement, la pauvreté ne recule plus depuis qu'une série ininterrompue de mesures consistant à baisser les impôts profitant essentiellement aux plus riches ont été remises sur la table après la réélection de Jacques Chirac en 2002.

De telles mesures ont atteint leur paroxysme en 2006-2007, sauf erreur, avec l'instauration du "bouclier fiscal".
Un bouclier pour se défendre contre quoi, contre qui ? La redistribution ? Le partage des richesses ?
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0 # superuser 2008-07-18 17:55
L'enquête de l'INSEE, qui s'appuie sur les déclarations fiscales et sociales et exclut les personnes sans domicile fixe, démontre que, bien que les revenus des 10% les plus pauvres ont augmenté de 1,7% en un an, ils n'ont pas augmenté à la même vitesse que ceux des 10% les plus riches, qui gagnent 3,4 fois plus d'argent que les plus modestes. Les plus aisés ont ainsi vu leurs ressources prendre 2,9% entre 2005 et 2006. En clair, le fossé entre les plus pauvres et les plus riches continue de se creuser. Et pour les pauvres, les aides sociales sont essentielles.

(Source : Le JDD)
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