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Accueil s'informer La revue de presse Immigration : les vrais chiffres

Immigration : les vrais chiffres

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La proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale a fait couler beaucoup d’encre. Et pourtant, contrairement à 2002, le débat sur l’immigration se fait discret dans la campagne. Sûrement parce que la question est épineuse... Décryptage de trois idées reçues.

1) L’immigration en France est massive. Non. «D’après l’INSEE, le solde migratoire (nombre d’entrées - nombre de sorties du territoire) est de 100.000 habitants par an. Même si la marge d’erreur était de 100% - ce qui serait énorme ! - on arriverait à 200.000, soit un solde de 3% de la population. En Espagne, il est de 15% et en Italie de 10%», analyse François Héran, directeur de l’INED (Institut national d’études démographiques).
Mieux encore, l’immigration ne représente que 25% de la croissance de la population, les 75% restant proviennent de la natalité qui est très vigoureuse en France. Et enviée par nos voisins européens ! «En Allemagne, 100% de la croissance de la population résulte de l’immigration», poursuit le démographe. Et les Britanniques ? 80%. «Il existe un grand décalage entre la réalité de l’immigration et sa perception car les populations immigrées se concentrent dans les grandes villes.»

2) L’immigration génère du chômage. Les faits sont là : le taux de chômage est deux fois plus élevé chez les immigrés que chez les Français. Mais «aucune étude n’a pu démontrer que l’arrivée sur le marché du travail d’immigrés provoquait une hausse du chômage, rappelle François Héran. Le marché est tellement segmenté qu’il est difficile d’en mesurer l’impact. Ce qui est sûr, c’est que certains immigrés occupent des postes délaissés par les Français. Tant dans les emplois non qualifiés comme le nettoyage que dans les emplois semi-qualifiés comme les infirmières. Le recours à la main d’oeuvre étrangère est quasi inévitable. Et ce, dans tous les secteurs. Rien qu’en l’an 2000, les entreprises ont fait appel à plusieurs milliers d’informaticiens étrangers pour gérer le bogue du changement de millénaire.» Sans compter le vieillissement de la population active. Les 6 millions d’enfants nés dans les années 1950 seront à la retraite en 2015. On chiffre d’ores et déjà le manque de cadres à plus de 300.000 entre 2005 et 2010.

3) On peut "choisir" ses immigrés. Pas sûr. Depuis quelques décennies, le Canada et la Suisse ont mis en place l’«immigration choisie» prônée par Nicolas Sarkozy. Outre-Atlantique, les candidats diplômés et maîtrisant la langue sont accueillis à bras ouverts. En Suisse, les travailleurs étrangers sont choisis selon les besoins des secteurs et des cantons. Le bilan ? Mitigé. «La sélection qualitative n’a jamais été majoritaire. Le regroupement familial génère un flux de population supérieur. C’est inévitable, rappelle François Héran. Ce qui n’empêche pas, évidemment, de lutter contre les abus comme les mariages blancs ou les faux étudiants.»

(Source : Economie Matin)

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Mis à jour ( Lundi, 19 Mars 2007 20:36 )  

Commentaires 

 
0 # ylenorm 2007-03-19 23:31 Les Allemands ont voulu appliquer l'immigration choisie concernant les informaticiens indiens quand il y avait une "pénurie" d'informaticiens à une époque, mais les Indiens ont préféré aller aux Etats-Unis.Avec l'immigration choisie où le travailleur immigré qui veut faire venir sa compagne ne peut le faire qu'avec des conditions draconiennes, cela m'étonnerait fort qu'il y ait beaucoup de candidats pour ceux qui ont le choix.Il faut être taré pour croire que les candidats vont se bousculer au portillon. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # superuser 2007-03-25 06:39 Notre article du 4 Mars 2007 :

Un sondage IFOP pour Métro paru ce matin dresse un tableau de l'immigration où les avis divergent en deux camps presque égaux, 49% des Français interrogés considérant que c'est "une chance pour la France" et 51% étant d'un avis contraire. Les écarts se renforcent en fonction du lieu de résidence, de l'âge et de l'opinion politique.

Il est clair que le sentiment des Français vis à vis de ses immigrés est paradoxal, relevant souvent de l'ignorance ou du fantasme. Par exemple, plus le taux d'étrangers dans la commune de résidence est fort, plus l'immigration est considérée comme une chance ! De même que l'adhésion avec cette idée décroît avec l'âge : 60% des moins de 35 ans sont d'accord, 54% des 35-49 ans aussi, mais seulement 41% des 50-64 ans et 37% des 65 ans et plus. Avoir moins de 50 ans et vivre en contact avec des immigrés favorise donc les opinions positives.

Côté politique, la question suscite un clivage sans surprise : 60% des sympathisants de gauche estiment que l'immigration est une chance contre 37% seulement des sympathisants de droite (52% des proches de l'UDF, 43% de ceux de l'UMP et 11% de ceux du FN/MNR). Pour 32% des sondés, Ségolène Royal semble être "la plus capable d'améliorer la situation en matière d'intégration des immigrés vivant en France au cours des prochaines années" devant Nicolas Sarkozy (29%), tandis que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen récoltent respectivement 11% et 8% sur ce point.

L'immigration clandestine divise aussi les Français : 45% des personnes interrogées jugent que "les pouvoirs publics luttent efficacement contre l'immigration clandestine" tandis que 54% expriment un avis contraire. Ils "apparaissent tout aussi partagés sur l'instauration de critères de sélection relatifs au métier ou au niveau de diplôme des personnes souhaitant vivre en France" : 53% y sont favorables et 47% sont d'avis opposé. Les plus favorables sont les personnes de plus de 65 ans (67%), celles vivant dans l'une des régions de l'arc méditerranéen (63%) et les artisans-commerçants (66%).

En 2005, la France comptait 4,93 millions d'immigrés en situation légale, dont 0,55 million de personnes de nationalité étrangère nées en France et 1,97 million ayant acquis la nationalité française. Les entrées légales dans notre pays sont stables depuis 2002 et représentent moins de 140.000 individus par an. Les zones géographiques les plus touchées sont l'est de la France (de la Lorraine au Languedoc-Roussillon), avec des pics de concentration en Alsace et en région parisienne.
Le malaise réside dans la confusion entretenue selon laquelle toute personne d'origine étrangère ou de couleur de peau non blanche soit considérée comme immigrée même si elle est française. Ainsi, des Français issus de la deuxième et de la troisième génération se sentent toujours traités comme des étrangers alors qu'ils sont nés en France et ont notre nationalité.
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0 # superuser 2007-03-25 07:14 L'immigration n'a qu'un rôle limité sur la fécondité en France, puisque si les étrangères qui y vivent ont proportionnelle ment plus d'enfants que les Françaises, elles ne contribuent à relever le taux de fécondité que de 0,1%, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (INED) rendue publique jeudi.

Immigration ou pas, la fécondité de la France reste l'une des plus élevées d'Europe, souligne l'INED. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le taux de fécondité en France s'est élevé à 2,0 enfants par femme en 2006. Avec l'Irlande, la France reste l'un des pays de l'Union européenne où l'on fait le plus de bébés.

D'après la nouvelle étude publiée dans "Populations et sociétés", bulletin mensuel de l'INED qui se base sur des données recueillies en 2004 et 2005, les étrangères contribuent aux naissances de la France dans une proportion de 12% et les immigrées, qui incluent les étrangères devenues françaises, dans une proportion de 15%.

La fécondité des étrangères est plus élevée que celle des Françaises (3,3 enfants contre 1,8 en 2004), mais comme ce surcroît ne concerne qu'une minorité au sein de la population, il relève seulement de 0,1 enfant le taux de fécondité de la métropole, qui était passé ainsi de 1,8 à 1,9 enfant par femme en 2004. Les étrangères restent en effet minoritaires parmi les femmes en âge d'avoir des enfants (7%).

Autre constatation de cette étude menée par François Héran et Gilles Pison, chercheurs à l'INED : les immigrées naturalisées, qui pratiquent plus les unions mixtes que les immigrées non naturalisées, se rapprochent des Françaises de naissance par leur comportement de fécondité : 2,1 enfants en moyenne, au lieu de 2,6 pour l'ensemble des immigrées et 3,3 pour les étrangères.

(Source : Le Nouvel Obs)
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0 # superuser 2007-03-28 09:35 Pendant la campagne électorale, la chasse aux clandestins prend des tours odieux : la traque s’organise autour des écoles, avec le renfort de gaz lacrymogène au milieu des gosses comme ce fut le cas dans le 19e arrondissement de Paris. Il suffit de se poser la question des origines de l’immigration clandestine et d’en rechercher dans les programmes des candidats les plus virulents sur le sujet les solutions qu’ils envisagent, pour se rendre compte de l’hypocrisie des postures de certains.

Car enfin, lorsqu’un clandestin parvient à pénétrer dans notre pays, il n’a aucun doute sur son avenir : il survivra dans la clandestinité pendant de longues années avant d’espérer une régularisation miraculeuse. Et pour survivre, il n’aura d’autre ressource que de se tourner vers le travail au noir.

Et c’est là que ça se gâte, car cette véritable pompe aspirante qu’est le travail non déclaré (et qui représente entre 7 et 19% du PIB dans l’Union européenne - source : Commission européenne 2005), constitue le vrai moteur de l’immigration clandestine et n’est pourtant pas pris en compte sérieusement par les candidats les plus prompts à affréter des charters.

Nicolas Sarkozy, dans son discours de Caen du 9 mars 2007, réaffirme la nécessité de lutter contre l’immigration clandestine qui, dit-il, "fait la fortune des marchands de sommeil et des passeurs sans scrupules qui n’hésitent pas à mettre en danger la vie des pauvres malheureux dont ils exploitent la détresse." Marchands de sommeil, passeurs, soit. Pas un mot sur les employeurs. Et lorsqu’on cherche dans son programme une référence au travail au noir, c’est pour en déplorer le manque à gagner fiscal et le mauvais coup porté à la concurrence, sans évoquer l’immigration clandestine qui fournit d’importants bataillons à ces employeurs véreux.
Car, tout comme on excuse largement le chanteur populaire qui s’exile en Suisse pour ne pas payer ses impôts en France, il semble que l’on soit compréhensif envers ces patrons étranglés par les charges sociales et fiscales qui n’ont d’autre moyen que de recourir au travail non déclaré. C’est ainsi que l’on fait des descentes de police devant les écoles maternelles mais pas dans les ateliers clandestins du centre de Paris ou, pire encore, sur les chantiers des bons amis du BTP. En effet, toujours selon la Commission européenne, c’est dans le secteur de la construction, suivi de l’agriculture et de la restauration, que se concentre l’essentiel des travailleurs clandestins. A Paris, selon la préfecture de police, ce sont les secteurs de la confection et de la restauration qui utilisent cette pratique. Certes le travail clandestin n’emploie pas que des travailleurs en situation irrégulière : 16% des infractions concernent cette population. Mais l’ampleur de cette économie parallèle ne permet pas d’employer tous les clandestins ! Or, tandis que des dizaines de policiers se massent devant l’école maternelle de la rue Rampal pour choper un grand-père, il ne sont que 47 à Paris à lutter contre le travail clandestin.

Rappelons-nous notamment qu’en 2003, 81 députés UMP avaient déposé une proposition de loi visant à réformer le statut de l’inspection du travail et à en changer la dénomination. Cette proposition prévoyait notamment des sanctions contre les inspecteurs du travail ayant pris une décision qui aurait causé un préjudice à l’entreprise. Leurs décisions devaient en outre garantir le bon fonctionnement de l’entreprise, ce qui revenait à ne jamais incarcérer un responsable frauduleux.

Côté François Bayrou, la corrélation entre immigration clandestine et travail au noir est faite. Dans le chapitre "immigration" du candidat de centre-droit, on lit en effet : "Il faut en même temps très durement réprimer le travail clandestin. Les immigrés clandestins ne restent que s’ils peuvent travailler. Le travail clandestin est la condition de l’immigration clandestine. Chacun sait qu’il est en réalité peu réprimé." Le constat est vrai mais les moyens de lutte contre ces pratiques ne sont pas détaillées. Les effectifs de l’inspection du travail sont en baisse relative constante, s’établissant à quelques 1.400 agents pour l’ensemble du territoire. Compte tenu de la difficulté des missions, rendant souvent nécessaire d’effectuer certains contrôles à deux, le travail clandestin a encore de beaux jours devant lui.

En vérité, les candidats de droite et centre-droit éprouvent des difficultés à se positionner sur le sujet, comme si cette pratique, fût-elle illégale, constituait malgré tout un élément de régulation sociale et économique. Rares sont les entreprises qui n’emploient que des clandestins et les emplois réguliers ne doivent leur maintien qu’aux effectifs irréguliers. A côté de cet équilibre économique pervers, une lutte massive contre le travail clandestin jetterait à la rue de nouvelles catégories de pauvres sans ressources. Enfin, cette économie parallèle représentant un pourcentage important du PIB, son erradication entraînerait une baisse très sensible des recettes fiscales. N’y aurait-il pas de solution ?

Examinons donc ce qui se passe à gauche, chez Ségolène Royal. Le projet socialiste établit une liaison directe entre immigration clandestine et travail clandestin : "Il nous faut par conséquent dissuader l’immigration illégale et démanteler les filières mafieuses (augmentation des moyens de l’inspection du travail et aggravation des peines encourues pour les employeurs en infraction)." La proposition consiste donc bien à donner des moyens supplémentaires à l’inspection du travail, à en augmenter les effectifs dont on a vu qu’ils étaient dramatiquement insuffisants, et à sanctionner plus fort.
Cette proposition se double d’une possibilité de régularisation d’un clandestin après dix années de présence en France, disposition supprimée par Nicolas Sarkozy. Enfin, le projet prévoit de revenir sur les dispositions des lois Sarkozy qui ont plongé dans la clandestinité (les trop fameux sans-papiers) des milliers de personnes entrées légalement en France. Ces dispositions visent à donner une réalité légale à l’immigré, lui permettant ainsi d’accéder à un emploi légal ou de légaliser son emploi antérieurement clandestin.

On peut regretter que certaines mesures proposées par le courant Démocratie et République, courant interne du PS animé entre autres par l’inspecteur du travail Gérard Filoche, ne soient pas reprises, mais sait-on jamais. Il s’agit, notamment, de procéder à une régularisation massive d’emplois clandestins, c’est-à-dire monnayer avec les employeurs frauduleux la régularisation des emplois en échange d’un abandon des poursuites pénales. Cette proposition intelligente ne vise donc pas à régulariser massivement des clandestins, mais à régulariser des emplois occupés, entre autres, par des clandestins. Proposition "gagnant-gagnant", selon l’expression chère à la candidate socialiste : la collectivité récupère des cotisations sociales, l’employeur évite la prison et les lourdes amendes, le travailleur retrouve une dignité et des droits.

Comme on peut s’en apercevoir, ceux qui crient au loup et qui brandissent l’épouvantail de l’immigration ne sont pas ceux qui proposent les mesures adéquates pour en interrompre les pompes aspirantes. Prudemment et sans effet de menton, il semble bien que c’est à gauche que l’on trouve les choix les plus appropriés, quoiqu’encore insuffisants, pour réduire l’attractivité du travail clandestin.

(Source : AgoraVox)
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0 # superuser 2007-04-04 08:44 Pour le chercheur Patrick Weil, les pays voisins offrent plus d'opportunités aux immigrés irréguliers.

Patrick Weil est directeur de recherches au CNRS. Il a publié la République et sa diversité («La République des Idées» - Seuil, 2005).

(…) Combien d'immigrés entrent chaque année ?

On est aux environs de 130.000 titres de séjour permanent délivrés par an (hors ressortissants de l'Union européenne), chiffre qui intègre les réfugiés, leurs familles, les travailleurs, ainsi que les 25.000 à 30.000 régularisations annuelles. Quant au regroupement familial, son impact est faible : un peu plus de 20.000 personnes par an.
La source principale de l'immigration légale, ce sont les conjoints de Français. Pour donner un ordre d'idée, l'Espagne accueille entre 800.000 et un million d'étrangers par an. En revanche, par définition, les résidents illégaux ne peuvent pas être comptés. Tout ce que l'on sait c'est que, lorsque M. Sarkozy a organisé une régularisation des familles d'enfants scolarisés arrivés depuis plus de deux ans, un peu plus de 30.000 dossiers ont été déposés au total. Ainsi, même si tous les étrangers en situation irrégulière n'étaient pas concernés, on est très loin des centaines de milliers d'irréguliers qu'évoquent M. Le Pen et d'autres.

Quel rôle joue le travail clandestin ?

De ce point de vue, la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Italie sont beaucoup plus attractifs que nous. Il y a beaucoup de contrôles en France et moins de travail -­ les secteurs concernés sont l'hôtellerie, la restauration, le BTP, l'agriculture et la confection. J'ajoute qu'une partie des travailleurs irréguliers viennent maintenant de l'Europe centrale et, en tant que ressortissants de l'Union, ne sont pas soumis à visa.

Existe-t-il un vrai clivage droite-gauche sur la question ?

En termes d'impact sur les flux migratoires, les différences entre les deux principaux candidats portent sur quelques milliers d'étrangers en plus ou en moins, au mieux quelques dizaines de milliers. La différence entre les deux, c'est que l'un a décidé d'utiliser politiquement le sujet de l'immigration aux fins de diviser le pays, de classer les Français entre les «bons», c'est-à-dire ceux qui ont de l'ancienneté dans la nationalité ou qui ne seraient venus que pour travailler, et les «mauvais», qui, pourtant venus légalement au titre de l'asile politique ou du droit à une vie familiale normale, seraient devenus des compatriotes «subis». Ce type de classification disqualifie M. Sarkozy.

(Source : Libération)
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