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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités «Ils nous carottent ? Carottons-les !»

«Ils nous carottent ? Carottons-les !»

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Des militants du collectif l'Appel et la Pioche se sont donné rendez-vous samedi 4 juin au centre commercial Italie 2, dans le XIIIe arrondissement de Paris, pour une action «coup de poing» dans un Carrefour Market. Seulement, ils n'avaient pas prévu que l'action tournerait aussi court.

Le magasin visé fait actuellement face à une grève de son personnel qui s'insurge contre la stagnation des salaires tandis que les prix de la grande distribution, eux, augmentent. Ce secteur n'a d'ailleurs jamais fait autant de bénéfices : en 2011, Carrefour a annoncé une hausse de son bénéfice annuel de 11,3% pour un bénéfice net de 382 millions d'euros.

Les enseignes Carrefour, Leclerc et Auchan ont tenté de masquer l'augmentation des prix des denrées alimentaires en multipliant des campagnes de promotion au début de l'année 2011. Ainsi, selon 60 millions de consommateurs, 8 produits sur 10 sont sortis en hausse par rapport au prix antérieur à la période de promotion.

Baisse du pouvoir d'achat et augmentation des prix

Le principe de l'action est toujours la même : proposer aux clients un pique-nique en supermarché pour «la redistribution gratuite de la grande distribution».

Vers 13 heures, à l'heure où certains passent à table, les militants et sympathisants de l'action commencent à remplir leurs paniers de produits de la vie de tous les jours, jamais des produits de luxe. Fruits et légumes, chocolat, saucisson, bonbons, chips, fromage, et nappes de table. Ils ont tout prévu en embarquant deux tables de jardin pliantes dans leur caddie afin d'installer le pique-nique comme il se doit.

A 13h15, ils se regroupent dans le centre du magasin, déplient les tables et sortent la stéréo pour donner le ton. C'est dans une ambiance avant tout festive et décalée qu'ils commencent alors à inviter les clients à venir partager avec eux les vivres non payées prises dans les rayons, et à scander des slogans : «Carrefour se gave, nous nous gavons !», «Ils nous carottent, carottons-les !»

Mais l'action ne dure pas longtemps avant que les vigiles n'arrivent, assez énervés. Sans même laisser aux militants le temps de discuter, les vigiles du Carrefour Market Italie 2 font appel à la violence et délogent tout le monde. Ils s'attaquent aux installations des militants ainsi qu'aux appareils photos et caméras des quelques journalistes présents. Ceux-ci continuent pourtant de relater cette agitation non prévue, mais l'ambiance festive se transforme peu à peu en situation de crise.

Avec déception, les militants et sympathisants, aidés par les clients, constatent les dégâts causés par cette réaction musclée des vigiles : la nourriture est écrasée à terre et les bouteilles cassées transforment le magasin en patinoire.

Des militants dépités, mais une action réussie

Quand on lui demande comment se passe d'habitude ce type d'action, car elle n'en est pas à sa première, Leila Chaibi, porte-parole de l'Appel et la Pioche, rapporte : «Généralement, les grandes surfaces nous laissent faire notre petite intervention, nous scandons nos discours pour informer du pourquoi de l'action aux clients, puis nous rangeons tout ce qui a été déballé, sac poubelle à la main, et dans le calme».

Les militants de l'Appel et la Pioche sortent du magasin un peu dépités, et ne comprennent pas pourquoi les vigiles se sont montrés aussi violents sans véritable raison. Malgré tout, alors qu'ils se dirigent vers la sortie du magasin, les clients et les caissier(es) les applaudissent. Action réussie : ils ont pu discuter avec des consommateurs interloqués par toute cette agitation, mais qui font eux aussi face à la difficulté quotidienne de remplir leur panier.

En France, les actions «coup de poing» se multiplient depuis le mouvement des «Indignados» espagnol qui a franchi nos frontières pour dénoncer la précarisation de la vie. Que cela concerne la question du logement, du chômage ou du pouvoir d'achat, il semble que les Français en aient de plus en plus marre de se résigner.

(Source : Rue89)



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Mis à jour ( Mardi, 14 Juin 2011 08:53 )  

Commentaires 

 
# camélia 2011-06-07 17:27 Cet article me rappelle l'attitude lamentable des supermarchés qui préfèrent jeter les surplus de nourriture consommables au lieu de les donner à des associations. Ici ce sont les vigiles qui n'ont pas hésité à écraser de la nourriture alors que des personnes dans notre pays ne mangent pas à leurs faim, cette absence de solidarité doublée de haine est consternante. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

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