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Accueil s'informer La revue de presse Produits alimentaires : les prix resteront élevés pendant au moins dix ans !

Produits alimentaires : les prix resteront élevés pendant au moins dix ans !

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Après deux ans d'envolée des cours des matières premières agricoles, en pleine crise alimentaire mondiale, ceux qui en profitent comme ceux qui en pâtissent se demandent si les prix retrouveront un jour leurs niveaux passés. Pas dans l'immédiat, concluent l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO) qui publient, jeudi 29 mai, leur quatrième édition des «Perspectives agricoles pour 2008-2017».

Selon l'OCDE et de la FAO, l'épicentre de la production agricole mondiale va continuer à se déplacer vers les pays émergents (Inde, Brésil, Argentine…) dans les dix ans à venir. A l'horizon 2017, ils devraient même arriver en tête de la production et de la consommation mondiale de la plupart des produits de base. Bien que les pays de l'OCDE devraient voir diminuer leur part dans les exportations, ils resteraient en tête pour le blé, les céréales secondaires (maïs, orge…), le porc et les produits laitiers.

Selon les experts de ces organisations, les prix, après avoir atteint des sommets historiques, devraient certes se détendre du fait d'un accroissement de l'offre, mais dans les dix ans à venir ils resteraient en moyenne bien plus élevés que lors de la décennie passée. Leurs projections de prix, en termes nominaux, indiquent une hausse d'environ 20% pour la viande bovine et porcine, de 30% pour le sucre, de 40% à 60% pour le blé, le maïs et le lait écrémé en poudre, de plus de 60% pour le beurre et les oléagineux, et de plus de 80% pour les huiles végétales.

Des causes de plus en plus structurelles

«Ces hausses posent beaucoup de questions. Pour décider de la bonne politique à mener, il faut savoir si les raisons de l'envolée sont temporaires ou permanentes», explique Loek Boonekamp, de la division agriculture de l'OCDE. Les flambées de cours sont fréquentes mais historiquement, elles étaient liées à des événements ponctuels, comme une baisse des rendements provoquée par une sécheresse; les prix retrouvaient assez rapidement leurs niveaux antérieurs. Mais ces derniers temps, la flambée des cours tient à des évolutions structurelles, et notamment au fait que l'offre ne couvre plus la demande. Entre 2005 et 2007, la production mondiale de céréales s'est accrue de 46 millions de tonnes (3%) tandis que la consommation a augmenté de 80 millions (5%). Les stocks, au plus bas, n'amortissent plus les déséquilibres.

Pour l'OCDE et la FAO, d'autres facteurs permanents poussent aussi les prix vers le haut : les cours élevés du pétrole qui font grimper les coûts de production, la croissance démographique, la modification des pratiques alimentaires vers une consommation accrue de viande dans les pays émergents et, enfin, la demande de grains pour les agrocarburants. «Il y a peut-être lieu d'envisager d'autres démarches sans effet indésirable sur les prix alimentaires», préconisent d'ailleurs les experts. Dans les dix ans à venir, les prix devraient être en outre plus instables pour plusieurs raisons : les niveaux de stocks ne devraient pas sensiblement remonter, les conditions météorologiques pourraient devenir plus variables du fait du changement climatique, et la présence accrue de fonds spéculatifs sur les marchés agricoles deviendrait préoccupante.

Les populations pauvres et urbaines seront perdantes

Autant de facteurs que les deux organisations jugent indispensables de prendre en compte pour faire évoluer l'agriculture mondiale. Dans ce contexte, il y aura à la fois des gagnants et des perdants. Les agriculteurs des pays développés en tireront profit, mais aussi ceux des pays en développement si on les aide à investir. En revanche, pour les populations pauvres et urbaines des pays fortement importateurs de denrées, la situation va s'aggraver. «Dans bien des pays à faible revenu, la nourriture représente en moyenne plus de 50% du budget (des ménages)», note le document, qui pointe les effets négatifs des restrictions à l'exportation de céréales décidées par certains producteurs.

Reste la question de comment produire plus pour que l'offre comble la demande et que les stocks se reconstituent. Les auteurs du rapport estiment qu'à moyen terme, des évolutions technologiques restent possibles. Pas de quoi cependant éviter une situation tendue sur les marchés agricoles pendant encore au moins dix ans.

(Source : Le Monde)

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Mis à jour ( Jeudi, 29 Mai 2008 17:19 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-06-02 20:39 Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 7,1% sur un an dans l'Union européenne, soit presque deux fois plus que l'inflation moyenne, à 3,6% sur la même période, selon les chiffres d'avril publiés lundi par Eurostat.

L'institut européen de la statistique précise que certains des pays les plus pauvres de l'Union, en Europe de l'Est, ont été particulièremen t touchés. La Bulgarie a vu les prix de l'alimentaire flamber à 25,4%, quand la hausse s'élevait à quelque 21,7% en Lettonie et 18,3% en Estonie. Les produits laitiers ont mené la danse, bondissant en moyenne de 14,9% sur un an. Le prix des céréales et du pain a gagné 10,7%.

Le phénomène est en partie dû à de mauvaises récoltes et une demande croissante des pays en développement, selon le porte-parole de l'UE Michael Mann. L'utilisation des terres agricoles pour les biocarburants n'a eu qu'un impact "marginal", a-t-il ajouté.

Le Portugal, les Pays-Bas et la France ont été les plus épargnés par la progression des prix alimentaires, avec des taux respectivement de 3,2%, 5,4% et 5,5%.

(Source : Le Nouvel Obs)
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0 # superuser 2008-06-04 23:02
Lire l’interview de Ndiogou Fall, président du Réseau des organisations paysannes de producteurs d'Afrique de l'Ouest (Roppa), pour le journal Le Monde.
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