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Accueil Social, économie et politique Aides au logement : des pansements sur une jambe de bois

Aides au logement : des pansements sur une jambe de bois

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Le gouvernement multiplie les effets d'annonces sur l'épineux problème du logement, sans remettre en question les dérives du marché de l'immobilier.

De la même manière qu'il tente de résoudre le problème du chômage à grands coups d'exonérations de cotisations sociales et de primes forfaitaires qui profitent aux employeurs sans garantir la création d'emplois véritables et décents, le gouvernement ponctionne l'argent public pour, finalement, garantir aux propriétaires le paiement de leurs exhorbitants loyers face à des locataires de plus en plus en difficulté.

Se loger est "cher, trop cher", a dit le Premier ministre. Profitant hier de sa Conférence sur l'emploi et les revenus - alliant simulacre de dialogue social et coup médiatique -, Dominique de Villepin a annoncé une série de mesures en faveur du logement, confirmant les dispositions dévoilées la veille par Jean-Louis Borloo, en dépit des suggestions avancées par les partenaires sociaux lors de la préparation de ce non-événement où ils ont tenu le rôle des figurants...

La mise en œuvre prochaine de la Garantie des risques locatifs (GRL) doit apporter une aide aux "personnes qui connaissent la discrimination" en raison de leurs revenus trop bas. Elle concernera les locataires en CDD, les travailleurs à temps partiels, les jeunes en formation, les étudiants, les employés de maison ou les jeunes fonctionnaires… tous objets de discrimination car incapables de présenter des garanties suffisantes pour se loger. Grâce à un financement assuré par le 1% patronal et par l'Etat, la GRL permettra d'indemniser les propriétaires en cas d'impayés du locataire, à tout moment pendant la durée du bail, avec une prise en compte de 24 mois maximum.

Puis hier soir, sur TF1, Dominique de Villepin a également annoncé une augmentation de l'APL - l'aide personnalisée au logement - à 2,8% à compter du 1er janvier soit 1% de plus de ce qui a été voté dans le budget 2007, sans préciser comment serait financée cette majoration... Il a également rappelé sa décision d'abaisser de 24 à 15 € le seuil de non-versement de l'APL. Il faut savoir qu'aujourd'hui les aides au logement représentent 60% des prestations de la CAF, qui distribue ainsi 14 milliards d'euros à 6 millions de ménages : en fait, à leurs propriétaires. Ce nouveau seuil va permettre à 117.000 ménages supplémentaires de bénéficier de cette "aide", très insuffisante vu la flambée des loyers.

Ces mesures, qui devraient être opérationnelles en janvier 2007, feront l'objet d'une signature officielle la semaine prochaine au ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement.
Par ailleurs, dans un vœu pieux, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement allait "avancer vers" un "moratoire des loyers", une mesure primordiale demandée par les syndicats et les associations de locataires devant l'explosion des loyers et des charges. Un "accord de modération" des loyers pour 2007 devrait être signé avant la fin de l'année avec l'UNPI (Union nationale des propriétaires immobiliers, qui représente plus de 250.000 propriétaires). Et une autre "conférence nationale" devrait se tenir en janvier sur la "maîtrise" des charges locatives avec les représentants des propriétaires et des locataires. Le temps que prendront ces négociations avant l'échéance présidentielle laissent présager de l'inabouti sinon une impasse, car il s'agit avant tout de faire semblant de contenter la population avec quelques carottes sans s'immiscer dans le fonctionnement du marché. Ainsi, aucune régulation sérieuse - donc aucune amélioration - se sont à attendre. La montagne va encore accoucher d'une souris.

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Mis à jour ( Vendredi, 15 Décembre 2006 16:41 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2006-12-15 18:50
Dominique de Villepin s'est prononcé jeudi pour la création d'un nouvel indice des prix qui prenne en compte les nouvelles dépenses des ménages. Il a également commandé un rapport sur les moyens de "tirer vers le haut" les bas salaires (rires)

"Nous devons mieux cerner l'évolution du coût de la vie", a déclaré le Premier ministre à l'issue de sa conférence pour l'emploi et les revenus. Il a mentionné les "dépenses contraintes, qui représentent aujourd'hui 36% du budget des ménages" telles que le logement, l'énergie, l'eau, le téléphone et les abonnements à Internet.
Mais le chef du gouvernement n'a donné aucun calendrier pour la création de cet indice des prix qui remplacerait celui de l'INSEE.

Dominique de Villepin a par ailleurs demandé au Conseil d'orientation de l'emploi (COE) de lui remettre pour le 31 mars un rapport sur les moyens de "tirer vers le haut" les bas salaires (rires de la rédaction). Il a commandé un autre rapport au Conseil d'analyse économique sur le temps de travail et le coût des heures supplémentaires (à nouveau, rires de la rédaction).

Que de vœux pieux, décidément !!! Car la smicardisation de la société est l'une des grandes réussites de l'UMP, de même que l'exonération des cotisations sociales (dont celles des heures supplémentaires ). Ce paradoxe entre les intentions affichées - vaguement sociales - et le résultat depuis cinq ans - antisocial en diable - est tellement insupportable qu'il en devient risible.
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0 # superuser 2006-12-21 13:10 Du pipeau, toujours du pipeau…

Le Premier ministre Dominique de Villepin a signé mercredi 20 décembre un accord de modération des loyers pour 2007 avec l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI). L'accord ne vaut que pour les adhérents de l'UNPI et aucune sanction n'est prévue en cas de hausse supérieure.

L'UNPI, qui revendique 247.000 adhérents à travers son réseau de 120 chambres syndicales de propriétaires et copropriétaires , s'engage par cet accord à demander à ses adhérents de limiter à 1,8% - soit l'inflation prévue en 2007 - les hausses de loyers intervenant à l'occasion des renouvellements de baux et des relocations. L'accord ne vaut cependant que pour les adhérents de l'UNPI et aucune sanction n'est prévue en cas d'augmentation plus importante des loyers.

Plus 2,8% en moyenne

"A travers cet accord, nous faisons un pas significatif vers un moratoire des loyers en 2007", a estimé Dominique de Villepin lors de la signature avec le président de l'UNPI, Jean Perrin.
Cet accord avec l'UNPI avait été annoncé la semaine dernière par le Premier ministre lors de la conférence pour l'emploi et les revenus avec les partenaires sociaux. Les loyers ont progressé de 2,8% depuis le début de l'année 2006, contre 5% en 2005, depuis la mise en place du nouvel indice de révision des loyers (IRL), selon le Premier ministre.

(Source : Le Nouvel Obs)
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