Manif nationale annuelle ! Chaque année à l’approche des fêtes, les chômeurs français comptent leurs forces et leur capacité à se mobiliser contre la précarisation croissante des parcours professionnels. En ce 2 décembre 2006, les associations et collectifs de chômeurs n’ont pas dérogé à la règle. Ainsi, le MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires) l’APEIS et AC ! (Agir ensemble contre le chômage), ont affrété des bus pour permettre à leurs sympathisants de province de fondre sur la capitale pour faire entendre leurs voix et fixer la voie d’une mobilisation unitaire et représentative. Malheureusement, les meilleures volontés se heurtent souvent à la triste réalité, et seuls quelques milliers (entre 1.000 et 2.000 selon la police, 4 à 5.000 selon les organisateurs… aux calculettes défectueuses) ont arpenté le bitume parisien, sur un itinéraire empruntant des rues généralement étroites, entre la place de la République et le siège de l’UNEDIC dans le XIIe arrondissement.
La CGT Chômeurs aux «abandonnés absents»
Derrière les 300 à 400 personnes réunies autour des étendards du MNCP (la plus forte délégation présente) manifestaient les rangs clairsemés de l’APEIS (entre 150 et 250 personnes) et d’AC ! (entre 100 et 200). La CGT Chômeurs n’avait pour sa part pas jugé utile d’envoyer la moindre délégation. Fort judicieusement, plusieurs collectifs de sans papier et de sans logement (emmenés par le DAL – Droit au logement) avaient glissé leurs maigres troupes dans le cortège qui se terminait par les adhérents et sympathisants de quelques organisations syndicales (CNT, Sud…).
Si le chômage et l’emploi restent la première préoccupation des Français (selon les sondages), dans la rue, c’est semble t’il, la préparation des festivités de fin d’année qui mobilise nos concitoyens.
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Commentaires
Si nous n’avons pas appelé officiellement à manifester, c’est parce que nous laissons à chacune et à chacun le soin de se déterminer ; notre «désengagement» correspond à notre façon de voir les choses : Inutile de susciter la mobilisation là où elle n’existe pas ou plus, ou par intermittences quand les événements l’imposent (comme dans l’affaire des Recalculés de l’UNEDIC/Assedic).
Nous saluons néanmoins – bien évidemment – le travail mené par les collectifs cités plus haut (MNCP, APEIS, AC !), auquel nous nous associons parfois, à notre manière. Mais l’heure n’est plus à l’agrégation factice que quelques bonnes volontés feignent d’entretenir. L’heure est – malheureusement – au lobbying social qui passe par d’autres voies que celles de la rue.
Nous ne représentons rien mais nous sommes représentatifs
Les chômeurs et précaires doivent s’organiser sur d’autres modes d’action qu’il nous faut inventer. En cela, ici, nous remplissons une première fonction (ou fonction première) qui consiste à préparer la riposte de demain. Nous n’en avons ni les clés ni les moyens financiers ni les réseaux, mais nous savons qu’elle se prépare pas très loin de nous, si ce n’est en nous.
Nous ne pesons rien mais beaucoup. Nous ne représentons rien mais nous sommes représentatifs. Nous ne comptons pas mais beaucoup comptent sur nous. Ce sont tous les paradoxes de notre engagement virtuel et, parfois, bien réel. Nous sommes au tournant d’une aventure qui nous dépasse un peu, disons-le, parce que nous sommes dans le vrai et que la vérité finit toujours par payer.
Nos réussites ne doivent rien au hasard : En moins de deux mois, notre audience a fait plus que doubler, à 6.000/7.000 visites par jour contre 3.200 début novembre. Ce n’est pas par hasard non plus qu’en un an nous avons été entendus et supportés par la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations ) et largement relayés par les médias, sur les questions du chômage des Seniors. Ce n’est pas par hasard que deux procès sont en cours à Niort et à Bordeaux dans le cadre de nos plaintes contre les discriminations à l’embauche (et qu’un autre pourrait avoir lieu à Amiens). Ce n’est pas un hasard si un des responsables du site Actuchomage est traduit en correctionnelle (date d’audience en attente) pour «incitation à la commission de délits» pour avoir simplement laissé un message pendant 48 heures sur les forums du site (affaire «Radiateur»). Enfin, ce n’est pas par hasard que nous lançons un nouveau site www.renovation-democratique.org qui recevra François Bayrou, après Besancenot, Laguiller, Dupont-Aignan, Le Pen (et tant d’autres).
Un budget de 2.500 euros en deux ans
Nous sommes vus, lus et, parfois, entendus. Les dossiers que nous avons ouverts sont nombreux et souvent inédits. Ils nous valent chaque mois la visite de centaines d’universitaire s et d’institutionne ls (ANPE, Assedic, ministères…). Ainsi approfondissons -nous les thèmes suivant : Quels sont les vrais chiffres du chômage ? – Les forces de gauche face à la rénovation démocratique – Pour une meilleure représentation des chômeurs et précaires là où se joue leur sort – Dénonciation de toutes les formes de discrimination anti-vieux, anti-jeunes, anti-Français issus de l’immigration… Et nous pouvons continuer comme ça longtemps à égrener nos engagements menés depuis deux ans… seulement deux ans !
Nous sommes entrés dans l’ère de la société de l’information et Actuchomage, Inter-Emploi et Rénovation-démocratique, nos trois sites, s’y inscrivent de plain-pied après seulement 24 mois d’existence… Et tout cela avec un budget de 2.500 euros en deux ans !
Oui, vous avez bien lu ! Voilà ce que nous avons réalisé avec cette somme dérisoire. Nous n’en tirons pas grand prestige mais une grande satisfaction. Pas celle qui flatte notre ego mais celle qui nous démontre que TOUT EST POSSIBLE… pour nous et pour vous. N’est-ce pas là la plus juste récompense d’un travail collectif exemplaire qui fédère aujourd’hui près de 200.000 visites par mois et en recueillera près de 500.000 à l’horizon avril 2007. Nous ne l’envisagions pas ! Merci à toutes et à tous.
Yves Barraud - Président d’APNÉE/Actuchomage. Répondre | Répondre avec citation | Citer
«Plus importante que l’année précédente, la manifestation « contre le chômage et la précarité, pour la justice sociale» a rassemblé 5 000 chômeurs et précaires ce 2 Décembre dans les rues de Paris. De la place de la République à la rue Montgollet (siège de l’UNEDIC) les manifestants réclamaient le droit à un véritable emploi, le droit à un revenu décent, le droit à la parole et à la représentation des chômeurs et précaires.
Le Nord Pas de Calais était bien représenté avec une forte délégation d’AC ! venue du Pas de Calais (Liévin, Oignies, Arras, Calais) et du Nord (Armentières et Métropole Lilloise) avec ses cinq banderoles et ses slogans. Au milieu des quartiers populaires des 10, 11 et 12ème arrondissement les chômeurs et précaires ont voulu crier la nécessité de répondre à l’urgence sociale et interpeller les politiques pour qu’afin la lutte contre toutes les formes d’exclusions devienne une priorité avec un véritable partage du travail, un véritable partage des richesses».
Serge HAVET - Président, Annie THOMAS, Animatrice Permanente - Jacques DESIDERI, Secrétaire Répondre | Répondre avec citation | Citer
J'étais présent aux trois.
Pour moi :
• Entre 5.000 et 6.000 personnes en 2004.
• Entre 3.000 et 4.000 personnes en 2005.
• À peine 2.000 personnes en 2006.
Combien en 2007 ? Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ça relativise, forcément ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Bonjour,
Je souhaite faire un commentaire sur l'article "Où sont les chômeurs ?". En tant que chômeur, je suis triste que cette manifestation ait connu un échec. Je suis aussi affligé par la guéguerre entre les associations de chômeurs qui ne sert pas la cause des précaires.
A l'avenir, ne serait-il pas plus judicieux d'organiser des manifestations simultanées dans plusieurs villes (au moins une par département) ? Ca permettrait d'avoir plus de monde.
En ce qui me concerne, j'aurais bien voulu participer à la manifestation, mais étant au RMI, je ne peux pas me permettre de me payer un trajet jusqu'à Paris.
Ce qui a aussi desservi la manifestation, c'est que les médias n'en ont pas parlé et que beaucoup de chômeurs n'ont pas Internet et n'ont pas pu être au courant.
Pour les fêtes de fin d'année que vous évoquez, il s'agit d'une corvée imposée pour que l'on consomme. Si les gens font leurs courses, c'est qu'ils se sentent obligés de faire la fête : nous sommes saturés par les spots télés pour les Mon Chéri, le foie gras Labeyrie,…
Je peux vous assurer que les fêtes de fin d'année, ça barbe pas mal de monde. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Cela fait un petit moment que je suis votre site. Mais cet article m'invite, m'incite à intervenir sur cette problématique de savoir qui sont les chômeurs…
Je me présente, je m'appelle jean-marc comme le pseudo l'indique et je m'occupe d'une petite asso de chômeurs en Dordogne. Ce que je trouve alarmant c'est qu'on s'étonne toujours de savoir où sont les chômeurs, les précaires alors qu'on ne se demande rarement QUI ils sont. Et là, c'est certainement le noeud gordien du problème.
Il n'y a pas un groupe identifiable comme des salariés dans une entreprise. Les réalités des chômeurs sont tout aussi différentes qu'il y a de chômeurs et de précaires.
Beaucoup voudraient que les chômeurs soient une entité bien définie dans un cadre, exactement comme les salariés avec les syndicats or cette réalité est fausse. Tant que personne ne se posera vraiment la question de savoir qui est qui en ce qui concerne les chômeurs rien n'avancera vraiment. Le problème repose bien sur le fait qu'il n'y a pas une homogénéité singulière laquelle permettrait de rentrer dans un discours formaté et précis.
En cela la récente enquête d'AC! montluçon en réponse à l'arrogance actuelle explique bien cette différence fondamentale entre un discours à l'intérieur d'un cadre précis et la réalité vécue par les chômeurs et leurs buts.
Il serait peut-être temps de s'intéresser à ceux, celles dont on parle le plus mais dont personne ne connait vraiment la réalité. Ce qui oblige à quitter le discours politique et à entrer dans une réalité différente que la plupart nomme sociale et ne veulent pas entendre parler. Je sais que ce genre de positions en gêne beaucoup. Mais c'est ainsi.
Je pourrai très bien avoir une position politique et le discours qui va avec mais il y a de grandes chances que je ne vois plus ou presque plus de chômeurs mais uniquement des militants d'organisations classiques.
Répondre | Répondre avec citation | Citer(France info avait donne l heure et le lieu de rassemblement parisien pendant toute la matinee de ce samedi)
Ce que les medias ont retenu de cette manifestation (rassemblement?) c est que les chomeurs reclamaient la revalorisation de la prime de noel afin qu elle passe à 500 euros.
Quelle caricature ! (personnellemen t je n ai pas entendu ce slogan scande) mais bien commode, puisque les medias n ont eu de cesse d accrediter la these que tous les chomeurs ne sont que des profiteurs privilegiés. A l occasion de cet evenement ils en remettent une couche.
(D'ailleurs, "la prime de Noel" n est pas versee à tous les chomeurs loin s en faut)
A t on vu dans les journaux tv un des organisateurs de la manif' interrogé pour s exprimer sur les raisons de cet evenement? En ce qui me concerne je n ai rien vu.
Seulement de la caricature.
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