C'est l'une des nombreuses surprises que réserve l'étude sur les «freins à la reprise d'emploi», publiée hier par le ministère du Travail (DARES et DREES). Menée en mai 2007 auprès de 3.280 personnes [1], cette enquête ne fait pas forcément l'affaire du gouvernement, qui voit dans le renforcement du contrôle des chômeurs l'un des principaux moyens de parvenir au plein-emploi.Loin des idées reçues, il montre que les chômeurs sont prêts à de lourdes concessions pour retrouver le chemin du travail. Plus des trois quarts d'entre eux accepteraient un emploi inférieur à leur qualification. La moitié serait disposée à déménager. Un sur deux serait même prêt à signer un contrat de travail précaire ou à temps partiel si cela lui était proposé.
Comment expliquer, dès lors, que le nombre de chômeurs frôle encore la barre des 2 millions, alors que les emplois non pourvus sont au moins 300.000 ? Si les candidats à l'emploi restent au chômage, c'est parce que les offres sont insuffisantes, ou qu'elles sont inadaptées à leur qualification et à leur expérience, indiquent une grande majorité (82%) des personnes interrogées par le ministère de l'Emploi.
Raisons financières
Les diplômés du supérieur sont d'ailleurs les plus nombreux à refuser les offres qui leur sont proposées. Un tiers d'entre eux ont été au moins une fois dans ce cas. C'est beaucoup plus que les bacheliers (26%) et que les personnes n'ayant aucun diplôme (14%).
Dans bien des cas, ce sont les raisons financières qui justifient ces refus. C'est, en tout cas, le motif le plus souvent cité, devant la «mauvaise situation géographique» et la «pénibilité du poste». De fait, les personnes qui ont repris un emploi s'avèrent souvent déçues : 4 sur 10 estiment que leur situation financière ne s'est pas améliorée un an après leur reprise d'emploi.
[1] Enquête menée auprès de 3.280 personnes âgées de 23 à 55 ans qui percevaient, en 2005, moins de 1,5 SMIC net.
(Source : Les Echos)
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Commentaires
A l'heure où le contrôle de la recherche d'emploi des chômeurs va être renforcée, il est intéressant de comprendre quels sont les obstacles à la reprise d'une activité. La Dares et la Drees, les organismes statistiques respectifs du ministère de l'Emploi et du ministère du Travail, ont mené en 2007 une enquête auprès des personnes de 23 à 55 ans susceptibles de percevoir la prime pour l'emploi (revenus d'activités inférieurs à 1,5 Smic), qu'elles soient en emploi ou non.
Ainsi, la plupart des demandeurs d'emploi sont prêts à faire des concessions importantes pour retravailler, comme déménager (45% des personnes à la recherche d'un emploi), pour peu qu'on leur propose "un emploi ferme ou une perspective d'emploi sûre". En outre, les 75% des personnes souhaitant retravailler se disent prêtes à accepter un emploi inférieur à leur qualification, donc moins rémunéré que le précédent. Si les personnes à la recherche d'un emploi cherchent majoritairement un CDI à temps plein, près d'une sur deux serait prête à accepter un emploi à temps partiel ou à durée limitée.
Freins
Les deux principaux freins à la reprise d'un emploi sont l'insuffisance des offres dans le bassin d'emploi et l'inadéquation entre les qualifications et/ou l'expérience des chômeurs et les offres d'emploi proposées, davantage que la question financière. La principale difficulté évoquée par les chômeurs est l'absence ou le faible nombre d'offres d'emploi dans leur région (46%). Cet obstacle concerne plus d'un chômeur diplômé du supérieur sur deux (57%). Les deux tiers des chômeurs citent l'absence de formation adéquate (diplôme en l'occurrence) ou le manque d'expérience.
Finances
La question financière (coûts des transports et de la garde d'enfants notamment), si elle n'est pas déterminante, peut constituer un obstacle à la reprise d'un emploi. C'est même le principal motif de refus (58%), d'autant plus fréquent que le niveau de diplôme est élevé.
La question financière est surtout la principale préoccupation des personnes occupant un emploi. Plus d'une personne interrogée exerçant un emploi sur deux n'est pas satisfaite de son niveau de rémunération. Et 43% des personnes en emploi seraient disposées à travailler plus pour gagner plus, en particulier la majorité des personnes employées à temps partiel.
Les autres motifs d'insatisfaction en emploi sont la pénibilité des conditions de travail (un quart des répondants), le travail temporaire (intérim ou CDD) et le coût lié à la reprise d'activité (les transports sont cités par 36% des actifs).
(Source : La Tribune) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Un emploi, qui même en CDI, a x% de risque de finir en période d'essai ou au bout de 3 ans.
Il n'y a que les jeunes, sans réelles attaches, sans femme/enfants, pas proprio de leur logement, qui déménagent pour travailler. Et ça ne représente pas une personne sur 2. Même les salariés en poste, en CDI depuis 10 ans dans une grosse boite, rechignent a déménager pour une promotion. Le gain de salaire est loin de compenser les frais de déménagement, peu remboursé par la Sté. Et cela, juste d'un point de vue financier, sans parler même du côté moral. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Vu le nombre de personnes qui se sont portées éligibles à la prime à la mobilité de Dominique de Villepin en 2006, on voit que cette allégation, aussi incroyable qu'elle paraisse, semble juste. Si 41.000 ont franchi le pas en acceptant un travail à plus de 200 km de leur domicile, combien ont aussi déménagé pour un emploi à moins de 200 Km de chez eux, et combien songent à le faire si l'opportunité se présente à eux ? Répondre | Répondre avec citation | Citer
On remarque - lire ici… - que la rémunération jugée trop faible des postes offerts constitue l'un des principaux motifs de refus de propositions d'embauche, notamment pour les plus diplômés. Et que le coût de la recherche d'emploi est aussi considéré élevé par 58% des personnes.
On voit aussi que la reprise d'emploi en elle-même a un coût trop lourd (transport, repas du midi, garde d'enfants pour certaines… ce qui confirme que les salaires sont trop bas pour se sentir gagnant à retravailler) et que cette reprise n'a aucunement amélioré la situation financière de 40% des intéressé(e)s : c'est beaucoup.
Ainsi, les paliers prévus par le projet de loi sur "les droits et les devoirs" des chômeurs, qui devront accepter des emplois à des salaires inférieurs à leurs prétentions au fil du temps, officialisent la réalité. Personnellement , les quelques postes qu'on m'a proposés depuis 2001 - année où j'ai été licenciée - furent, dès le début de ma recherche, largement inférieurs à mon salaire antérieur (1.700 € net) et même inférieurs à mon ARE (1.300 €), pour ne pas dire proches du Smic. Une dégringolade aussi incompréhensibl e qu'inacceptable quand on est Bac+2 avec vingt d'ans d'expérience dans l'emploi. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ça nous fait 98% de victimes et 2% de petits malins -
Chiche, Mr le président, ça devrait le faire dans votre style inimitable…
Mais comme ça ne vous arrange pas, vous ne nous la ferez jamais celle-là ! Répondre | Répondre avec citation | Citer