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Les dix stratégies de la manipulation de masse

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Crise économique, crise de l'euro, chômage, dette publique, austérité… à l'aube des Présidentielles de 2012, il est utile de rappeler comment ces sujets sont traités dans les médias en vue de maintenir le public dans l'ignorance et la résignation.

Attribuée à tort au linguiste américain Noam Chomsky, cette liste des «Dix Stratégies de Manipulation» de l'opinion publique que l'on peut aisément trouver sur le Net n'en est pas moins pertinente, son auteur (un certain Sylvain Timsit ?) énumérant avec justesse l'éventail des méthodes déployées par les gardiens du système : nos hommes politiques, "penseurs", éditocrates et autres "experts".

L'ensemble de ces stratégies, élaborées de longue date et mises en application avec subtilité, fait partie du "système d'Etat", peu importe qui est au pouvoir, chaque gouvernement ne modifiant que le niveau d'intensité de telle ou telle approche. Le contrôle d'une partie importante des médias est évidemment un pré-requis pour que tout cela fonctionne, que ce soit par nomination directe des directeurs ou par copinage.

Ainsi va la chanson de TINA, «There is no alternative» (il n'y a pas d'alternative), hymne internationaliste par excellence.

1. La stratégie de la diversion

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l'attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continu de distractions et d'informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s'intéresser aux connaissances essentielles dans les domaines de l'économie, de la science, de la psychologie, de la neurobiologie et de la cybernétique. «Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux.»

2. Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée «problème-réaction-solution». On crée d'abord un problème, une «situation» prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu'on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux, le démantèlement des services publics et la mise à contribution des plus pauvres.

3. La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l'appliquer progressivement, en «dégradé», sur plusieurs décennies. C'est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme et mondialisation sauvage) ont été imposées depuis les années 1980. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n'assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s'ils avaient été appliqués brutalement.

4. La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme «douloureuse mais nécessaire», en obtenant l'accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d'accepter un sacrifice futur qu'un sacrifice immédiat. D'abord parce que l'effort n'est pas à fournir tout de suite. Ensuite, parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que «tout ira mieux demain» et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s'habituer à l'idée du changement et l'accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5. S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand public utilisent un discours, des arguments, des personnages et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans.»

6. Faire appel à l’émotion plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l'émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l'analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l'utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d'accès à l'inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions ou des comportements.

7. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. «La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures.»

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Trouver «cool» le fait d'être bête, vulgaire et inculte. Jouer meilleur site de jeux de friv games aujourd hui. Croire qu'exister, c'est paraître et posséder.

9. Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités ou de ses efforts. Exemple : les pauvres et les chômeurs, constamment pointés du doigt. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l'un des effets est l'inhibition de l'action. Et sans action, pas de révolution…

10. Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le «système» est parvenu à une connaissance avancée de l'être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l'individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que, dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Qu'on se le dise.


Mis à jour ( Vendredi, 30 Décembre 2011 05:53 )  

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