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Une réforme de l’assurance-chômage sans les chômeurs ?

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Les organisations de chômeurs seront-elles entendues par le Président de la République et le gouvernement dès l’ouverture des consultations prévues dans le cadre de la réforme de l’assurance-chômage ?

altLe Premier ministre a annoncé jeudi lors d'un discours devant l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis) que l’exécutif visait une adoption définitive à l'été 2018 de sa prochaine réforme de l'assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l'apprentissage, dont le projet de loi arrivera au Parlement «au printemps» après une concertation de six mois.

«Nous allons engager la concertation. Et quand je dis "nous", j'entends le président de la République d'abord, le Premier ministre ensuite, la ministre du Travail, avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales», a déclaré Édouard Philippe. «Nous allons le faire en prenant notre temps (...). Nous avons fixé un délai d'environ six mois pour penser, réfléchir, discuter avec les organisations syndicales et patronales», a-t-il confirmé au sujet des entretiens qui doivent commencer début octobre.

Le MNCP (Mouvement National des Chômeurs et Précaires) n’a aucune information à ce jour sur la volonté du gouvernement de consulter les premiers intéressés. Il serait inacceptable que cette réforme se fasse sans que nos organisations soient officiellement consultées.

Le MNCP prendra toutes les initiatives nécessaires pour rappeler au gouvernement que les six millions de chômeuses, chômeurs et précaires sont des citoyens-nes que l’on ne peut continuer à traiter par le mépris en leur refusant toute existence sociale.

Jacqueline Balsan (notre photo) - Présidente du Mouvement National des Chômeurs et Précaires


Note de la Rédaction d'Actuchomage : Nous soutenons évidemment cette déclaration de notre Amie Jacqueline et du mouvement qu'elle représente. Cela fait 14 ans que nous dénonçons la non représentation des organisations de chômeurs et précaires là où se décide leur sort, là où se discutent les grandes orientations des accompagnements sociaux : Conférences sociales organisées sous François Hollande, Unédic (où se négocie l'indemnisation des chômeurs) et bien évidemment l'Assemblée nationale (dans les commissions chargées d'évaluer projets de loi et dispositifs d'accompagnement) et le CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental), un machin qui ne sert à rien d'autre qu'à assurer une confortable rente aux Amis du pouvoir (principalement les organisations patronales et syndicales) : 3.000 € par mois pour un minimum de 4 jours de présence (que beaucoup n'effectuent même pas, l'absentéisme à répétition n'étant en aucun cas sanctionné).

À ce propos, en novembre 2015, nous interpellions Madame Françoise Geng (CGT), Présidente de la section en charge du travail et de l'emploi du CESE, sur l'absence de représentants des organisations de chômeurs et précaires. Elle nous répondit avec une pointe d'ironie (et de mépris) : «Ce serait une note un peu pessimiste de considérer que le chômage longue durée et les chômeurs en général doivent être inscrits dans le marbre de la troisième assemblée de la République».

Ah bon, parce que le chômage de masse et la précarité ne sont pas inscrits dans le marbre de la République depuis 40 ans ?

On a compris le message. Chômeurs et Précaires, moins on vous voit, moins on vous entend, moins vous êtes représentés là où se joue votre sort, mieux les apparatchiks se portent. Dormez sur vos deux oreilles braves gens !

>>> Revoir notre interpellation en vidéo

Mis à jour ( Samedi, 16 Septembre 2017 12:47 )  

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