Hier, à partir de 11 heures, quelques 300 Indigné(e)s — essentiellement des jeunes, mais aussi des plus âgés ou des retraités, ainsi que des citoyens d'origine espagnole ou portugaise — se sont retrouvés place Jussieu.Aux alentours de midi, le cortège est parti pour l'Hôtel de Ville, se dirigeant d'abord vers la place de la Bastille où, en plein milieu, un sit-in a été effectué afin d'observer une minute de silence pour «rendre hommage aux peuples opprimés en Europe», et pour rappeler leur évacuation de cette même place par la police le 11 juin dernier. Bifurquant sur la place de la République (où des Chinois de Belleville manifestaient contre les vols et agressions dont ils font l'objet), des slogans politiques ont fusé contre le FMI, les Eurocrates de Bruxelles, l'oligarchie, la finance et leurs complices les politiques dont Sarkozy en France, juste bons à instaurer le chômage, la précarité et la misère.
Ensuite, le parcours s'est poursuivi rue de Turbigo, puis rue Beaubourg. A l'arrivée, vers 14 heures, nous étions plus de 500. Des CRS étaient là pour nous accueillir, empêchant les participants d'investir le parvis de l'Hôtel de Ville où un pique-nique citoyen suivi d'une AG avaient été prévus. Encerclés par les forces de l'ordre, nous nous sommes donc installés dans un cul-de-sac au début de l'avenue Victoria...
Notre reportage :
A 15 heures, l'autorisation de manifestation prenant fin, les CRS nous ont demandé de nous disperser, ce qui fut fait dans le calme. Afin de tenir leur assemblée générale, quelque 200 irréductibles se sont rendus par petits groupes sur le parvis de Notre-Dame. A nouveau encerclés par les forces de l'ordre, après avoir été sommés de quitter les lieux, certains ont accepté d'obtempérer tandis qu'une majorité de récalcitrants étaient interpellés et conduits dans deux cars de police. Voir ici :
Comme au bon vieux temps, les CRS ont séparé les hommes et les femmes, les premiers ayant été enmenés dans le commissariat du 18e arrondissement et les secondes, dans celui du 12e. Ces manifestants (entre 100 et 150) ont été relâchés quatre heures plus tard, vers 21 heures.
Ce soir lundi, à 19 heures, une nouvelle assemblée générale d'Indignés est convoquée à Bastille, sur le boulevard Richard-Lenoir, pour décider de la suite de la mobilisation.
En France, et ailleurs...
Hier, au Mans, à Poitiers, Bordeaux, Bayonne, Toulouse, Montpellier, Perpignan, Grenoble, Lyon ou Besançon, des centaines d'Indignés ont également battu le pavé ou planté des tentes. Or, rien de tout cela dans nos JT.
Oh oui, on les a bien vus, les Chinois de Belleville qui travaillent toujours plus plus gagner plus et demandent, pour ce faire, plus de "sécurité". Mais les Indignés, qui estiment que la vraie sécurité est avant tout d'ordre économique et sociale, n'ont pas eu droit à une seule citation.
Pourtant ils ne manifestaient pas qu'à Madrid ou à Athènes, comme on les a vus à la télé. Il y en avait partout en Europe, et même outre Atlantique => VOYEZ ICI !
Il est clair que le mouvement, malgré ses lacunes (organisation encore éparpillée, rejet des syndicats et des partis politiques…), ne mollit pas, prend de l'ampleur et commence à effrayer ceux qui nous dirigent. En bons petits soldats du pouvoir, la police et les médias font en sorte de l'anéantir, chacun à son niveau, par la force… ou par le silence.
L'édifice européen, gangréné par l'endettement, est voué à s'effonder comme un château de cartes. Le nombre des "Indignés" est donc appelé à grossir. C'est pourquoi il est important de le soutenir, non seulement en le relayant mais en y participant.
SH
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Commentaires
« Chacun, ici présent ce soir, sait que la presse indépendante n’existe pas. Vous le savez aussi bien que moi. Il n’y en a pas un parmi vous qui oserait publier ses vraies opinions, et s’il le faisait, vous savez d’avance qu’elles ne seraient jamais imprimées. […] Nous sommes les outils et les vassaux d’hommes riches qui commandent derrière la scène. Nous sommes leurs pantins : ils tirent les ficelles et nous dansons. Notre temps, nos talents, nos possibilités et nos vies sont la propriété de ces hommes. Nous sommes des prostitués intellectuels. »
www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article17007 Répondre | Répondre avec citation | Citer
C'est le constat qu'on peut tirer des rassemblements français qui n'ont réuni que quelques centaines de personnes à Paris et dans les autres villes.
À croire que nos camarades de galère ont autre chose à faire que de s'indigner, le temps d'un pique-nique dominical.
Partir en week-end par exemple ou aller au cinéma ?
Ils laissent à d'autres le soin d'exprimer leur ras-le-bol de la précarité institutionnali sée et de l'absence de perspectives.
Voilà une position… confortable… bien calé dans le canapé.
Nous autres, Actuchomeurs franciliens, n'étions que 4 ou 5 au rendez-vous parisien… dont deux salariés.
Mais, en bons Français qui se respectent, dès qu'il s'agit de boire un coup (pour fêter l'anniversaire du site par exemple), comme par hasard, il nous arrive d'être 10 fois plus nombreux.
Alors : Vive les apéros FarceBouc !
Et que les Indignés retournent d'où ils viennent, de leur Grèce ou de leur Espagne en faillite.
Ce n'est pas notre problème… Ça le deviendra, rassurez-vous ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Non, c'est pas ça. C'est juste qu'un certain cap franchi, la colère finit par céder au renoncement. Et puis il y'a l'isolement aussi … et pour tout dire un petit sentiment de culpabilité qui fait qu'on a un peu honte d'aller s'afficher " précaire " au grand jour. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Mais là, franchement, on touche le fond… de la démobilisation. Dans tous les registres, sur tous les combats :
• Financement de notre association (et des autres collectifs de Chômeurs & Précaires).
• Adhésions et/ou renouvellement d'adhésions en berne, pour ne pas dire inexistant.
• Mobilisations collectives (présences insignifiantes sur les manifs, les rassemblements, les initiatives…).
Les "alternatifs indignés" - dont nous sommes sur Actuchomage - n'ont jamais été aussi peu actifs, aussi peu combattifs.
C'est Waterloo morne plaine.
Et, sur Actuchomage, nous sommes bien placés pour constater cette apathie, cette retraite, cette déroute.
Le mouvement des Indignés était - justement - l'occasion de manifester sous une autre étiquette que celle du Chômage et de la Précarité. Tout simplement sous l'étiquette de l'Indignation.
Mais il est plus facile de lire le bouquin de Hessel ("Indignez-vous") dans son canapé que de s'indigner pour de bon, dans la rue aux côtés des vrais gens.
Pa-thé-ti-que ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Justement pour sortir de l'isolement, rien de mieux que de se rassembler. Ceci dit, tout dépend où on habite.
Je m'affiche "précaire, pauvre et chômeuse" sans honte (même si une fois je me suis fait traitée de chômeur professionnel par un camarade CGT).
J'ai -enfin- compris que je n'en étais pas coupable, pas plus que je serais handicapée, ou malade de l'amiante ou du sang contaminé, des maladies fabriquées par les hommes.
Je n'y étais pas, ni en WE ni au cinoche (que je n'aime pas) j'ai juste quelques problèmes de santé assez invalidants en ce moment. Sinon, habitant Paris j'ai essayé d'être là souvent, mais je dois reconnaitre qu'à chaque fois nous sommes toujours aussi peu… Répondre | Répondre avec citation | Citer
http://www.courrierinternational.com/article/2011/06/23/les-universites-americaines-s-offrent-des-terres Répondre | Répondre avec citation | Citer
http://www.youtube.com/watch?v=gL7QbfIU5IA&feature=player_embedded Répondre | Répondre avec citation | Citer
Dimanche 19 juin, ils n'étaient que quelques centaines d'"Indignés de France" a défiler dans les rues de Paris. Le même jour, ils étaient plusieurs milliers en Grèce et plusieurs dizaines de milliers en Espagne. Pourtant, "les problèmes sont les mêmes en Espagne et en France", estime Toni. Cet Espagnol qui vit à Paris depuis cinq ans est présent depuis le début de l'importation du mouvement en France, lorsque les regroupements étaient uniquement l'affaire d'expatriés espagnols, en soutien à leurs compatriotes de la Puerta del Sol. Pourquoi cette mobilisation peine-t-elle en France ?
Une situation économique plus grave en Espagne et en Grèce
Bruno Cautrès est chercheur CNRS au Cevipof (Centre de recherche politiques de Sciences Po) et spécialiste des comportements et des attitudes politiques. Lui aussi fait état "du peu d'ampleur que prend le mouvement des Indignés en France" et constate un paradoxe français entre "la faible mobilisation pour soutenir en actes les Indignés et le fort succès en librairie du livre de Stéphane Hessel".
Il avance, comme explication, la gravité spécifique des situations grecque et espagnole : "Il ne fait pas de doute que l'ampleur du chômage et la gravité de la situation économique en Espagne, et plus encore en Grèce, expliquent l'expression de l'indignation dans des formes et avec une ampleur très différente, pour le moment, en France."
En Espagne, le taux de chômage officiel dépasse 21% et atteint 45% chez les moins de 25 ans. En Grèce, les citoyens sont confrontés à une austérité inédite et un taux de chômage réel probablement supérieur à 20%. "Toutes les sociétés européennes sont concernées par un malaise social de la jeunesse", explique Bruno Cautrès, mais les Français, qui souffrent d'un taux de chômage officiel de 9,2% (23% pour les moins de 25 ans) n'expriment pas pour l'heure une révolte comparable à celles des Espagnols et des Grecs.
Une organisation insuffisante
En Espagne, si le mouvement revendique officiellement une absence de liens avec les partis politiques et les syndicats, il bénéficie du soutien de 500 organisations et associations diverses. Ce sont autant de réseaux actifs qui ont participé à recruter des manifestants et à délivrer les messages des Indignés. Le mouvement ¡Democracia Real YA!, créé dès janvier 2011, a par ailleurs mené tout un travail préalable aux manifestations et au premier rassemblement de mai.
En France, le mouvement est né spontanément du rassemblement d'Espagnols vivant en France. Il s'est organisé via les réseaux sociaux, notamment le compte Twitter Acampada Paris et entend depuis ses débuts "amener les Français à rejoindre le mouvement", explique Toni.
Aujourd'hui, la majorité des participants aux mobilisations est française, estime-t-il, et "100 à 150 personnes constituent les membres vraiment actifs" qui organisent le travail des différentes commissions. Les Indignés tiennent à leur indépendance. Et si le mouvement bénéficie de quelques soutiens politiques (NPA, Parti de gauche, PS) ou syndicaux, ceux-ci sont avant tout symboliques.
Une pression policière qui complique les rassemblements
"Si on ne rassemble pas plus de monde, c'est parce que l'on n'a aucune visibilité. Chaque fois qu'on essaie de se rassembler, les CRS arrivent." Consciente de la faible mobilisation du mouvement qu'elle soutient, Louise, 19 ans, l'explique par la répression policière française.
Lundi matin, elle s'est rendue place de la Bourse pour ravitailler les quelques Indignés qui y avaient passé la nuit pour tenter de mettre en place un campement. "Les policiers nous ont encerclés, ils nous ont demandé de ranger, ce qu'on a fait, et ils nous ont embarqués pour un contrôle d'identité", raconte-t-elle. Pour Louise, le mouvement a besoin d'être "présent sur la place publique" pour être entendu et rejoint. C'est la présence permanente des CRS et autres forces de police qui empêcherait au mouvement de prendre de l'ampleur.
En Espagne, les forces de police ont également dispersé les premières manifestations. Puis, confrontés à l'ampleur du mouvement, elles ont laissé aux manifestants de Madrid la liberté de camper plusieurs jours avant qu'ils ne quittent de leur propre chef la Puerta del Sol.
www.lemonde.fr/politique/article/2011/06/21/pourquoi-le-mouvement-des-indignes-reste-limite-en-france_1538605_823448.html
A cela, rajouter le silence des médias… Répondre | Répondre avec citation | Citer
www.7sur7.be/7s7/fr/3007/Bruxelles/article/detail/1282891/2011/06/23/42-Indignes-arretes-dans-la-zone-neutre-de-Bruxelles.dhtml Répondre | Répondre avec citation | Citer