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L’absentéisme au plus bas dans les entreprises

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Du jamais vu depuis cinq ans. L’an dernier, les salariés du privé ont été absents 14 jours en moyenne contre 14,5 en 2010.

Le taux d’absentéisme tombe ainsi à 3,84%, soit le plus faible niveau depuis 2007.

«La principale raison tient à la crise», explique Olivier Gignoux, le directeur du pôle social d’Alma Consulting Group, qui a réalisé la quatrième édition de ce baromètre. Face à la hausse du chômage, les employés veulent à tout prix conserver leur job. Pour preuve, ceux du BTP (10,8 jours) et de l’industrie à 3,58% (13,1 jours), exerçant dans des milieux pourtant très exposés aux accidents du travail, sont les deux meilleurs élèves. Et pour la première fois, avec un taux de à 3,32% (12,1 jours), le secteur des services rejoint le trio de tête de l’assiduité.

Autre explication avancée, la meilleure prise en compte du phénomène par les dirigeants. «Parmi les indicateurs du coût du travail, l’absentéisme est de plus en plus observé et suivi. Il est considéré comme un indicateur du climat social et un sujet déterminant dans l’évaluation de la bonne santé d’une organisation», indique Vincent Taupin, président d’Alma Consulting Group. «Il faut cependant nuancer en analysant les facteurs comme les secteurs d'activité, l'organisation du travail ou la taille de l'entreprise qui constituent des critères d'évaluation importants pour l'analyse du phénomène», prévient Olivier Gignoux.

A l’inverse du BTP ou de l’industrie, le secteur de la santé, qui se dégrade depuis 2007, enregistre un taux record cette année avec 6,61% (soit 24 jours d’absence). «La féminisation des équipes, le management, l’organisation du travail ainsi que les contraintes économiques et budgétaires que connaît le secteur, participent de manière significative à cette hausse», analyse le baromètre. Les transports ne sont pas en reste avec 18,7 jours.

Au final, la situation est meilleure dans les grands groupes (3,7%, en dessous de la moyenne nationale), qui connaissent un absentéisme plus faible que dans les PME (4,32%) et les ETI (4,58%). «Les grands groupes ont davantage de moyens d’actions, des politiques structurées favorisant la présence des salariés», explique l’étude. Les cadres, quant à eux, obtiennent cette année encore la palme de l’assiduité (1,53%, soit 5,6 jours).

Sur le plan géographique, la carte de France de l’absentéisme enregistre un renversement de tendance : le Nord, avec 15,2 jours d’absence, dépasse le Sud (13,9 jours pour la Méditerranée et 13,8 jours pour le Sud-Ouest). Les raisons tiennent principalement au tissu économique composé essentiellement de PME qui enregistrent cette année des taux en forte hausse. Le secteur Rhône-Alpes prend la deuxième place avec 14,2 jours. Le bassin parisien (13,8 jours), avec un contexte d’emploi plus dynamique et plus mobile qu’ailleurs, enregistre cette année encore un des taux les plus faibles. Le Grand Ouest remporte la palme de la présence au travail (13,4 jours).

Pour la première fois cette année, Alma Consulting Group a évalué le coût direct de l’absentéisme en France : il s’élève en moyenne à 37 euros par salarié et par jour d’absence.

(Source : 20 Minutes)


NDLR : Cette info est considérée comme "une bonne nouvelle pour les chefs d’entreprises" qui, malgré une conjoncture morose et des perspectives peu engageantes, "peuvent compter sur l’assiduité de leurs salariés"... Pourtant, selon une étude récente évoquée par La Tribune, plus de neuf salariés sur dix (92%) déclarent souffrir d’épuisement professionnel dans leur emploi actuel, et 19% d’entre eux disent être en état d’épuisement permanent.

Il est vrai que la plupart ne veulent pas s'absenter, contre l'avis de leur médecin. Ainsi témoignait un docteur sur Rue89 : «Moi, j'ai plutôt des problèmes avec les gens qui refusent de s'arrêter. D'abord, parce qu'ils ne toucheront que la moitié de leur salaire. Et la deuxième raison, c'est la peur de perdre son emploi : celui qui s'arrête, c'est celui qui pénalise l'entreprise et il sera le premier sur la liste en cas de licenciements. L'arrêt maladie, ça devient un luxe».

En vérité, les abus d'arrêts maladie sont très rares :




On se glorifie du recul de l'absentéisme, mais on ne parle jamais des dégâts du présentéisme, bien plus onéreux. Une culture très masculine qui favorise les inégalités entre hommes et femmes dans l'entreprise. Mais, plus prosaïquement, un salarié grippé qui va quand même au travail, commet des erreurs parce qu'il n'est pas du tout en forme et, de surcroît, contamine ses collègues, est-ce vraiment intelligent ? Un salarié qui souffre de troubles-musculo-squelettiques et ne s'arrête pas, quitte à devenir complètement paralysé, est-ce que cela ne coûte pas encore plus cher ensuite non seulement à la Sécu, mais à l'intéressé lui-même ?

Autre sujet soigneusement éludé : les causes de l'absentéisme, symptôme significatif d'une mauvaise organisation du travail et d'un climat social dégradé.

Enfin, contrairement à ceux qui veulent nous faire croire que les Français sont paresseux et abusent des arrêts de travail, une étude a montré que, sur ce point, nos salariés sont en dessous de la moyenne européenne. Elle date de 2007 : or elle est plus que jamais d'actualité puisque, depuis cinq ans, notre taux d'absentéisme a reculé pour atteindre le niveau actuel, un "record" dont peut se réjouir le patronat.

SH

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Mis à jour ( Mercredi, 05 Septembre 2012 02:10 )  

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