Nicolas Sarkozy a proposé, la semaine dernière à Rethel (Ardennes), qu'une «filière unique» d'indemnisation chômage, au lieu de quatre aujourd'hui, soit instaurée lors de ces négociations qui doivent, a-t-il dit, «impérativement» se conclure «avant la fin de l'année». Précédemment, François Fillon avait plaidé pour une diminution des cotisations chômage d'un niveau équivalent à l'augmentation annoncée des cotisations retraite, et le ministre du Travail Xavier Bertrand avait suggéré une exonération des cotisations chômage pour les plus de 60 ans.
Proposée par la CGT dès l'ouverture de cette deuxième séance de négociations, l'idée d'une déclaration commune a mis plus de deux heures et demi à se concrétiser par un court texte de compromis entre syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et patronat (Medef, CGPME, UPA).
Qu'on nous laisse négocier !
«Dès décembre 2005, les partenaires sociaux ont décidé de remettre à plat le régime d'assurance chômage. Sur ces bases, ils ont entamé leurs négociations le 15 octobre en affirmant leur volonté de prendre leurs responsabilités. Ils entendent pouvoir poursuivre leurs discussions dans le cadre de l'autonomie de la négociation collective», indique la déclaration. Les partenaires sociaux «souhaitent qu'au cours de ces négociations soit respectée la place de chacun des différents acteurs dans l'esprit de la loi de modernisation du dialogue social du 31 janvier 2007».
«Face aux interventions répétées du gouvernement et du président de la République, ce texte vise à leur demander de rester à leur place le temps des négociations», a déclaré Maurad Rabhi (CGT).
«Le discours du président de la République était pour le moins inopportun. J'ai l'impression qu'une partie des politiques souhaiterait être à la table des négociations. On est encore dans un régime paritaire sur l'indemnisation, alors qu'on nous laisse négocier !», a renchéri Stéphane Lardy (FO).
Gaby Bonnand (CFDT) a noté que ce texte «non polémique exprime la volonté de ne pas être soumis en permanence à des pressions gouvernementales».
(Source : Les Echos)
Articles les plus récents :
- 19/11/2008 15:58 - Coût salarial et productivité
- 16/11/2008 03:29 - Notre système de soins se dégrade
- 14/11/2008 19:15 - Allocations familiales : les promesses envolées de Nicolas Sarkozy
- 13/11/2008 19:24 - Le rapport 2007 du Secours catholique dresse un constat alarmant
- 12/11/2008 00:13 - Les banques continuent de refuser des prêts malgré les garanties de l’Etat
Articles les plus anciens :
- 06/11/2008 19:11 - Le chômage des informaticiens repart à la hausse
- 06/11/2008 18:36 - Le budget de l'emploi 2009 ne variera pas
- 06/11/2008 15:19 - La réforme de l'impôt a augmenté les inégalités sociales
- 04/11/2008 18:44 - Les prestations sociales en 2007
- 04/11/2008 03:50 - L'AFPA prépare son plan social






Commentaires
Dans ce but, ils ont commencé, vendredi, lors de la seconde séance de négociation sur l'assurance-chômage, à étudier la refonte des quatre filières d'indemnisation actuelles en une filière unique. Une piste que Nicolas Sarkozy les a appelés à creuser dans son discours sur l'emploi à Rethel (Ardennes), le 28 octobre. Cette nouvelle intervention de l'Etat sur une négociation en cours a d'ailleurs, sur la forme plus que sur le fond, irrité les partenaires sociaux, qui ont tenu à réaffirmer leur «autonomie».
Trois propositions
Le Medef a dévoilé, vendredi, trois propositions de filière unique avec, chaque fois, des droits à allocations après 6 mois de cotisations et, surtout, des durées d'indemnisation (de 18 à 24 mois au maximum) proportionnelle s à la durée de cotisation, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Les syndicats ont vivement rejeté ces propositions. De fait, telle qu'imaginée par le Medef, la nouvelle filière réduirait pour beaucoup la durée d'indemnisation. Par exemple, cotiser 12 mois donnerait droit à 9 à 11 mois d'allocations, contre 12 aujourd'hui. Ensuite, selon les simulations de l'Unedic, cette filière aboutirait, en raison de périodes de référence plus courtes, à priver d'indemnités 179.000 à 291.000 chômeurs qui en bénéficient aujourd'hui. Avec, à la clef, des économies de 2,4 à 4,7 milliards d'euros par an, qui permettraient au régime de revenir vite à l'équilibre tout en baissant les cotisations chômage, ce dernier point restant l'objectif premier du patronat.
Pour les syndicats, la priorité est au contraire d'accroître le nombre de chômeurs indemnisés (47% aujourd'hui) en incluant plus de jeunes et de précaires. Ce n'est qu'à cette aune qu'ils envisagent la création d'une filière unique. Et encore : la CGT craint qu'«une seule filière exclut encore trop de précaires» et préconise deux filières, dont une spécifique aux précaires. La CFDT pense toutefois avoir la solution : elle propose une filière unique basée sur le principe «un jour travaillé égale un jour indemnisé», avec des droits à indemnisation ouverts au bout de «4 à 6 mois» de travail sur une période de référence de «plusieurs années». La CFTC plaide pour «une seule filière, une seule formule de calcul d'indemnisation, une seule période de référence».
Les négociateurs devraient désormais entrer dans le vif du sujet lors de leur prochaine rencontre, le 25 novembre. D'ici là, l'Unedic aura terminé les simulations commandées par les syndicats, qui pourront alors affiner leurs propositions de filière unique. Mais l'exercice sera d'autant plus difficile qu'avec la crise le nombre de jeunes et de seniors arrivant au chômage risque de fortement progresser, ce qui pourrait réveiller les tentations de leur bâtir des filières spécifiques.
(Source : Les Echos) Répondre | Répondre avec citation | Citer