La faible croissance est la principale raison de la baisse des créations d’emplois, mais elle n’est pas suffisante pour expliquer le phénomène de hausse du chômage que l’on observe depuis quatre mois.Premier point, nous remarquons en France une dynamique à la hausse de la population active : les entrants sont plus nombreux que les sortants parce que nous bénéficions d’une démographie forte, contrairement à l’Allemagne par exemple, où la population est vieillissante. En France, le solde d’entrants et sortants est positif : il y a en moyenne 90.000 nouveaux entrants par an. Il faut donc créer 90.000 emplois pour les absorber et éviter une hausse du chômage.
On remarque également un effet institutionnel : c’est l’effet réforme des retraites, qui a commencé à jouer dès juillet. Avant la réforme, environ 20% d’une génération partait en retraite chaque année, soit 160.000 personnes. Avec la réforme, le départ en retraite est décalé de quatre mois. Aujourd’hui, 50.000 personnes ne partent pas parce que leur départ est reporté. Ils sont donc toujours comptés comme faisant partie de la population active, qu’ils soient en activité ou au chômage.
C’est une des raisons de la forte hausse de la population active cette année : pour 2011, elle devrait augmenter de 140.000 personnes environ [l’Insee table sur une hausse de 153.000, NDLR], donc beaucoup plus que les 90.000 nouveaux entrants pour les autres années.
Et c’est là qu’intervient la croissance : pour réussir à créer 140.000 emplois par an et ainsi absorber cette augmentation, il faudrait une croissance d’au moins 2%. En Allemagne, où la population active n’augmente pas aussi vite que chez nous, 1,5% de croissance suffit à absorber les nouveaux entrants et même à faire baisser le chômage. Or, le gouvernement prévoit une hausse du PIB de 1,75% pour 2011 et 2012, qui devrait permettre de créer “seulement” 90.000 emplois. Et nos prévisions pour 2012 sont encore plus pessimistes…
Les créations d’emplois ne seront donc pas suffisantes pour enrayer une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d’emploi dans les prochains mois. Nous allons vers une lente dérive du chômage.
(Source : La Croix)
Post-scriptum : Pour le CAS (Centre d’analyse stratégique, ex commissariat au Plan), comité Théodule rattaché au Premier sinistre (à ne pas confondre avec l'autre comité Théodule de Luc Ferry, le Conseil d'analyse de la société), il n'y aura pas d'embellie sur l'emploi avant… 2030 ! LIRE ICI...
On a le temps de crever.
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Commentaires
S'il n'est pas inscrit à PE il ne rentre pas dans les chiffres officiels du chômage. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Etre considéré comme chômeur au sens du BIT cela se mérite:
tu dois chercher activement un emploi comme si on demandait aux actifs s'ils veulent figurer sur la liste des actifs. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Les jeunes et les seniors. La France a déjà un problème structurel avec l'emploi des jeunes et des seniors. La réforme des retraites va, dans un premier temps, amplifier le phénomène. De leur côté, les jeunes paient très longtemps leur entrée plus tardive sur le marché du travail : non seulement leur carrière est freinée car l'ancienneté a beaucoup d'importance dans le système français, mais en plus ils devront cotiser plus longtemps pour compenser leur période initiale de chômage.
Les femmes. Au début de la crise, les hommes étaient davantage touchés que les femmes car les destructions d'emplois affectaient majoritairement l'industrie et la construction, des secteurs majoritairement masculins. A présent c'est l'inverse, le chômage des femmes progresse plus rapidement que celui des hommes. La faute aux plans d'austérité qui touchent beaucoup les services, secteur à dominante féminine.
Les chômeurs de longue durée. C'est la catégorie la plus problématique. Avant, nous assistions à des cycles : un ou deux ans avec des taux de chômeurs de longue durée élevés, puis ça repartait dans l'autre sens. Là, cela fait trois, quatre, voire cinq ans que ce taux est haut. Cela signifie qu'il y a des personnes qui vieillissent au chômage, et c'est une catastrophe. D'une part leur situation se dégrade financièrement, avec le risque de passer dans la pauvreté. D'autre part, plus on reste longtemps au chômage et plus on se déqualifie. Les probabilités de retrouver un emploi s'amenuisent. Et il est de plus en plus dur de revenir sur le marché du travail.
C'est ainsi que du chômage conjoncturel peut se transformer en chômage structurel, et c'est un vrai problème.
leplus.nouvelobs.com/contribution/186482;pourquoi-le-chomage-va-continuer-a-augmenter-en-france.html Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ce qui me gêne dans le calcul du taux de chômage, c'est le fait que l'on inclut les fonctionnaires dans la population active, alors qu'elle bénéficie de la sécurité d'emploi. Répondre | Répondre avec citation | Citer