Un chômeur francilien de longue durée nous signale les incroyables pratiques d'une conseillère de son agence locale, personne excessivement zélée qui, pour la deuxième fois consécutive, a répondu et postulé à sa place à une annonce sans l'en informer ni lui demander son accord !Sauf que, cette fois-ci, il est menacé d'une radiation de 15 jours...
La première fois, sans rien lui dire, elle a soumis son CV au responsable d'un établissement scolaire pour une offre de CAE (contrat d'accès à l'emploi) à temps partiel — alors que son PPAE («projet personnalisé d’accès à l’emploi») stipule qu'il recherche un travail à temps plein — tandis qu'il était déjà en «stage» chez un sous-traitant, en train d'effectuer un BCA («bilan de compétences approfondi») qu'on lui avait, d'ailleurs, imposé pour une durée de sept semaines : LIRE ICI...
L'affaire, parfaitement absurde, été classée sans suite.
La deuxième fois, alors que son BCA venait de s'achever et qu'il était à nouveau disponible, quelle ne fut pas sa surprise de trouver sur son répondeur le message d'une fonctionnaire de l'Education nationale, accusant réception de son CV (envoyé derrière son dos par la même conseillère, qui n'est même pas sa référente et qu'il n'a jamais rencontrée…) pour «un poste administratif à pourvoir» (sans précision), et lui proposant un entretien d'embauche. Or, cette candidature a une fois de plus été adressée sans son consentement : LIRE LÀ...
Peut-être aurait-il du décliner cet entretien et dénoncer immédiatement auprès de son ANPE la nature illégale du procédé afin que la conseillère en question cesse enfin ses agissements. Mais, étant de bonne volonté, il s'y rend malgré tout.
Il découvre que l'emploi proposé est un contrat d'avenir, toujours à temps partiel et au Smic. Après un rapide calcul sur les gains et avantages procurés par un tel contrat, il les juge insuffisants pour pouvoir s'en sortir et refuse l'offre, qui de toutes façons ne cadre pas avec son projet professionnel. Aussitôt, l'ANPE lui signifie par courrier que, suite à ce refus, le versement de son allocation serait suspendu pendant 15 jours ! Heureusement et pour une fois elle a respecté les règles : il s'agit d'un «avertissement avant radiation» qu'il pourra contester auprès du directeur d'agence.
Un gros point noir
Selon l'article 1 de la loi sur «les droits et les devoirs» des chômeurs, quand votre PPAE stipule que vous recherchez un emploi à temps complet, on ne peut vous contraindre à accepter un emploi à temps partiel. Mais l'article 3 de cette même loi dit qu’est passible de sanction/radiation le refus d’une proposition d’un contrat d’apprentissage, de professionnalisation ou d’une offre… de contrat aidé.
De quel côté pèse la balance ??? On imagine aisément que, pour les besoins de la cause (faire baisser les chiffres du chômage), le contrat aidé, même inapproprié, primera sur l'intérêt professionnel et financier du privé d'emploi, considéré comme un pion qui doit boucher les trous et permettre à un gouvernement aveugle d'atteindre ses objectifs.
En dépit de cette contradiction qui nécessite jurisprudence, qu'on se le dise : un conseiller ANPE ne peut transmettre votre CV à un employeur que s'il a obtenu votre accord au préalable => Lire en commentaires. Notre ami chômeur, qui n'a jamais autorisé l'ANPE à le faire (d'ailleurs, à l'inscription, on ne lui a rien demandé de tel), est donc contraint de se lancer dans une procédure fastidieuse afin de dénoncer ces méthodes inadmissibles : affaire à suivre...
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Commentaires
Je vois d'ailleurs mal le problème que cela pose, je croyais que le but de l'ANPE s'était d'aider le demandeur à décrocher un boulot !
Quant au fait que le contrat d'avenir ne covnenait pas à ce monsieur… Si on lui a proposé c'est qu'il est éligible, donc qu'elle touche un minima social (RMI ou ASS), donc qu'il a de très faibles revenus.
Dans ces conditions je pense que s'accrocher à l'idée de ne chercher qu'un temps complet est une erreur, et que la personne qui critique le contrat d'avenir payé au SMIC 26 heures par semaines oublie qu'elle gagnera malgré tout plus avec (environ 785 € net) que ce qu'il touche en RMI ou ASS (environ 400 €).
Vous êtes tout de même en train de reprocher à l'ANPE d'avoir décroché un entretien avec une possible embauche d'un an pour un demandeur ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
J'ignorais que les bases du fonctionnement de l'ANPE ainsi que son but initial et principal (le placement) étaient réservés aux affreux méchants de la droite décomplexée !
Je connais peu de socialistes qui tiendraient le discours consistant à dire qu'il vaut mieux rester avec un minima social et attendre des mois un super job plutôt que de prendre un travail temporaire "alimentaire" tout en continuant sa recherche à côté. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Désolé, mais avec un contrat d'avenir à 20 ou 26 heures par semaine, on ne peut pas vivre de son travail et sortir de l'«assistanat». Le contrat aidé est un pis-aller qui n'aide… que l'employeur, qui y trouve là une solution pour faire travailler quelqu'un à moindre coût !
Quand une personne se sent capable de retravailler à plein temps et qu'elle le souhaite, pourquoi avance-t-on systématiquemen t cet odieux argument du "C’est toujours mieux que rien" pour lui fourguer un emploi de mauvaise qualité, sous prétexte que le gouvernement a fixé un objectif dessus afin de réduire les chiffres du chômage ? Pendant que cette personne sera emprisonnée dans un contrat aidé, même si elle y trouvera un léger gain financier, elle n'aura plus le temps de chercher l'emploi qui correspond vraiment à ses attentes.
De plus, rares, trop rares sont les salariés en contrats aidés qui réussissent à obtenir la pérennisation de leur poste. Et majoritaires sont ceux qu'on "abonne" ensuite à ce type d'emplois, enchaînant les CAE ou les CAv comme un autre enchaînerait les CDD ou les missions d'intérim. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Un contrat d'avenir ça reste une bien meilleure option que l'ASS, et ça laisse du temps à côté pour continuer à chercher autre chose. Sans compter la formation obligatoire financée par l'employeur.
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1) Le contrat aidé n'est même pas un job "alimentaire" puisqu'il ne permet pas de survivre.
2) La "formation obligatoire financée par l'employeur" est, dans la majorité des cas, une chimère. D'ailleurs ce n'est pas moi qui l'invente mais Laurent Wauquiez, qui reconnait qu'une fois le DE placé en contrat aidé, aucun suivi n'est effectué par l'ANPE.
3) On peut disserter là-dessus car cela dépend des personnes, mais le contrat d'avenir ne laisse pas tant de temps que ça pour chercher sérieusement autre chose.
4) En opposition au "C’est toujours mieux que rien", certains individus (et j'en fais partie pour avoir été travailleuse pauvre de longues années, une expérience cuisante) considèrent qu'il vaut mieux être pauvre parce qu'on n'a pas de travail que de rester pauvre tout en travaillant. C'est un point de vue qui se défend. On ne connait pas beaucoup de patrons qui acceptent de travailler à perte. Et la dignité ne passe pas par le travail si celui-ci est indigne. Répondre | Répondre avec citation | Citer
D'autant plus que c'est lorsque votre contrat s'arrête que les ennuis financiers commencent : l'allocation logement est calculée en fonction de vos revenus de l'année précédente, sauf erreur…
Dites-moi à quoi sert-il de travailler dans un emploi parking qui, la plupart du temps, ne va durer que quelques mois et vous ramener à la case départ ?
Et ce d'autant que le temps joue contre les demandeurs d'emploi.
Un emploi sans perspective d'avenir, c'est démotivant et un piège à chômeurs.
Quand on est entré dans le système des contrats aidés, on en sort difficilement.
Personnellement , je ne connais personne qui ait jamais eu un emploi pérenne après avoir décroché un contrat aidé.
Certains esprits chagrins pensent sans doute qu'il suffirait d'arrêter de verser des allocations pour que, par miracle, les gens retrouvent un emploi. Mais la suppression des allocs ne va pas créer les emplois qui sont manquants et si c'était aussi simple, cela aurait été déjà fait.
Ce n'est pas par bonté d'âme que les allocs existent mais pour préserver la paix sociale et que les salaires ne s'effondrent pas.
Beaucoup de gens au chômage sont prêts à travailler pour des clopinettes (mais pas tous, bien sûr). Donnez-leur la possibilité de le faire et il se peut qu'on vous licencie pour mettre un chômeur à votre place à un salaire moindre.
Un salarié est bien souvent un chômeur qui s'ignore de nos jours… Répondre | Répondre avec citation | Citer
1) Si le courrier d'«avertissement avant radiation» n'a pas été envoyé en lettre recommandée, l'ANPE est en tort et la sanction est caduque.
2) Si le CV n'a pas été transmis par la conseillère référente elle-même, ou si cela a été fait par une de ses collègues mais sans son approbation, ça tombe à l'eau aussi : la conseillère référente est la seule à pouvoir soumettre le CV de son demandeur d'emploi à un recruteur. Dans le cas présent, c'est à elle de confirmer qu'elle a bien autorisé sa collègue à le faire à sa place.
Dans cette affaire, même si le chômeur a autorisé l'ANPE à diffuser son CV à des employeurs, le SNU-ANPE déplore l'absence de contact humain (qui fait partie d'une stratégie d'évitement de plus en plus répandue) et de politesse : la moindre des choses aurait été que le demandeur d'emploi soit averti.
Plus généralement, le SNU-ANPE déplore la déshumanisation (le chômeur est un objet) et l'automatisation grandissante des procédures, ainsi que la «quantophrénie» (obsession maladive des chiffres) qui gangrène son métier. Répondre | Répondre avec citation | Citer
1) La lettre d’«avertissemen t avant radiation» que l'ANPE lui a adressée est… un courrier simple.
Donc, la procédure de sanction entamée à son encontre est nulle et non avenue.
2) Quand il s'est inscrit, lors de son premier entretien et même aux suivants, l'ANPE ne lui a jamais demandé s'il l'autorisait à diffuser son CV aux employeurs.
De ce fait, il considère qu'il ne lui en a pas donné l'autorisation.
3) La réponse d'Auxi à Trouveur sur le forum => LIRE ICI… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Coûteux (8,5 milliards d’€ en 2006), complexes et peu efficaces en termes d'insertion professionnelle , ils restent l'arme antichômage préférée des politiques français.
Lire ici cet "audit d’une usine à gaz" réalisé par L'Expansion
Rappelons qu'à partir de 2006, la durée moyenne de ces contrats a baissé : 13,5 mois pour les CAv et 9,1 mois pour les CAE (les "emplois jeunes" de la gauche avaient au moins le mérite de durer cinq ans).
Autre point noir : le contrat unique d'insertion, qui devait pourtant mettre un terme au maquis de contrats aidés actuellement existants, est hélas reporté !!!
Si ce n'est pas de la «mauvaise politique de l’emploi»… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Malheureusement , la plupart du temps, ces dispositifs ne permettent pas de retrouver un emploi stable. « Leur but n'est pas d'aider à l'insertion, mais de faire baisser les chiffres du chômage, car ils concernent toujours les mêmes bénéficiaires, ballottés d'un contrat aidé à un autre », résume crûment un parlementaire de la majorité. Nombre d'études démontrent en effet que si les contrats aidés dans les entreprises débouchent assez rapidement sur des contrats classiques (CDI et CDD), ceux du secteur public conduisent majoritairement … à un autre contrat aidé. Problème : peu d'entreprises recourent à ces dispositifs. Sur quatre créations nettes d'emplois en 2005, trois viennent du public… Répondre | Répondre avec citation | Citer