Un collectif de citoyens indépendants a lancé une pétition qui a recueilli près de 800 signatures :APPEL POUR UN REVENU DE VIE
Leur blog explique clairement les raisons pour lesquelles l'instauration d'un revenu de vie — automatique, individuel, inconditionnel et inaliénable, qui n'aurait rien à voir avec un pis-aller comme le RSA ou toutes ces autres allocations attribuées sous conditions — devient incontournable à une époque où l'emploi s'amenuise et, de plus en plus, ne permet pas une existence décente. C'est une question non seulement économique, mais aussi de dignité humaine.
Loin d’être un encouragement à la paresse, il élargit la réflexion sur la notion de «travail», sa véritable «valeur» qui n'est pas qu'exclusivement marchande, et sur le rôle que chaque individu peut jouer dans la société au delà de l'asservissement par l'emploi et ses fluctuations. Egalement, il propose un mode de financement tout à fait réaliste, établi par des économistes sur la base d'un nouveau partage des richesses.
Depuis longtemps nous soutenons ce revenu. Nous, Actuchomage, avons donc signé leur pétition.
En effet, puisqu'il s'agit aussi d’«insertion» — car on dit bien d'un adulte qui n'a pas de travail qu'il doit être «réinséré», n'est-ce pas ? —, nous avons un avis très tranché sur le sujet. A nos yeux, la véritable «insertion» professionnelle commence par un emploi véritable (CDI à temps plein) et digne de ce nom (qui permette de vivre et sortir totalement de l’«assistanat») : le reste n'est que pansement sur une jambe de bois.
Alors oui, on nous dit que certaines personnes «très éloignées de l'emploi» doivent/préfèreraient démarrer en douceur… c'est-à-dire à mi-temps. Les contrats aidés partent de ce raisonnement. Sauf que leur rémunération est minimale et que le salarié n'évolue ni dans ses horaires, ni dans son avenir puisqu'il se fait éjecter à la fin (les cas contraires où ce type de contrat a pleinement joué son rôle de tremplin et sorti des chômeurs de la précarité sont exceptionnels). S'il s'agit de reprendre le rythme, il faut donc obliger l'employeur à s'impliquer totalement dans l'acte de «réinsertion» en aménageant au départ une période d'adaptation (deux ou trois mois à mi-temps, pas plus) qui doit aboutir sur une embauche à plein temps.
Cependant, la plupart des chômeurs de longue durée sont tout à fait capables de retravailler à plein temps immédiatement.
Si l'emploi décent n'existe pas pour tous, si même il disparait (ce qui est le cas aujourd'hui), face à l'appauvrissement de la population et aux risques d'exclusion sociale demeure une seule alternative : l’«insertion» doit alors être collective et nationale, par la mise en place d'un revenu d'existence garanti sans contreparties coercitives.
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Commentaires
Effectivement, même si elles ne portent pas le nom de Revenu Universel, les allocations de chômage ne sont pas limitées dans le temps et sont soumises à certaines conditions de recherche d'emploi, comme le propose Simontrois dans l'article mentionné.
La seule différence avec le système de RU étant que l'Etat considère toujours le chômeur comme un profiteur. C'est sans doute la raison pour laquelle on ne parlera jamais de "Revenu Universel", une appellation qui normaliserait dangereusement, aux yeux de l'Etat, les allocations allouées aux inactifs.
La Belgique est actuellement le seul pays de l'OCDE où les allocations ne sont pas limitées dans le temps, mais c'est un système qui est souvent critiqué, et principalement par l'OCDE lui-même.
Or, le taux de chômage en Belgique pour 2009 est de 7,9%, ce qui n'en fait pas le plus mauvais élève de l'OCDE, dont le taux de chômage moyen pour la même période est de 7,8%. Répondre | Répondre avec citation | Citer