Dans la peau d'un SDF. A l'initiative d'Augustin et Pascal, Les Enfants de Don Quichotte se sont mis à la rue pour fédérer les sans-logis et les bien-logés autour de l'idée d’un camping solidaire.
Citoyen et apolitique, ce mouvement entend défendre les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution française, comme le droit à une vie décente et à des moyens convenables d’existence. Par cette action, il souhaite informer les Français des chiffres alarmants concernant les SDF (entre 86.000 et 400.000 en France selon les sources, 43 ans d’espérance de vie, 30% d’entre eux travaillent, 65% d’entre eux ont droit au RMI et à la CMU mais ne l’ont pas, etc…) et leur proposer de camper en masse par solidarité pour demander à l’Etat d'agir vite et efficacement pour tous ces sans-abris qui dorment dehors, hiver comme été.
>>> VOIR LES PHOTOS <<<
Articles les plus récents :
- 20/12/2006 17:45 - Affaire des "Recalculés" : Décision le 31 janvier 2007
- 20/12/2006 17:03 - Comment démocratiser le syndicalisme ?
- 19/12/2006 22:51 - Ami DALE, as-tu les boules ?
- 18/12/2006 17:17 - Les Recalculé(e)s en Cassation le 19 décembre
- 18/12/2006 13:05 - Alternatives Economiques : un hors-série sur l'emploi
Articles les plus anciens :
- 16/12/2006 01:00 - Abus de "low cost" : EasyJet épinglée
- 15/12/2006 20:18 - En finir avec les numéros surtaxés !
- 15/12/2006 15:27 - Comment l'UMP asphyxie peu à peu le Droit du travail
- 12/12/2006 12:10 - Les handicapés pour un "véritable revenu d'existence"
- 06/12/2006 09:36 - Bourgeois Découpage résiste au chantage à l'emploi






Commentaires
Un an après la décision de Médecins du Monde de distribuer des tentes pour "rendre visibles" les sans-abris et réclamer des "solutions d'hébergement durable", une nouvelle association, les "Enfants de Don Quichotte" a installé depuis samedi une centaine de tentes. Alignées quai de Jemmapes, dans le 10ème arrondissement de Paris, elles visent à mobiliser l'opinion sur les responsabilités de l'Etat.
"J'en avais marre de voir des gens crever en bas de chez moi", explique Augustin, intermittent du spectacle et fondateur de l'association qui propose notamment à des "biens logés" de dormir dans des tentes par solidarité avec les SDF. Depuis fin octobre, Augustin et son ami Pascal vivent volontairement dans la rue et ont tenté début décembre de créer un campement géant devant l'Assemblée nationale. Ils ont été évacués par les forces de l'ordre mais leur idée a donné lieu à de nombreuses solidarités et des échanges passionnés sur le net en faveur d'un "mouvement de contestation civile" pour exiger des logements durables pour les plus démunis.
"Si de telles initiatives de solidarité se multiplient, c'est bien que le problème est loin d'être réglé", estime Graciella Robert, de Médecins du Monde. "L'installation de tentes à Paris continue manifestement de déranger mais le vrai scandale, ce ne sont pas les 400 tentes, c'est l'absence de logements adaptés !"
Fin novembre, une vingtaine de tentes dont quatre de MDM avaient été détruites lors d'une évacuation par la police place de la République. De même, la semaine dernière, l'ONG a constaté la disparition de trois tentes dans le 14ème, malgré la mobilisation de riverains pour empêcher l'expulsion de ces SDF. Quai d'Austerlitz (13ème), les SDF abrités dans une quarantaine de tentes se disent également l'objet de menaces régulières. "L'association de la Halte (Gare de Lyon) nous a dit plusieurs fois que la police allait nous évacuer, explique l'un d'entre eux. "Personne ne nous prévient officiellement, on ne sait pas d'où vient la menace".
MDM demande "l’arrêt immédiat des déplacements des tentes sans solution d'hébergement adaptée", avant de s'interroger : "La solution est-elle de continuer à chasser les occupants des tentes dans le froid, alors que les mesures annoncées par le gouvernement, déjà en deçà des besoins constatés au niveau national, ne sont pas encore effectives ?"
"Notre travail de suivi en prend vraiment un coup", ajoute Graciella Robert. "Les sans-abri sont priés de décamper de Paris dans le froid, c'est inacceptable". Ces SDF, chassés du centre de la capitale, vont souvent se réfugier dans les bois des alentours ou près du périphérique, où ils sont totalement isolés. Répondre | Répondre avec citation | Citer