Comme vous le savez, de Lénine à Lennon, de Staline à Stallone et de Sartre à Rothschild, les années 80 sont une période charnière : c'est là qu'ont été mis en place tous les dispositifs économiques et idéologiques — la "modernisation libérale" et son grand bond en arrière — qui nous ont conduits au désastre actuel.D'un point de vue économique, ce fut la fin du référenciel keynésien et l'ouverture de l'époque aux rentiers, avec sa lutte effrenée contre l'inflation qui a, entre autres, généré du chômage de masse. Egalement, la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée au bénéfice des profits, un basculement de 10 points qui a mis à mal notre protection sociale. Mais aussi le lancement du processus du grand marché européen...
D'un point de vue politique, ce fut la banalisation de l'alternance avec le brouillage des frontières gauche/droite, puis l'effacement du politique au bénéfice du "marché"… qui devait tout résoudre ! Ainsi se constitua la pensée dominante (aujourd'hui, unique) ultralibérale avec son célèbre slogan “There is no alternative” : le changement est devenu impossible, nous a-t-on seriné, car tout changement serait pire que le système actuel. La droite et la gauche sont devenues de faux ennemis, puisque l'une et l'autre se sont affichées "libérales". En parallèle, les années 80 ont permis l'émergence du FN. Enfin le caritatif, très médiatisé, a pris le pas sur les choix politiques, favorisant le désengagement de l'Etat.
D'un point de vue intellectuel, on a vu des ex soixante-huitards aux manettes cautionner aveuglément cette "modernisation" (aujourd'hui, ils font figure de néo-cons). Cette décennie de paillettes a voulu "réconcilier les Français avec l'argent". Le phénomène Tapie a encensé le corps et la réussite matérielle en dénigrant l'esprit et la quête du savoir : Nicolas Sarkozy en est l'héritier direct quand il affiche son inculture en faisant son jogging. Ces "années fric" ont encensé le paraître au détriment de l'être, poussant la superficialité à son paroxysme dans tous les médias de masse, déformant en profondeur notre capacité de jugement.
Pour décrypter ce virage néfaste, Daniel Mermet a convié l'économiste Frédéric Lordon, l'historien François Cusset et le journaliste Serge Halimi.
• Le cauchemar des années 80 - Partie 1 (1979-1981)
• Le cauchemar des années 80 - Partie 2 (1981-1983)
• Le cauchemar des années 80 - Partie 3 (1984-1985)
Cliquer sur le lien de l'ancienne émission sous la photo en attendant le réglage du petit problème technique…
• Le cauchemar des années 80 - Partie 4 (1985-1986)
• Le cauchemar des années 80 - Partie 5 (1986-1988)
• Le cauchemar des années 80 - Partie 6 (Privatisation de TF1)
• Le cauchemar des années 80 - Partie 7 (1989… et après)
Ces émissions sont, de surcroît, illustrées par une programmation musicale de grande qualité.
A écouter sans modération.
Et un grand bravo à toute l'équipe de Là-bas si j'y suis.
SH
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Commentaires
http://2ccr.unblog.fr/2011/11/25/chantage-a-l%E2%80%99emploi-2/ Répondre | Répondre avec citation | Citer
Par contre, si "ils" ont certes le pouvoir, ils ont pourtant, et auront d'ailleurs toujours, besoin de nous. Car pour que la richesse soit brassée, encore faut il qu'elle soit produite. Répondre | Répondre avec citation | Citer
C'est eux qui ont poussés les feux de la stigmatisation des assistés. Avant le "travailler plus" de N.S, Jospin déclarait en réponse aux mouvements de chômeurs, en 1998, "préférer une société de travail à l'assistance" , faisant litière de toutes les valeurs de solidarité (voir À gauche poubelle, rpécaires rebelles www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5374). entretemps, ils avaient glorifié l'entreprise "source de toute richesse" (et nib pour les travailleurs…) et les "gagnants" (remember Tapie…). Répondre | Répondre avec citation | Citer