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Pourquoi les patrons recrutent en CNE et au Smic

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Voici l'échange entre une chômeuse de Nîmes et un employeur qui propose un CNE au Smic.

1. L’offre d’emploi

Numéro d’offre XXXXXXX Offre actualisée le 09/03/07

FORMATEUR/FORMATRICE EN COMMERCE INTERNATIONAL/INFORMATIQUE H/F (Code Métier ROME XXXXX)

DIPLOME EN COMMERCE INTERNATIONAL, VOUS MAITRISEZ INTERNET ET LOGICIELS PHOTOSHOP ET CONNAISSEZ HTML, FLASH. VOUS SEREZ CHARGE DE FORMATION SUR SITE ET A DISTANCE (REDACTION DE FORMATIONS, LES TRANSFORMER EN MODULES DE E-LEARNING, SUIVI DES ETUDIANTS ADULTES)

Lieu de travail 83 - LA VALETTE-DU-VAR

Type de contrat CONTRAT NOUVELLE EMBAUCHE

Nature d’offre CONTRAT DE TRAVAIL

Expérience DEBUTANT ACCEPTE

Formation et connaissances DIPL. NIV. BAC+2 COMMER.INTERNATIO EXIGE(E)

Qualification Employé qualifié

Salaire indicatif HORAIRE 8,27 Euros (54,25 F) MINIMUM, A NEGOCIER SELON COMPETENCES

Durée hebdomadaire de travail 35H00 HEBDO

Taille de l’entreprise 10 A 19 SALARIES

Secteur d’activité INTERMEDIAIRE.SPECIAL.COMMERCE

Si cette offre vous intéresse, veuillez adresser votre CV et une lettre de motivation, en précisant le numéro de l’offre à : GROUPE XXXXXXXXXX ZAC VALGORA BT T 83160 LA VALETTE DU VAR ET LETTRE DE MOTIVATION PAR COURRIER OU FAX XXXXXXXXXXX

2. La Chômeuse répond par mail

Bonjour, je viens de prendre connaissance de votre annonce sur le site anpe. Je la trouve fort intéressante mais je suis stupéfaite du salaire que vous proposez en regard des fonctions à mettre en oeuvre. Je tiens à vous dire que je trouve cela inadmissible. Cordialement,

3. Le futur employeur aussi :

Bonjour Madame,

Je ne sais pas quelle annonce vous avez vue, mais moi, ce que je trouve inadmissible, c’est qu’il y ait des personnes qui PRÉFÈRENT RESTER À NE RIEN FAIRE plutôt que de répondre à un job sous-payé par rapport à leurs supposées compétences. Elles se privent ainsi de :
- faire marcher leurs méninges qui s’encroûtent à force de ne pas fonctionner, et chaque jour qui passe les rend moins opérationnelles et moins aptes au travail bien payé qu’elles attendent,
- rencontrer des opportunités qui auraient pu les propulser au-delà de leurs rêves,
- se prendre en charge et préfèrent pénaliser l’assistance publique en restant à la charge de la société, renchérissant ainsi le coût du travail et empêchant des petites entreprises comme la nôtre d’embaucher et de payer plus nos collaborateurs.

Il semble que vous êtes dans le schéma si volontiers présenté des "patrons qui s’en mettent plein les poches et qui exploitent leurs salariés". La réalité, en tout cas de l’entreprise que je dirige, est toute autre. Il faut tous les jours se battre pour avoir des ventes et, pour votre information, sans ventes, pas d’argent et pas de salaires. Peu de personnes font cette relation pourtant évidente. De plus, QUEL QUE SOIT LE NIVEAU DE DIPLÔME, il faut compter entre 6 et 12 mois avant qu’un nouveau collaborateur soit opérationnel et autonome. Pendant qu’il apprend le travail, on le paie. les connaissances acquises sont à lui pour toujours, cela on ne le dit pas assez. Et par la suite, même s’il ne permet pas de rentrer de l’argent, on le paie encore.
Sachez aussi que, quand une personne a su se rendre indispensable à une entreprise, il n’y a pratiquement pas de limite au salaire qu’elle peut obtenir. Mais pas d’abord, pas juste sur ses diplômes, après qu’elle ait montré de quoi elle est capable.

Nous offrons aux personnes qui nous rejoignent un cadre de travail que ceux qui en bénéficient trouvent très agréable, avec un respect total des personnes et un travail toujours intéressant, avec aussi la possibilité quand on a un collaborateur qui ne se sent pas à l’aise, d’être affecté à une autre fonction pour lui être agréable et le garder. Le deal avec tous est clair : aidez-nous à faire des ventes et à gagner de l’argent, et vous percevez des commissions généreuses.

J’espère vous avoir éclairée sur les réalités des entreprises, vues du côté des chefs d’entreprise - qui ne sont pas tous pourris. On ne parle pas assez par contre des dommages causés par des salariés inconscients dans les entreprises. Je pourrais vous donner des exemples vécus.

Meilleures salutations,

(Source : Collectif RTO)

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Mis à jour ( Lundi, 19 Mars 2007 18:15 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-03-27 07:39 Naguère, avant que l’on cultive la "valeur travail" avec une passion suspecte, il semblait naturel de rétribuer - même peu - quiconque venait travailler, même à l’essai, voire se former dans une entreprise.

Après tout la formation, «l’adaptabilité », «l’employabilit é» profitent à l’entreprise, pas aux salariéEs qui n’ont la plupart du temps aucun usage de cette technicité dans la vie privée.

Sous couvert de "stages", la «corvée» [le travail gratuit que les serfs, les roturiers devaient au seigneur] s’est réimposée dans les entreprises. Convaincus par la propagande de l’ANPE qu’aucun inspecteur du travail ne leur cherchera des poux dans la tête, les patrons exigent des précaires un «droit de travailler» sous forme de redevance (EMT, EMTPR) et les chômeurs en sont rendus à tenter de négocier une réduction de ces exigences au lieu de clouer au pilori ces néo-esclavagistes.

Madua a déjà travaillé dans un magasin Gifi pendant 6 mois en intérim. C’est ce qu’elle annonce à la gérante d’un magasin Gifi en lui remettant son CV. Mais la gérante exige qu’elle travaille gratuitement pendant une semaine (EMTPR) avant de se prononcer sur son embauche éventuelle.
Madua a tenté de négocier la durée mais la négrière n’a rien voulu entendre. Pire : cette dernière lui a fait la morale, fustigeant son manque "d’ambition" !!!
Précisons que Madua fait partie de ces millions de chômeurs qui ne sont pas indemniséEs.

Voici son témoignage :

<< J’ai déposé mon CV dans un magasin GIFI suite à une offre d’emploi parue à l’ANPE. Je l’ai remis en main propre à la gérante du magasin qui semble contente en disant que cela l’intéresse beaucoup (sachant que j’ai bossé entre autres 6 mois dans un GIFI) ; elle me pose des questions … semble satisfaite.

Deux jours après, elle me contacte en me proposant une semaine d’essai non payée, par le biais d’une évaluation de compétences avec l’ANPE.

Elle me dit que cela n’enlèvera pas mes Assedic (comment pense-t-elle que je touche le chômage ?? Ce n’est pas systématique !) : je ne touche ni Assedic, ni allocations ; je vis sur ma paye du mois dernier.

Le lendemain, je vais dans un salon de recrutement saisonnier ANPE où je rencontre la femme qu’elle m’a conseillée. Celle-ci me répond, après que je lui aie dit ne pas pouvoir travailler gratuitement et encore moins payer les frais d’essence (24 km de chez moi), que je devrais revoir la gérante du magasin et négocier la durée d’essai pour 2 ou 3 jours, et lui dire de contacter les anciens chefs pour qui j’ai travaillé afin d’avoir une idée.

C’est ce que je fais : Je me rends aussitôt après au GIFI pour dire que je ne peux pas faire une semaine entière (bosser gratos et puis quoi encore ! !) mais 2 ou 3 jours oui.
Alors là, la gérante me répond qu’elle est très surprise de ma réaction car je cherche un emploi mais on dirait que non, vue mon hésitation à essayer une semaine gratuite, que je tiens plus compte du risque de ne pas être embauchée que de celui d’avoir un emploi à la clé. Que cela prouve que je ne suis ni une battante, ni une fonceuse, ni motivée, ni rigoureuse, ni ambitieuse et qu’elle n’imagine même pas la suite au travail… Que je semble ne pas valoir le coup, et qu’à ce niveau je ne l’intéresse même plus. Et que c’est moi devrais être désolée de ne pas accepter sa proposition et que je n’ai pas à discuter dessus..

J’ai écouté sans vraiment contredire, un peu choquée mais toujours souriante. Je me disais qu’après tout c’était mieux comme ça, une chef pareille, non merci… Elle m’a dit «Tant pis pour vous» et dans ma tête je me disais «Tant pis pour elle et tant mieux pour moi finalement».

Elle ne sait pas ce que je vaux : pourquoi juge-t-elle mes compétences sans me connaître ? Parce que je m’oppose à bosser gratuitement ??! Pas besoin de bosser 5 jours pour se rendre compte qu’effectivemen t je suis très sérieuse, appliquée et que je connais le système GIFI ! Pourquoi ne s’est-elle pas arrêtée à un simple «Non, je ne rabaisserai pas la période d’essai» ?

C’est incroyable : Elle va tester combien de personnes gratuitement comme ça ? Etre à la recherche d’un emploi mais refuser de travailler gratuitement prouve qu’on n’est pas motivé et difficile ? ? ! !

Une exploiteuse oui… Il faut savoir qu’une personne (parmi d’autres sans doute) a accepté la semaine d’essai et commence dès lundi. Combien y a-t-il de candidats ? Une dizaine ? C’est bon pour elle, ça lui fait 10 semaines de salaire économisées ! >>

(Source : AC!)
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