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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités «Pôle emploi» : Quid des attentes des chômeurs ?

«Pôle emploi» : Quid des attentes des chômeurs ?

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En décidant la réorganisation du service public de l'emploi, le gouvernement n'a pas songé un seul instant à aller interroger les principaux intéressés. Et, comme toujours, les associations qui les représentent n'ont toujours pas droit de cité dans la nouvelle instance.

Dans le cadre de la fusion ANPE-Assedic commanditée par Nicolas Sarkozy, il est clairement stipulé que les chômeurs ne seront plus des usagers mais des «clients», tandis que le futur organisme devra «augmenter sa part de marché» face aux concurrents privés. Le langage ainsi employé se veut digne d'une entreprise du CAC40. Pourtant, en théorie, toute entreprise intelligente qui décide de se restructurer afin d'améliorer son service et gagner en «productivité» ne procède-t-elle pas à des audits avant de se lancer, notamment auprès de son «aimable clientèle» ? Or, ici, aucune étude n'a dressé un véritable état des lieux sur les dysfonctionnements rencontrés par les futurs-ex usagers ainsi que leurs attentes vis-à-vis de «Pôle emploi».

Pour souligner cette aberration — ou ce mépris ? —, le Mouvement national des chômeurs & précaires (MNCP) et l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) ont réalisé l'enquête que le gouvernement a négligé de faire. En voici les principaux points :

1. Face à une stratégie d'évitement de plus en plus pregnante, les demandeurs d'emploi souhaitent que le rapport humain avec les conseillers soit rétabli. Aux Assedic, «il est devenu presque impossible de rencontrer un agent», critiquent-ils. Ainsi, le «tout téléphone» et le «tout informatique» n'est pas plébiscité, accusé d'une part de coûter cher et, d'autre part, de priver d'information nombre de demandeurs d'emploi qui n'ont pas d'ordinateur pour postuler en ligne, mener leurs recherches ou se renseigner.

2. Les demandeurs d'emploi ont «d'abord besoin de reprendre confiance dans leurs interlocuteurs et dans la pertinence des informations qui leur sont transmises» : ainsi, l'accès à l'information reste aléatoire et quand des réponses sont apportées, elles sont souvent insuffisantes, si ce n'est contradictoires. Ils souhaitent également plus de cohérence entre les différents services concernant l'offre de formation, ainsi qu'un meilleur accès aux aides à la mobilité.

3. Au delà de l’attitude désobligeante souvent exprimée à leur égard, les chômeurs pointent de nombreux dysfonctionnements dans la gestion des dossiers : convocations sans adéquation avec les compétences, «menaces de radiation pour absence à un rendez-vous qui n'a pas eu lieu», courriers «blessants ou menaçants»... Tout cela «ne favorise pas la confiance», estiment les associations. (Et, plus généralement, ce n'est pas comme cela que l'on traite ses «clients» !)

4. Certains ont même «l’impression de n'être qu'un numéro qu'on essaie de faire rentrer dans une case». Selon eux, le premier entretien du demandeur d'emploi au nouveau «guichet unique» de l'organisme fusionné est «décisif», et suscite une «forte attente» de la part des chômeurs qui expriment «massivement» leur besoin de considération. Dans la définition de l’«offre raisonnable d'emploi», les associations demandent notamment le «respect du souhait de la personne» et de «ne pas contraindre une personne à une reconversion qu'elle ne souhaiterait pas».

5. Enfin, en sus d'une révision des codes ROME dont beaucoup sont inadéquats voire obsolètes, les chômeurs réclament une amélioration de la validité des offres proposées. Outre certaines qui frisent l'illégalité et ne semblent faire l'objet d'aucun contrôle, «il arrive fréquemment que les offres soient périmées ou qu'elles soient indéfiniment renouvelées par les employeurs», déplorent-ils. La majorité de ces derniers ne se donnant même pas la peine de répondre aux candidatures, dans ces conditions, il est difficile de fournir en quantité suffisante les preuves de recherche «réelle et sérieuse» tant exigées.

«Pôle emploi» ne devrait être opérationnel qu'à la fin 2009 : il n'est jamais trop tard pour commencer à bien faire.

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Mis à jour ( Jeudi, 16 Octobre 2008 19:51 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-10-17 01:00 Une quarantaine de membres d'associations de chômeurs (MNCP, AC!, APEIS) et de syndicats de l'ANPE (SNU et SUD) se sont rassemblés jeudi devant le siège du nouvel organisme pour tenter - en vain - de s'inviter au conseil d'administration.

Les manifestants entendaient dénoncer la fusion ainsi que l’"offre raisonnable d'emploi", et "protester contre la non-représentation des chômeurs au sein du conseil d'administration" de «Pôle emploi».

"Trouver ce nom a coûté très cher, ce qui prouve qu'il y a de l'argent public pour faire de la communication au lieu de bénéficier aux chômeurs", a réagi Sylvie Masson de Sud-ANPE. Luc Chevallier, du SNU, a lui jugé que "la fusion […] va transformer les conseillers en contrôleurs des chômeurs et détériorer le service aux usagers, qui auront plus de mal à rencontrer directement un interlocuteur".

Une intersyndicale doit se réunir vendredi pour décider d’un mouvement de grève à l’ANPE avant la fin de l’année.
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0 # zapette 2008-10-17 20:39 Je comprends l'attente des chômeurs et tout n'est pas fatalité, il existe encore des agents ANPE qui considèrent les personnes et tentent de "résister" de l'intérieur…
Leurs conditions de travail sont souvent difficiles et le manque de moyens énorme… On gaspille des milliers d'euros pour un nom et un logo, mais on n'a pas idée d'embaucher pour que les chômeurs soient reçus dans un minimum de confort (pour tout le monde…). Quant à la notion de "service public", ça fait bien longtemps que l'assedic a oublié sa signification (ce qui, cela dit en passant, n'est pas étonnant puisqu'ils sont privés…). Pourvu que le nouvel organisme (avec l'ensemble des agents) ne perde jamais de vue ses missions premières…
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