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Accueil Social, économie et politique La Gauche a déjà perdu la bataille des ordonnances

La Gauche a déjà perdu la bataille des ordonnances

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Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Muriel Pénicaud ont gagné sans même combattre.

altGérard Filoche, dont je respecte et salue les engagements… improductifs, ne s’est pas encore résigné à admettre que les carottes sont cuites depuis des lustres.

Les «forces de Gauche» ne perturberont plus la marche en avant du rouleau compresseur ultralibéral de la déréglementation du travail, de la destruction progressive et coordonnée des droits des travailleurs.

Dans l’entretien vidéo ci-dessous, il admet cette impuissance à contrarier la dynamique dévastatrice, constatant que malgré son ampleur, la mobilisation contre la Loi El Khomri n’a abouti à rien.

Le vaillant militant des causes perdues estime que seule l’occupation des usines, comme en 1936 et 1968, pourrait faire reculer le gouvernement, et derrière lui le patronat. Mais Gérard Filoche est un homme du siècle passé, un temps révolu.

Il suffit de poser notre regard sur le visuel d’introduction de sa vidéo «Gauche Démocratique & Sociale» (notre photo) pour évaluer le fossé entre ce que Filoche incarne et la réalité de la France d’aujourd’hui.

Qu’y voit-on ? Que des blancs à lunettes et cheveux grisonnants, des plus de 50/60 ans dont beaucoup sont probablement à la retraite.

Tous ces militants de la première et dernière heure se retrouvent probablement dans les valeurs de cette Gauche humaniste et universaliste qui encourage la libre circulation des travailleurs depuis 60 ans et s'étonne aujourd'hui que ces flux non maîtrisés aient complètement déstructuré le marché du travail et annihilé ses capacités d'opposition aux réformes ultralibérales.

Ils s'interrogent de savoir comment mobiliser les salariés derrière une cause commune alors qu'ils ont œuvré, et œuvrent toujours, à la segmentation et à la division des travailleurs.

Vous dilapidez vos dernières forces en pure perte Camarades ! Il y a trop longtemps que vous savonnez la planche sur laquelle vous espérez encore vous hisser.

Car comment réunir sous une même bannière le salarié et l'intérimaire, l'intérimaire et le travailleur détaché polonais, le détaché et le Syrien, l'exilé politique et le migrant malien, l'immigré en situation régulière et le clandestin ?

IMPOSSIBLE !

Une militante de la CGT nous assurait il y a quelques années que sur le chantier de la centrale nucléaire de Flamanville cohabitaient 14 nationalités (et probablement autant de statuts professionnels). Pour diffuser ses revendications, l’organisation se voyait donc contrainte de traduire en 7 langues ses tracts, réduisant à néant la réactivité de l’action syndicale et donc ses capacités de mobilisation.  

Quand Karl Marx et Friedrich Engels appelaient les prolétaires de tous pays à s’unir, ce n’était pas sur un même territoire, mais bien à faire cause commune par-delà les frontières. Si Marx avait été parmi nous dans les années 60, 70, 80… jusqu’à nos jours, sans doute aurait-il alerté ses camarades de l’inéluctabilité de la destruction des droits sociaux sous la pression de la libre circulation des hommes, des marchandises et capitaux. Une évidence !

Même en faisant abstraction des interférences internationales, aujourd’hui en 2017, qu'est-ce qui unit le salarié d'un grand groupe industriel et celui d'une PME ? Pas grand-chose !

S'il reste encore des poches de résistance (de travailleurs animés de revendications partagées), on les trouve pour l'essentiel dans la fonction publique, dans des corps qui bénéficient (comme les «cheminots») de régimes spéciaux qui finiront pas tomber. C’est inéluctable !

Ces «privilégiés» sont-ils prêts à se mobiliser pour le salarié d'une petite entreprise de province ? Certainement pas ! Et réciproquement.

Il n'y a plus rien à attendre de la contestation de rue, concède Filoche en fin d'interview, qui fonde son seul espoir sur les occupations d'usines qui pourraient peser sur le gouvernement et le patronat.

Mais mon pauvre Gérard, il n'y aura plus d'occupations d'usines parce qu'il y en a de moins en moins en France, et que dans ces usines, le salarié côtoie l'intérimaire, qui côtoie le travailleur détaché, qui côtoie l'immigré en situation régulière, qui côtoie l'immigré clandestin…

Quand ils analysent la radicalisation de certains segments de population, les sociologues y distinguent les soubresauts d’une «crise identitaire». Mais à Gauche, elle est plus profonde encore par l'éparpillement des travailleurs en une multitude de statuts et sous-statuts. Car aux salariés, aux détachés, aux immigrés, aux clandestins, migrants, exilés…, il faut ajouter les auto-entrepreneurs, les indépendants, les «ubérisés», ceux qui bossent au black et les 6,5 millions d’inscrits à Pôle Emploi.

Ces populations disparates sont-elles prêtes à se lever d'un seul corps contre le système qui enracine sa domination dans la diversité des origines, des traditions, des aspirations et des statuts… et leur mise en concurrence protéiforme ? C’est une illusion de le croire encore !

Le combat est perdu parce que les patrons ont gagné avec la complicité de cette Gauche qui, depuis les années 70 sous couvert d’humanisme et d’universalisme, favorise l'ouverture des frontières, la libre circulation des hommes, donc la mise en concurrence (faussée) des travailleurs entre eux.

Le Merle Moqueur

===> Voir l'interview de Gérard Filoche

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Mis à jour ( Samedi, 18 Novembre 2017 01:18 )  

Commentaires 

 
+1 # Yves 2017-09-26 19:18 Quand Georges Marchais, Secrétaire général du Parti communiste français, dénonçait la mise en concurrence des travailleurs entre eux, sur fond de chômage (discours de Pantin, le 27 mars 1980) : «Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de deux millions de chômeurs, français ET immigrés».

www.youtube.com/watch?v=WNOiZMrd3wQ
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0 # Yves 2017-09-30 00:52 Lettre ouverte à l'ensemble des composantes du mouvement social

Le 12 septembre a marqué une premier pas dans l’opposition des salarié-es aux projets contenus dans la politique anti sociale du gouvernement Macron et du patronat.

Comme le 9 mars 2016 dans la grève et les manifestations, les salarié-es, retraité-es, les jeunes, les précaires ont exprimé avec force leur refus de laisser 70 ans de conquêtes sociales disparaître. Le gouvernement applique le projet de société du Medef, une société de concurrence exacerbée et de dumping social.

C'est dans ce cadre que la loi Travail 2 précarise l’emploi, facilite les licenciements et bouleverse les relations et les normes sociales. La dérégulation du droit du travail à pour tou-te-s les salarié-es aura pour effet une fragilisation du contrat de travail et une amplification du nombre des travailleurs/ses pauvres, notamment dans la jeunesse. C'est aussi une régression importante pour les femmes.

Les ordonnances ne sont que la première pierre d’un vaste chantier de destructions massives annoncées : retraites, sécurité sociale, logements, aides sociales et assurance-chômage mais aussi dégradation et privatisation des services publics, dans un contexte de remise en cause des libertés publiques.

Face à ces attaques nous sommes à un tournant historique où nous n’avons pas d’autre alternative que d’organiser un puissant mouvement social et de lui donner les moyens stratégiques d’être gagnant.

L’Union syndicale Solidaires a appelé à la grève le 21 septembre l’ensemble des travailleurs et des travailleuses. Elle a décidé de faire de même pour le 10 octobre. Nos équipes invitent, sur le terrain, les salarié-e-s à venir nombreux/ses dans les Assemblées générales pour s’exprimer sur les modalités d’action et le blocage de l’économie qui est pour nous nécessaire pour construire le rapport de force.

Nous pensons que des journées d’action espacées dans le temps ne suffiront pas, nous avons besoin d’appels communs. Les expériences passées et récentes nous le montrent et les salariè-es nous le demandent. Nous devons donc très rapidement tenter de faire converger et d’élargir toutes les luttes, afin de créer les bases d’un mouvement interprofession nel reconductible qui rassemble les salarié-e-s du public et du privé, les chômeurs/ses, les retraité-e-s, les jeunes.

Dans ce cadre, les appels qui se préparent doivent s’inscrire dans un calendrier social permettant l’engagement de tous et toutes, car nul doute que le gouvernement et le Medef agiront en ciblant des catégories, des thématiques, espérant ainsi diviser les salarié-es et nos luttes.

La généralisation de la lutte demande un travail d’explication, qui serait d'autant plus fort s'il était porté de façon unitaire.

Nous pensons qu’il nous faut installer un «front unitaire» des forces syndicales, associatives et politiques, pour s'opposer à la politique anti sociale menée par la classe dominante. Nos histoires respectives, nos différences, nos divergences ne doivent pas être des obstacles pour nous réunir sur l’essentiel, comme nous avons su le faire par le passé, souvent de manière victorieuse, il en va de notre responsabilité collective.

Aussi, l’Union syndicale Solidaires vous propose de nous rencontrer et de débattre de nos analyses de la situation et des nécessaires formes de mobilisation, de leur coordination pour les jours et semaines à venir, le 4 octobre à 18h00 à la bourse du travail.
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