Ce résultat intervient alors que l'INSEE a été incapable de chiffrer de manière fiable le taux réel du chômage en 2006 et a reporté à l'automne la publication de ses données définitives. Le chiffre valide néanmoins une partie de l'argumentation de ceux qui, au gouvernement, mettent en avant la réalité de la baisse du chômage et de la reprise de l'emploi. Comment imaginer, répètent-ils, qu'un nombre important d'emplois ait été créé sans aucune conséquence sur le chômage français qui a reculé, selon l'INSEE, de 270.000 entre janvier 2007 et janvier 2006 ?Ce chiffre de près de 200.000 emplois créés en 2006 est en phase avec une croissance moyenne de 2%. En 2005, elle avait plafonné à 1,2%. Ce qui fait dire au directeur général de l'Unedic Jean-Pierre Revoil que "les créations d'emplois sont bien en lien avec la croissance du PIB et que l'on retrouve la formule magique ou 0,5 point de PIB se traduit par quelque 50.000 emplois nouveaux". Selon lui, "il s'agit de la meilleure année depuis 2001".
L'ACOSS (qui recueille l'ensemble des cotisations sociales) indique que la masse salariale versée par les entreprises du privé progresse de 1,5% en 2006. Les effectifs progressent, eux, de 1,4% soit plus 252.000 nouveaux emplois.
La structure de l'emploi en France conserve les mêmes tendances et révèle les mêmes faiblesses. Le bâtiment reste la locomotive avec 54.700 postes créés (46.900 en 2005). Et l'emploi industriel continue de décroître. En un an, ce secteur a perdu 65.100 emplois soit 1,7% de recul, une perte légèrement inférieure au score 2005 (un recul de 2,2% soit 86.700 emplois). "La France a perdu environ 1,4 million d'emplois industriels ces quinze dernières années et l'Allemagne près de 3,5 millions", ont rappelé les députés Jérôme Lambert (PS) et Jacques Myard (UMP), auteurs du rapport d'information parlementaire "pour le renouveau de la politique industrielle française et européenne" (Le Monde du 14 mars).
Ralentissement dans le tertiaire. La progression des emplois dans le secteur tertiaire semble ralentir. L'emploi salarié n'y progresse que de 0,3% au dernier trimestre 2006, soit 30.100 postes après 46.300 au troisième trimestre. Ce qui fait dire à l'économiste Nicolas Bouzou que "la spécificité française réside dans la faiblesse des créations d'emplois dans les services", tout en notant l’"augmentation sensible" (+ 3,5%) dans le secteur des services à la personne. Autre déception selon lui, alors que la consommation est dynamique, l'emploi dans le commerce n'a progressé que de 0,7% en un an.
Enfin, les créations d'emplois, telles qu'enregistrées par l'Unedic ou l'ACOSS, ne disent pas la nature de ces emplois : ces créations sont "toute durée confondue", y compris à temps partiel.
(Source : Le Monde)
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Commentaires
"Il faut remonter à l'année 2001 pour observer de telles créations nettes d'emplois sur un an", a souligné l'UNEDIC devant le résultat 2006. Rappelons-lui qu'il reste encore 2,2 millions de chômeurs officiels à caser (on ne vous parle même pas des autres, officieux ou carrément invisibles)… Pour Nicolas Bouzou, économiste du bureau d'analyse Asterès, "il reste un trou statistique d'environ 80.000 chômeurs entre la baisse du nombre de chômeurs et les créations d'emplois dans le secteur marchand et le secteur public non marchand".
De plus, la qualité des emplois créés n'est pas précisée : pourtant, il est évident que la précarité gagne du terrain.
L'UNEDIC note que les emplois en intérim ont progressé de 5,3% en 2006. Et on ne peut pas dire que les emplois de service (+ 3,5%) soient un must. Pour Alexander Law, économiste de l'institut Xerfi, "La France peine à créer des emplois pérennes en nombre suffisant, surtout dans le tertiaire. Sa croissance est plus pauvre en emplois qu'au début des années 2000. La croissance n'a pas été énorme, mais avec une croissance similaire il y a déjà eu deux fois plus de créations d'emplois dans le passé", explique-t-il. Or, "si le marché de l'emploi ne parvient pas à décoller d'ici la fin de la décennie, cela sera néfaste pour la consommation des ménages, tirée par le pouvoir d'achat. Faire décoller l'emploi sera un enjeu majeur de la prochaine présidentielle", a-t-il conclu. Répondre | Répondre avec citation | Citer
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Après les lourdes suspicions entourant la non publication des chiffres de l’emploi, qui a conduit l’INSEE devant le Conseil national de l’information statistique, l’INSEE vient de publier les chiffres de créations d’emploi pour 2006.
La comparaison des chiffres de cette législature avec ceux de la législature précédente est effrayante pour l’UMP de Nicolas Sarkozy…
Le résultat de 2006 (192.000 créations nettes) n’est pas du tout à la hauteur de celui de 2001 (248.000 créations nettes).
En fait, jamais durant l’actuelle législature le nombre de créations nettes annuelles n’a atteint le plus faible nombre obtenu durant la précédente législature. Le maximum de l’actuelle législature est de 192.000 en 2006, tandis que le minimum obtenu sous la précédente législature est de 261.000 en 1997.
Pire ! Le total des créations nettes d’emplois de l’actuelle législature est inférieure à la seule année 1999 (442.000 créations nettes d’emplois).
Les créations nettes d’emplois de la précédente législature frôlaient les 2 millions (1,8 million).
Ce résultat plaide pour la pertinence du projet des socialistes et de leur candidate et justifie que l’on jette à la poubelle la pseudo étude de l’institut du patronat Rexecode, qui ose affirmer que seul le projet de Sarkozy serait créateur d’emplois alors que ceux de Royal et de Bayrou seraient destructeurs d’emploi.
Au vu des bilans des uns et des autres, ceci n’est absolument pas crédible.
(Source : Betapolitique) Répondre | Répondre avec citation | Citer