L'Unedic et l'Assedic avaient formé un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 9 septembre 2004, qui confirmait un jugement du Tribunal de grande instance (TGI) de Marseille du 14 avril 2004. Cette décision restaurait leurs indemnités à trente-cinq demandeurs d'emploi signataires d'un PARE (plan d'aide au retour à l'emploi), radiés depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle convention chômage signée en 2002, qui recalculait les durées d'indemnisation. Il s'agissait d'une première en France, qui avait été suivie de nombreuses décisions similaires. Le 3 mai 2004, le ministre de l'emploi, Jean-Louis Borloo, avait annoncé le rétablissement par décret des chômeurs "recalculés" dans leurs droits.
"Le PARE n'est pas un contrat"
Le pourvoi en cassation de l'Unedic et de l'Assedic contre l'arrêt de la cour d'appel d'Aix revêtait cependant une valeur symbolique, qu'ont souligné l'avocat des deux organismes sociaux, Emmanuel Piwnica, et celui des associations de chômeurs, Arnaud Lyon-Caen. C'est la première fois que la plus haute juridiction française était amenée à se prononcer sur le sujet.
Le TGI de Marseille et la cour d'Aix avaient estimé que la nouvelle convention d'assurance-chômage avait rompu le contrat liant l'Unedic et l'Assedic aux chômeurs à travers le PARE. "On se trouve bien en présence d'un contrat conclu entre l'Assedic et les demandeurs d'emploi", a plaidé à son tour mardi Me Lyon-Caen. Or pour l'Unedic et l'Assedic Alpes-Provence, "le PARE n'est pas un contrat", a affirmé Me Piwnica, faisant valoir que "le régime d'assurance-chômage résulte de la loi et ne laisse pas de place au domaine contractuel".
L'argument a été repris par l'avocat général Pierre Foerst, qui a estimé que "le PARE ne crée aucune obligation nouvelle et ne fait que reprendre des obligations fixées par la loi". Il a ainsi requis la cassation de l'arrêt de la cour d'appel d'Aix. La chambre sociale de la Cour de cassation rendra son arrêt le 31 janvier 2007.
(Source : Le Monde)
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Commentaires
Sophie, Sylvie, Fred, Philippe, Hervé, Yves… nous avons toutes et tous porté plainte contre les Assedic et l'UNEDIC, fin 2003, pour cette affaire de «recalcul» des droits. Pour faire simple : Alors que nos notifications d'admission à l'assurance-chômage nous garantissaient 30 mois d'indemnisation, cette durée a été amputée de 7 mois par décision rétroactive. Un vrai scandale !
35 «Recalculés» emmenés par Charles Hoareau (de la CGT-Chômeurs) portèrent plainte à Marseille, et 23 à Paris (emmenés par AC !, l'APEIS, le MNCP et la CGT). Des centaines s'engagèrent plus tard.
Ces 58 «Recalculés» (dont nous fûmes et nous en sommes très fiers) permirent à 850.000 chômeurs indemnisés dans le cadre du PARE d'être réintégrés dans leurs droits, contraignant le gouvernement à débloquer 2 milliards d'euros. Il s'agit d'une des plus grandes victoires sociales de ces dix dernières années !
Et elle réunissait des personnes issues de toutes les origines socioprofession nelles : ouvrier, employé, ingénieur, cadre supérieur - et de toutes les sensibilités politiques.
Ainsi, comptons-nous dans les membres fondateurs d'APNÉE un sympathisant UMP… et une militante d'extrême gauche, engagés pour la même cause.
C'est dans ce terreau fondateur que s'enracine notre engagement militant, au service des demandeurs d'emploi, des précaires, et en faveur de la rénovation de nos pratiques démocratiques.
Yves Barraud Président d'APNÉE - Alternatives Pour une Nouvelle Économie de l'Emploi. Répondre | Répondre avec citation | Citer
La réponse est simple : Si nous avons gagné notre procès contre les Assedic et l'UNEDIC en première instance, nous avons perdu en appel. Qu'importe, entre-temps nous avions été rétablis dans nos droits par Jean-Louis Borloo.
Mais nos camarades de Marseille ont gagné en première instance et gagné en appel. Les Assedic et l'UNEDIC ont donc été contraints de se pourvoir en cassation.
Malheureusement , il semble que la décision d'appel (favorable aux "Recalculés" marseillais) puisse être "cassée".
Réponse le 31 janvier. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Dans le cas où la Cour de cassation viendrait à rendre légal le "recalcul", cela pourrait avoir des conséquences pour l'avenir : car la cour de cassation "légitimerait" alors le principe de rétroactivité sur tous les acquis sociaux.
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