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8 millions de Français en situation de précarité énergétique

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Décembre 2010. Un des mois les plus froids jamais enregistré dans certains départements français. Ceux qui rognaient déjà sur les degrés par souci d'économie se sont retrouvés, en ce début d'hiver, contraints et forcés de supporter le froid pour ne pas voir leurs factures s'envoler.

(...) Comme l'a étudié l'Insee, un ménage se chauffant au fioul – très courant à la campagne – dépense 28% de plus qu'un ménage identique se chauffant à l'électricité. Le chauffage au gaz occasionne, quant à lui, un surcoût de 5%.

Ne chauffer que certaines pièces, enfiler pulls et polaires pour ne pas augmenter ses dépenses de chauffage, ça vous concerne ? Vous vous trouvez peut-être en situation de précarité énergétique.

Intégré dans la loi Grenelle II, ce concept britannique encore mal connu y est pompeusement défini comme tel : «Est en situation de précarité énergétique […] une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d'énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'habitat.» Heureusement, Marie Roisan, chargée des questions de précarité énergétique au Comité de liaison des Energies renouvelables (Cler), simplifie un peu les choses : «On dit qu'un ménage est en situation de précarité énergétique lorsqu'il éprouve des difficultés à se pourvoir en énergies du fait de sa situation financière et/ou de la qualité de son habitat. Si le chauffage reste le principal poste de dépenses, il ne faut pas oublier les coûts liés à l'éclairage, l'eau chaude sanitaire ou la consommation des appareils électroménagers. En France, cette situation concerne près de huit millions de personnes».

Au moins 10% de ses revenus consacrés au chauffage

Pour faire partie de ces millions de ménages français en situation de précarité énergétique, il faut qu'au moins 10% de vos revenus soient consacrés à l'achat d'énergie pour chauffer correctement votre logement. Et cette nuance a toute son importance, comme l'explique Sandrine Buresi, directrice de l'association Gefosat : «Il existe deux grands profils de personnes victimes de cette précarité. D'un côté, il y a toutes celles et ceux qui s'endettent afin de chauffer correctement leur habitation à une température normale. Et puis il y a ces personnes qui, pour ne pas faire grimper la facture, limitent leurs dépenses en fioul, gaz et électricité. Mais qui, si elles devaient se chauffer à une température normale, dépenseraient aussi 10% de leurs revenus en chauffage. Même si on les repère difficilement, ceux qui se sous-chauffent sont très nombreux».

Et cette tendance risque de ne pas faiblir, notamment au regard de l'évolution du prix des énergies en France. Comme le montre ce graphique du ministère du Développement durable, leur coût n'a cessé d'augmenter de manière exponentielle depuis dix ans.

Qualité du logement et prix de l'énergie, les autres leviers

Dès lors, quelles sont les solutions apportées par les pouvoirs publics à ce problème répandu ? Didier Chérel, ingénieur et responsable des questions de précarité énergétique au sein de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), propose ce détail : «Il faut tenter d'agir sur les trois causes de cette précarité : le montant des revenus, la qualité du logement et le prix de l'énergie. Actuellement, il existe :

• les fonds de solidarité pour le logement (FSL) qui représentent une aide financière, évaluée par les travailleurs sociaux, pour combler les impayés d'énergie ;
• les tarifs sociaux pour l'électricité (TPN, uniquement chez EDF) ou le gaz (TSS). Mais ils doivent être redemandés chaque année. Pour le fioul, hormis deux hivers ayant bénéficié d'une “prime à la cuve”, il n'existe rien ;
• un fonds d'Aide à la rénovation thermique (Fart), actif depuis septembre 2010. Il s'adresse uniquement aux propriétaires occupants à faibles ressources, pas encore aux locataires. Ce fonds propose une aide à la rénovation des habitats afin de mieux les isoler.»

Ces aides ont donc leurs limites. Pendant longtemps, le gouvernement ne considérait pas comme prioritaire cette question de la précarité face à l'énergie. Mais pour Didier Chérel, les choses changent. Lentement. «La France ne s'est jamais préoccupée des risques sanitaires auxquels sont confrontés les gens qui se sous-chauffent. En Angleterre, par contre, différentes études ont montré un niveau de mortalité hivernale non négligeable au sein de ces populations. Des décès souvent liés à l'asthme, à des maladies pulmonaires et cardiovasculaires. Il est temps de faire quelque chose.» (...)

(Source : Eco89)

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Mis à jour ( Jeudi, 06 Janvier 2011 20:19 )  

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