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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Nouveauté Livre : La guerre des classes

Nouveauté Livre : La guerre des classes

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La lutte des classes, ça vous dit quelque chose ? Vaguement ? C’est bien tout le problème… Dans «La guerre des classes», le journaliste François Ruffin (Le Monde Diplomatique) démontre quand et pourquoi la gauche a abandonné toute référence à l’opposition entre le capital et le travail. Une trahison en forme de modernisation dont nous n’avons pas fini de faire les frais.

Pour vous mettre en appétit, voici un extrait de son entretien pour ARTICLE XI.

(...) C’est frappant : on nous montre en permanence les vaincus, les victimes, qu’ils soient salariés en colère, licenciés économiques, etc… Mais il n’y a jamais personne pour dire que ce qui leur est pris profite à d’autres. Il y a pourtant un lien d’évidence, très logique, que les médias et les politiques s’emploient à rendre complexe. Ce n’est rien d’autre qu’un vaste enfumage.
Un exemple : au moment de l’annonce du plan Power 8 chez Airbus et de ses 10.000 licenciements, personne n’a dit qu’il s’agissait de délocaliser pour que Lagardère gagne davantage d’argent. Par contre, on a entendu qu’il fallait se caler sur Boeing ou que c’était un contre-coup de l’Euro. C’était des mensonges autant qu’une manière d’habiller les mots de coton, de départir la réalité de sa violence. C’est pour ça qu’il faut le dire et le redire : ce qui va en plus aux actionnaires est pris aux salariés. Toujours.

(...) Cet affrontement du capital et du travail est tellement habillé de mots et d’euphémismes que les victimes de la guerre des classes ne voient plus la massue qui s’abat sur elles et se cherchent d’autres responsables. Je cite Patrick Lehingue, professeur de sciences politiques à Amiens, qui explique qu’il «n’y a pas 40 façons, pour les gens, de classer en juste/injuste. Soit c’est le riche contre le pauvre […], soit c’est le dedans contre le dehors, les Français contre les étrangers, les jeunes contre les vieux». A partir du moment où la gauche abandonne le conflit principal, celui des classes, ce sont les conflits secondaires qui sont réanimés. Et la droite en joue à merveille, par exemple en opposant à propos de la question des retraites jeunes et vieux, salariés du public contre ceux du privé.
Chronologiquement, cette substitution des responsables se vérifie parfaitement : en 1983 Mitterrand abandonne la dialectique de classe, en 84 Le Pen se taille la vedette à la télé et cartonne à plus de 10% des voix aux élections européennes. Il y a un lien évident de cause à effet : les gens ne se disent plus qu’ils sont au chômage à cause des patrons, mais à cause de l’arabe qui bosse en bas de chez eux…

Le livre a été publié alors même qu’éclatait la crise financière. Elle conforte ton constat ?

Bien sûr. Pendant la crise, la guerre des classes continue. Alors même qu’il injecte des centaines de milliards d’euros pour sauver les banques, le gouvernement procède en catimini au déremboursement de médicaments pour économiser quelques millions. C’est la même chose pour le travail le dimanche. On va utiliser la crise pour justifier les réformes, ce qui va contribuer à alimenter la guerre des classes.

=> TOUTE L'INTERVIEW à lire absolument...

La guerre des classes par François RUFFIN - Fayard - 252 p - 19 €

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Mis à jour ( Vendredi, 24 Octobre 2008 07:00 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2008-10-24 10:50
Chez LVMH, le géant du luxe

Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires
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0 # superuser 2008-10-25 23:21 «Les Français sont prêts à entendre la vérité», affirmait Sarkozy dans son discours de Toulon. Eh bien, chiche !

Voici la vérité : la crise de la dette n'est pas un incident de parcours dû à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néolibéralisme a structurellemen t besoin chaque année d'un endettement privé plus élevé. Pendant vingt-cinq ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers, mais elle nous conduit dans le mur ! Des actionnaires trop gourmands qui veulent 10 ou 15% de rentabilité, il y en a toujours eu. La nouveauté des dernières années, c'est qu'ils ont pu obtenir ce qu'ils voulaient, car des gains de productivité colossaux ont produit un chômage de masse qui a totalement déséquilibré la négociation sur les salaires.

Les racines de la crise financière, c'est trente ans de crise sociale ! Trente ans de productivité mal gérée. C'est à cause du chômage que la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée et que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette.

C'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on sortira de la crise. Hélas, dix-huit mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un «Grenelle», un «grand Plan» ou une «grande Mobilisation»… mais, contre le chômage, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien.

Vu la gravité de la situation, il y a urgence à remettre la gauche au travail. Mais, vu l'importance des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. C'est l'ensemble de la gauche européenne qu'il faut rassembler et mettre au travail pour définir, très concrètement, de nouveaux outils de régulation.

Pierre Larrouturou, délégué national Europe du PS et auteur du «Livre noir du libéralisme» (Le Rocher).
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