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Néolibéralisme, démocratie et pensée unique

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Depuis la chute du Mur et de l'URSS, on nous serine que le libéralisme économique — désormais triomphant — est le meilleur vecteur de démocratie, de progrès et de bonheur. Qu'en est-il en réalité ?

Chaque fin d’année, alors que l’actualité marque le pas, nous vous proposons d’approfondir votre réflexion.

Voici L'encerclement, un passionnant documentaire canadien sorti en 2008 qui, à travers les analyses de plusieurs intellectuels de renom dont Noam Chomsky, Ignacio Ramonet, Bernard Maris, Omar Aktouf ou Susan George, retrace l’histoire du libre échange depuis les grands théoriciens du 18e siècle à sa mutation en idéologie néolibérale dépourvue d’éthique, et examine les différents mécanismes mis à l’oeuvre pour en imposer mondialement les diktats.

Déréglementer, réduire la taille de l’État, privatiser, limiter l’inflation plutôt que le chômage, bref, financiariser et dépolitiser l’économie : les différents dogmes de cette pensée "prêt-à-porter" sont bien connus. S’ils se sont lentement immiscés dans nos consciences, c’est qu’ils sont diffusés depuis des lustres à travers un vaste et inextricable réseau de propagande.

De fait, depuis la fondation de la Société du Mont Pélerin en 1947, les instituts de recherche néolibéraux, des think tanks élitistes financés par des transnationales et des grandes fortunes, propagent inlassablement le dogme néolibéral au sein des universités, dans les médias, auprès des parlementaires, etc.

Cette idéologie qui s’affiche évidence, forte de la sanction historique et scientifique que semble lui avoir conférée la chute de l’URSS, a su intoxiquer tous les gouvernements, de gauche comme de droite. En effet, depuis la fin de la Guerre Froide, le rythme des réformes néolibérales est allé sans cesse s’accentuant. Souvent imposée par la force, que ce soit à travers les plans d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale, sous la pression des marchés financiers et des transnationales ou même par la guerre, la doctrine néolibérale colonise dorénavant à la planète entière. Génératrice de crises à répétitions dont elle tire toujours plus d’avantages, «l’internationale libérale» continue d’asseoir son hégémonie en bafouant la démocratie.

Mais derrière l’écran de fumée idéologique, derrière ces beaux concepts d’ordre spontané et d’harmonie des intérêts dans un libre marché, par-delà la panacée de la «main invisible» et de la théorie du «trickle-down», que se cache-t-il réellement ?

Si, selon un récent sondage, 72% des Français estiment — que ce soit par un ressenti instinctif et confus lié à l’ignorance, sinon en pleine connaissance de cause — que les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2012 ne satisfont pas leurs attentes, c’est parce que l’écrasante majorité de ces prétendants au pouvoir, ancrés dans ce même vieux dogme dont on mesure aujourd’hui pleinement la toxicité, ne comptent pas nous en sortir. D'où un sentiment d’enfermement et un manque d’espoir généralisés.

La réponse à cette défiance et/ou profonde insatisfaction est là.
Installez-vous confortablement et regardez ce film, sans vous laisser rebuter par le choix d’un noir et blanc un peu austère et d’une illustration musicale parfois crispante :



Attention, sortez vos sacs à vomir dans la partie 4 où vous serez révolté par la violence des divagations d’ultralibéraux ou «libertariens» vis-à-vis des pauvres, des mères célibataires et des chômeurs, considérés comme des parasites responsables de leur situation et qui s’y complaisent, alors qu’on les spolie de leurs emplois ou qu’on ne leur permet pas de vivre de leur salaire. Selon ces psychopathes, la protection sociale est une institution dictatoriale qui vole les riches — qui s’estiment "productifs" et méritants — pour donner à une plèbe d’"improductifs". Une fois passé cet horrible chapitre, la suite est un vrai régal intellectuel.

Bonne fin d'année.

SH



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Mis à jour ( Dimanche, 25 Novembre 2012 04:47 )  

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