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Accueil Mobilisations, luttes et solidarités Trop vieux pour travailler, mais pas pour attaquer

Trop vieux pour travailler, mais pas pour attaquer

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Le parquet de Niort accepte de juger des employeurs qui sélectionnaient les candidats sur leur âge. Il pose délicatement ses mots : «Il y a un âge où l'on n'est plus séduisant pour l'entreprise.» Il a 45 ans, et il ne l'est donc plus.

En 2005, Vincent de Rocher et six autres chômeurs portent plainte pour discrimination suite à la parution de 40 annonces d'emploi imposant un âge limite : «Cherche un directeur de communication de moins de 40 ans», «Cherche un chef comptable de moins de 30 ans». En tout, 70 entreprises sont impliquées : Bouygues, la SNCF, mais aussi des cabinets de recrutement et les sites Internet qui diffusaient ces annonces (Monster.fr, l'Apec, Cadremploi...).
En juillet dernier, le parquet de Paris et plusieurs parquets de province, qui avaient été saisis de ces multiples plaintes, avaient décidé de les classer sans suite (Libération du 4 septembre).

«Seniors». Retournement de situation ce week-end : Vincent de Rocher reçoit une lettre du tribunal de grande instance de Niort (Deux-Sèvres) : le procureur a décidé de prendre le contre-pied de ses pairs. La plainte de Vincent de Rocher, qui porte sur une seule des 40 annonces d'emploi incriminées, passera, elle, devant les juges. Ancien directeur des ressources humaines, bac +5, Vincent de Rocher était tombé sur l'annonce d'une société d'assurance qui recherchait un cadre «entre 30 et 40 ans».
«Nous avons délibérément refusé de poursuivre les petites entreprises : la maladresse de l'artisan ne nous intéresse pas. Ce que l'on veut dénoncer, c'est la déresponsabilisation des grands groupes face au travail des seniors.»

Sermonner. Les plaintes des chômeurs avaient été transmises aux parquets par la Halde, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, qui a fait de l'affaire un exemple. La frilosité de la justice pénale, qui classait sans suite les plaintes et s'en remettait à un simple «rappel à l'ordre», faisait mauvais genre... Comme si, en matière de discrimination, mieux valait sermonner.
L'affaire de Niort, elle, sera bien jugée, lors d'une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (le «plaider coupable» à la française). Vincent de Rocher demande 1 euro symbolique de dommages et intérêts. Depuis quelques mois, il n'est plus chômeur. Il a accepté un contrat d'avenir dans un lycée. Il touche moins que le Smic pour ses 26 heures de travail hebdomadaires.

(Source : Libération)

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Mis à jour ( Mardi, 19 Septembre 2006 22:48 )  

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