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Suicides chez Renault : une famille saisit le Tass

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La famille d'Antonio B., ingénieur en informatique de 39 ans qui s'était jeté en 2006 du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre de Renault à Guyancourt, veut "obtenir la reconnaissance judiciaire de la faute inexcusable" du groupe dans le drame.

Pour ce faire, elle a saisi le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Nanterre.
Cette décision intervient à la suite de la tenue le 12 juin d'une audience de conciliation auprès de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Nanterre, où Renault avait "refusé de reconnaître une quelconque responsabilité" dans le suicide de son salarié Antonio B. Une porte-parole a rappelé lundi la position de la direction du constructeur sur le dossier : "La faute inexcusable suppose que Renault avait conscience ou connaissance du danger auquel était exposé son salarié et n'a pas pris de mesure pour l'éviter, ce qui n'était pas le cas", a-t-elle souligné.

Lors d'une conférence de presse, l'avocate de la famille, Me Rachel Saada, a souligné de son côté que "nous sommes maintenant obligés de saisir le Tribunal des affaires de sécurité sociale pour faire reconnaître la faute inexcusable". A ses côtés se tenaient les avocats des familles de deux autres salariés du Technocentre qui avaient mis fin à leurs jours quelques mois plus tard. Hervé T., un technicien de 45 ans, avait en effet été retrouvé noyé aux abords du Technocentre en janvier 2007. Raymond D., également technicien, s'était pendu à son domicile le mois suivant, laissant un message où il évoquait des difficultés professionnelles.

Drame collectif

Les deux premiers suicides ont été reconnus comme accident du travail par la Sécurité sociale mais pas celui de Raymond D., malgré une "amplitude horaire délirante", a déploré l'avocate de la famille de ce dernier, Me Emmanuelle Boussard-Verrechia. Me Rachel Saada a également évoqué le "mépris de la durée du travail" du groupe qui laissait des "gens très investis travailler un nombre d'heures invraisemblable" et demandait une "performance constante".

Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de la famille de Hervé T., estime que "ce qui s'est passé au Technocentre de Guyancourt, c'est un drame collectif, pas une série de mésaventures individuelles". L'avocat demande également la reconnaissance de la "faute inexcusable" de Renault. Une audience de conciliation est prévue dans les semaines à venir, a-t-il indiqué, sans imaginer que le constructeur automobile revienne sur sa position de "nier toute responsabilité" dans "ce qu'on peut appeler une épidémie de suicides".

Renault a rappelé avoir lancé en mars 2007 un "plan de soutien". Celui-ci est destiné à "remettre l'homme au cœur du système et des préoccupations", avec une attention particulière aux salariés qui "seraient en difficultés". Ce plan a également abouti à une meilleure répartition de la charge de travail et l'embauche de plus de 300 personnes à Guyancourt, selon la direction. Des interventions de l'entreprise qui sont postérieures à la révélation des drames, comme l'a relevé Me Jean-Paul Teissonnière.

(Source : Le Nouvel Obs)

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Mis à jour ( Mardi, 01 Juillet 2008 08:13 )  

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