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Les retraités qui continuent de bosser

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Ces cumulards sont, le plus souvent, des hommes qui touchent une pension supérieure à la moyenne. En cinq ans, leur nombre a presque triplé. S'ennuient-ils, ou n'en ont-ils jamais assez ?

Sur 15 millions de pensionnés, 500.000 recourent au cumul emploi-retraite, estime l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) dans un rapport publié début juillet. «Le cumul emploi retraite se définit comme la possibilité de cumuler une pension de retraite et un revenu d'activité et connaît un fort développement depuis 2004», relèvent les auteurs [1]. Ses adeptes sont en majorité des hommes âgés de 60 à 70 ans, même si la part des femmes va croissant.

Un dispositif qui bénéficie aux mieux lotis

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les pensionnés les plus pauvres utilisent peu ce mécanisme [2]. «Les retraités-actifs ont un niveau de retraite et un niveau de vie plus élevé que celui des autres retraités», relève l'Igas. Par exemple, la pension moyenne des retraités actifs de la génération née en 1942, soit 1.600 euros, est environ 30% supérieure à celle des retraités inactifs. De plus, les pensionnés qui choisissent de cumuler occupaient majoritairement déjà un emploi avant leur départ à la retraite. Le complément de revenu annuel dégagé par leur activité s'élève en moyenne à 6.200 euros pour les hommes, et à 5.000 euros pour les femmes.

Il faut dire que le dispositif est particulièrement peu intéressant pour ceux qui auraient le plus à y gagner : les bénéficiaires du minimum vieillesse «ne peuvent de fait cumuler leur prestation et un revenu d'activité», regrette l'Igas, qui recommande la mise en place d'un «mécanisme d'intéressement» pour rendre le cumul accessible.

Le cumul emploi-retraite est utilisé en grande majorité par les retraités du régime général. Ils sont de plus en plus nombreux, leur effectif ayant presque triplé en cinq ans, de 119.500 en 2005 à 310.000 en 2010. Entre 7 et 8% de ces nouveaux retraités y ont recours, mais pour une durée courte : moins de deux ans. Le cumul emploi-retraite est plus souvent utilisé parmi les indépendants (plus de un sur dix) et plus encore par les professions libérales, quoique cela dépende des métiers.

Arrondir sa pension et transiter en douceur vers l'inactivité

Tous ces retraités ne travaillent pas pour la même raison. Ceux du régime général y trouvent une manière, interprète l'Igas, d'aménager leur fin de carrière par une transition plus douce vers l'inactivité. Ils l'exercent «souvent à temps partiel, avec des revenus en moyenne équivalent au tiers de ceux perçus auparavant», précise le rapport. Les indépendants profitent pour leur part du statut d'auto-entrepreneur, avec des fortunes diverses : près de 27% des auto-entrepreneurs de plus de 60 ans n'avaient réalisé aucun chiffre d'affaire en 2010.

À long terme, même si son impact est mineur, le mécanisme serait positif pour les finances du système de retraite, selon l'Igas, le retraité actif continuant à cotiser sans que sa pension en soit majorée, car il a déjà liquidé ses droits. En revanche, à court terme, le cumul emploi-retraite peut causer des problèmes de trésorerie, aspect à ne pas négliger dans une période où les banques resserrent le crédit, prévient l'Igas. Le mécanisme peut en effet pousser des actifs à liquider leurs droits à la retraite plus tôt qu'ils ne l'auraient fait s'ils avaient opté pour la surcote.

Cette contrepartie ne contrebalance pas les avantages du système, tranche l'Igas. Son principal avantage : il permet notamment d'augmenter le taux d'emploi des plus de 60 ans, un des points faibles du marché du travail français. Il faut donc le développer, conclut le rapport, tout en simplifiant le système [3].

(Source : Le Figaro)


[1] Le cumul emploi-retraite nuit non seulement aux jeunes et aux chômeurs en général, mais profite surtout aux employeurs. Si ces derniers rechignent à embaucher des seniors, ils ne crachent jamais sur une réduction substantielle du coût du travail. Grâce à ce dispositif libéralisé en 2009 par l'UMP — visiblement pas assez pour l'Igas —, ils peuvent ainsi s'offrir un salarié expérimenté pour le prix d'un débutant, la rémunération versée ne devant excéder la différence entre le montant des pensions (retraite de base + complémentaire) et celui du dernier revenu d'activité; sans compter les allègements de «charges» (zéro cotisations vieillesse à acquitter, CSG et CRDS réduites). Bref, une aubaine de plus.

[2] Logique, dans la mesure où les emplois les plus pénibles sont aussi les moins remunérés. Arrivé à la retraite, l'ouvrier touchera une pension modeste. Usé par le travail, il ne pourra pas continuer. Et il décèdera plus vite.

[3] Et tant pis pour les 915.000 seniors actuellement inscrits à Pôle Emploi,  durablement exclus du marché du travail !



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