Jeudi, le journal de 13h de TF1 diffusait un reportage sur le bilan positif du «contrat de responsabilité parentale». Une initiative du Conseil Général des Alpes-Maritimes qui a suscité la polémique, et consiste notamment à supprimer les allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes. Or, dans le reportage, apparait au tout début une "mère de famille" qui demande de l’aide.«J'ai un enfant qui ne va plus à l'école, je suis en un peu inquiète», lance-t-elle. Mère inquiète, ou... acteur studio ?...
Fausse mère de famille, vraie collaboratrice de Ciotti
Il s'agissait en réalité de l'attachée de presse du Conseil Général. Et accessoirement, selon France Info, elle n'a pas d’enfant.
C'est Jacques Victor, président du groupe communiste au Conseil Général des Alpes-Maritimes, qui confirme l'information à France Info : cette femme interrogée par les journalistes de TF1 «non seulement n’a pas d’enfant» mais en plus est «une attachée de presse du président du Conseil Général des Alpes-Maritimes».
«Je n’étais pas au courant», déclare Eric Ciotti — également chef de file de l'aile sécuritaire du parti présidentiel — à France Info. «C’est une faute professionnelle». Elle est intervenue «à la demande de TF1». «Je suis choqué».
Selon France Info, l’attachée de presse du Conseil Général des Alpes-Maritimes a présenté sa démission. Contactée par @si, elle était injoignable, de même que la journaliste auteure du reportage.
(Source + vidéo : Arrêt sur images)
NDLR : Question… TF1 est-il complice ? Selon France Info, la chaîne de Martin Bouygues a demandé un rapport écrit à la journaliste qui a tourné le sujet. Certainement pour la forme... Quant à l'attachée de presse aussi autonome que zélée, si sa démission a réellement été acceptée par M. Ciotti, nous lui souhaitons bonne chance à Pôle Emploi, en espérant que son "réseau" lui soit rapidement reconnaissant. C'est vrai : une employée tellement dévouée (mignonne et célibataire, de surcroît), ça ne pointe pas longtemps au chômage.
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Commentaires
avec MARC le cariste, un comédien, qui n'a jamais connu le RSA de sa vie, qui tournait dans la pub.
heureusement qu'ils ont pas pris un exemple réel de célibataire ou de maman solo qui représentent 70% des bénéficiaires .. vu la misère.
j'aimerai bien savoir sur les 1,850 millions de foyers au RSA, y en a combien qui correspondent au comédien de la pub :
- couples ou il y a un CDI temps pleins.
- Et qui percoivent du RSA "activité"
- Et avec 2 enfants
- Et que les 2 enfants, donc, aucun n'a moins de 3 ans ( sinon aucun gain de RSA ) vue que simple avance de la PPE le si peu qui resterait à percevoir.
le pourcentage doit etre ri-di-cule parmis les concernés par le RSA socle et RSA activité. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Le son de cloche de TF1 :
"On a subi un préjudice assez important", a réagi à l'AFP Catherine Nayl, la directrice de l'information de TF1. "Je suis en colère par rapport à la façon dont les journalistes de Nice Matin, qui travaillent dans le cadre de nos accords avec la presse quotidienne régionale, ont réalisé leur reportage". "J'ai appelé Frédéric Touraille (directeur général délégué de Nice Matin, NDLR)", a-t-elle poursuivi. "Ça ne remet pas en cause nos relations avec Nice Matin, avec qui on a toujours très bien travaillé. Mais, en revanche, je lui ai dit mon extrême mécontentement. Ce n'est pas à moi de voir quelles sont les suites à donner, mais je ne peux pas accepter ça sur l'antenne de TF1".
"Il n'y a pas eu de faute à la rédaction à Paris. Le rédacteur en chef ne pouvait absolument pas se douter de quoi que ce soit, c'est une séquence d'illustration qui dure quelques secondes", a-t-elle insisté, concluant, en colère : "Le préjudice, c'est nous qui le supportons".
Le son de cloche de Nice Matin :
Contacté par l'AFP, Frédéric Touraille a souligné que l'affaire ne concernait "absolument pas" la rédaction de Nice Matin. "C'est une filiale qui réalise les reportages dans le cadre de contrats de correspondance avec TF1, pas la rédaction. Je ne veux pas que cette affaire lui porte préjudice", a insisté M. Touraille, gérant de la filiale en question, NMTV.
"J'ai rencontré les jounalistes auteurs du reportage brièvement ce soir et je dois les revoir mardi pour avoir leur version des faits, précise et circonstanciée, qui me semble nécessaire", a-t-il dit, évoquant des faits "regrettables" s'ils étaient avérés.
www.liberation.fr/societe/01012345463-un-faux-temoignage-dans-le-jt-de-13h-de-tf1 Répondre | Répondre avec citation | Citer
Deux questions plus graves qu'il faudrait peut-être aussi discuter
Ces affaires sont certes d'abord des "bidonnages" du point de vue journalistique, c'est comme ça que la chose a été (un peu) relatée à la suite de l'alerte lancée par France Info. Or il nous semble qu'elles révèlent aussi le traitement superficiel de l'information, les processus de délégation de la réalisation des reportages et de perte de contrôle rédactionnel (TF1 dit ainsi avoir sous-traité le reportage à Nice-matin qui dit lui-même l'avoir sous-traité à "une filiale"…), de même que la dépendance croissante des journalistes à l'égard de la communication des pouvoirs publics, des "dossiers de presse" qu'on leur remet clefs en main et des multiples services qu'on est prêt à leur rendre pour leur faciliter la tâche.
Ensuite, on ne peut évidemment pas écarter l'hypothèse qu'il s'agisse aussi d'opérations de propagande politico-électorale dont le principal défaut serait d'avoir été confiées à des amateurs ayant joué le jeu de façon un peu trop simple et s'étant fait prendre la main dans le sac. Ce genre de manipulation en période électorale est en effet ancien et presque classique.
En faisant un petit effort de mémoire, on se souviendra par exemple de l'affaire de l'auto-stoppeuse d’Édouard Balladur lors de la campagne présidentielle de 1995. Parti en hélicoptère inaugurer un musée dans la campagne aixoise, le premier ministre en campagne aurait été confronté au brouillard, son hélicoptère posé, plutôt que de monter dans un véhicule officiel qu'il aurait pu trouver sans problème, il aurait décidé de faire de l'auto-stop afin d'aller à la rencontre des "vrais Français". Une automobiliste s'était alors spontanément arrêtée, l'un et l'autre déclarant ensuite aux médias le plaisir qu'ils avaient eu à converser en voiture, la dame trouvant le monsieur particulièremen t "détendu", vantant "sa capacité à s'intégrer à la situation", évoquant "quelqu'un d'extrêmement courtois ouvrant le dialogue avec moi tout à fait simplement", bref : tout l'image que le premier ministre cherchait à donner de lui dans son duel à distance avec Jacques Chirac. Las, le journal Libération révélait quelques jours après que l'aimable conductrice n'était autre qu'une cousine du député RPR de l'Essonne Georges Tron, proche collaborateur d'Edouard Balladur dont il fut l'attaché parlementaire. Quelle coïncidence !
L'affaire Voise, un coup monté
Quant à Jacques Chirac, de nouveau candidat en vu de l'élection présidentielle de 2002, il lancera une campagne sur "l’insécurité" d'une ampleur inédite et avec la complicité active de nombreux médias. Plusieurs faits divers furent alors montés en épingle et repris en boucle par les rédactions. Les deux plus importants (et influents) furent sans doute, en mars, l'affaire du pseudo "meurtre gratuit" d'un père de famille à Evreux (ville dont le maire était depuis peu Jean-Louis Debré) et, bien entendu, celui survenu trois jours avant le premier tour des élections, le 18 avril 2002. C'est l'affaire Paul Voise, le "papi d'Orléans", qui fut particulièremen t valorisée par la chaîne de télévision TF1 (tiens, encore elle…), prévenue apparemment par un élude cette ville, elle aussi passée à droite aux élections municipales de 2001. Un vieux monsieur sans défense et sans biens, vivant quasiment dans un taudis, habitant un quartier sensible, aurait été agressé par des inconnus qui voulaient le racketter (on se demande bien de quoi ?…), probablement des "jeunes de la cité", concluront la plupart des médias et des téléspectateurs .
Trois ans plus tard, l'affaire se soldera par un non-lieu, faute de toute preuve. Et il demeure possible, sinon probable, que tout cela ne fut qu'un coup monté. C'est dire s'il faudra rester vigilants à l'abord d'une nouvelle campagne électorale qui s'annonce très indécise, donc propice aux coups tordus en tous genres.
insecurite.blog.lemonde.fr/2011/06/26/tf1-et-lattachee-de-presse-du-conseil-general-de-nice-reflexions-sur-un-bidonnage/ Répondre | Répondre avec citation | Citer
Dans son 13 heures d'aujourd'hui sur TF1, Jean-Pierre Pernaut a présenté ses excuses pour le faux-témoignage diffusé le 23 juin dans un reportage sur le contrat de responsabilité parentale. Mais contrairement à ce qu'il affirme, ce type de "manquement inadmissible" s'est déjà produit dans son journal…
Pernaut a présenté des excuses en bonne et due forme. Une minute au milieu du journal. "Nous sommes sincèrement désolés de ce manquement inadmissible au sérieux, à l'éthique et à la déontologie de l'information," s'excuse-t-il. (…)
Le présentateur de TF1 a affirmé que "c'est la première fois dans l'histoire de nos journaux" que cela se produit. Ce qui est faux. En effet, @si avait déjà raconté comment, le 1er octobre 2008, un faux témoignage avait été utilisé dans un reportage diffusé… dans le 13 heures de Pernaut. Le reportage présentait un client visitant un appartement à Rennes. Client qui était en fait… agent immobilier dans l'agence vendant l'appartement. A l'époque, Pernaut ne s'était pas excusé.
Plus récemment, un autre reportage a été soupçonné de bidonnage. Le 23 novembre 2010, le 13 heures avait diffusé un sujet sur la violence à Marseille. On y voyait les douaniers arrêter un homme qui transportait une Kalachnikov dans sa voiture. TF1, arrivée trop tard sur les lieux, avait filmé l'arme dans le coffre bien après que l'arrestation ait eu lieu. Mais le journaliste avait assuré que les douaniers avaient spontanément rapporté la voiture, ce qui lui avait permis de la filmer, sans rien leur demander.
A noter, Pernaut a rejeté aujourd'hui la responsabilité sur la société de production régionale qui a réalisé le reportage : "Dès que l'on a eu connaissance, ici à TF1, de ce faux témoignage réalisé à la demande des journalistes de la société NMTV, qui assure la correspondance de TF1 dans la région, on a demandé au groupe de presse d'en tirer les conséquences auprès de ses deux collaborateurs afin de retrouver la confiance dans ce partenariat qui existe depuis 20 ans." Les reportages du 13 heures sont effectivement tournés en province par des sociétés de production montées en partenariat par TF1 et des groupes de presse régionaux. Quand il est mis en cause, Pernaut découvre tout à coup que ce système peut présenter des inconvénients.
www.arretsurimages.net/vite-dit.php#11532 Répondre | Répondre avec citation | Citer