Comme nous, vous l'avez constaté : en cette période difficile, les offres de Pôle Emploi sont de plus en plus nourries par des employeurs qui «recrutent» du personnel sous le statut d'«auto-entrepreneur». Mais le procédé, tentant pour nombre de chômeurs aux abois, est un artifice doublement fallacieux.
D'abord, un emploi en «auto-entrepreneur» n'est pas… un emploi salarié. Mais on sait que Pôle Emploi n'hésite pas en toutes circonstances à se placer au dessus des pratiques nationales... Ici, Pôle Emploi s'autorise à nouveau un petit écart. Bras armé d'un gouvernement à la solde du Medef qui entend flexibiliser et précariser le salariat au maximum, tenté de bidonner ses statistiques et présenter des résultats honorables malgré la crise (il faut savoir que les auto-entrepreneurs, tout comme les chômeurs fraîchement licenciés en CRP ou en CTP, n'entrent pas dans les officielles catégories A, B et C divulguées chaque fin de mois), Pôle Emploi joue le jeu et déborde subtilement de sa fonction première.
Faute de grives, on mange des merles en publiant des «appels d'offre» ou «appels à devis» déguisés en autant de propositions d'«activité». Car il ne s'agit pas d'emplois mais de prestations. Celles-ci effectuées, l'employeur ne verse pas un salaire (avec toutes les conséquences que cela suppose sur la redistribution nationale : cotisations, impôts…) mais présente une facture à régler. Ainsi, Pôle Emploi contribue à laminer le salariat — et la protection sociale qui en découle — en substituant le «statut AE» au statut salarié.
La supercherie est immense !
Nous en avons déjà beaucoup parlé sur Actuchomage. Pour ne citer que nos publications les plus récentes :
• L'auto-entrepreneur ou les dérives d'un statut
Article chopé sur E24, site d'information qui n'est pas réputé pour être un repaire de gauchistes.
• Auto-entrepreneur, quelle aubaine !
Une de nos lectrices nous a signalé comment son employeur la licencie «à l'amiable» en lui conseillant de s'installer en auto-entreprise afin qu'il puisse continuer à lui fournir du travail par ce biais...
• Offres d'emplois en statut auto-entrepreneur ?
Une réflexion de fond, exemples à l'appui, menée par nos forumeurs.
De même, interpelée par nos soins, la CGT-Pôle Emploi s'insurge contre les pratiques de son organisme/employeur dont elle défend, avant tout, la mission de service public garantie par des principes républicains en pleine déconfiture. Enonçant les nombreux effets pervers de ces soi-disant «offres» dont nous vous conseillons de prendre attentivement connaissance avant de succomber, par dépit ou par naïveté, le syndicat liste ce à quoi vous vous exposez si vous succombez à la tentation d'un statut ô combien alléchant.
Bref : Salarié ou indépendant ? Rester «inactif» ou se lancer en solo (et dans le vide à moyen terme) ?
«Libre» à vous de choisir… Mais on vous aura avertis !
Articles les plus récents :
- 31/07/2009 10:34 - L'ingratitude de Pôle Emploi envers ses CDD
- 30/07/2009 05:14 - Contre le RSA et pour un Revenu de vie
- 29/07/2009 09:50 - Quand il faut courir après le boulot...
- 27/07/2009 02:43 - Encenser la «valeur travail» pour mieux humilier le travailleur
- 24/07/2009 02:28 - Discrimination, qualité des offres, salaires : rien ne va plus à Pôle Emploi
Articles les plus anciens :
- 20/07/2009 03:27 - RSA et épargne disponible : Martin Hirsch nous a menti !
- 16/07/2009 20:43 - La CGT-Chômeurs fait son Paris-Plage
- 14/07/2009 15:38 - Comment bouffer à l'œil à l'Elysée
- 11/07/2009 01:42 - Assimilé salarié et demande de RSA : J'ai testé pour vous !
- 09/07/2009 21:21 - La commission Hirsch pipote la jeunesse






Commentaires
Débordé par l'afflux des demandeurs d'emploi, Pôle Emploi a oublié de s'occuper des offres. «La relation avec les entreprises a été un peu trop délaissée», a souligné hier Laurent Wauquiez lors de la présentation du «plan de mobilisation» arrêté pour la rentrée. «On a des emplois à gagner même en période de crise», a insisté le secrétaire d'Etat à l'Emploi, citant les «emplois verts» et les… services à la personne. Il a pressé l'organisme de relancer la prospection et fixé un objectif de «100% de réponses aux offres déposées».
Recrutement de 500 jeunes en contrats aidés
Jusqu'ici, l'urgence a contraint Pôle Emploi à concentrer ses forces sur l'inscription et l'indemnisation des chômeurs. Le gouvernement espère désormais que le recours accru à la sous-traitance et l'embauche de 1.840 CDI et de 500 CDD, désormais finalisée, libéreront du temps pour la prospection. S'y ajouteront, a dévoilé hier Laurent Wauquiez, le recrutement de 500 jeunes en contrats aidés pour «renforcer l'accueil» dans les agences.
Il a décliné les autres objectifs fixés pour septembre : ramener de 50.000 à environ 30.000 le stock moyen de dossiers en attente de traitement, porter de 70% à 80% le taux de réponses immédiates aux appels reçus sur le 3949, et arriver à 80% de sites mixtes en place (sur un total de 950). Ce dernier dossier a pris du retard - seulement 200 sites en place début juillet - mais Christian Charpy, directeur général de Pôle Emploi, assure qu'il sera rattrapé cet été.
Sous traitance par le privé
Dans l'après-midi, la direction de Pôle Emploi et les partenaires sociaux se sont par ailleurs réunis pour entamer l'examen des candidatures des opérateurs privés (cabinets de reclassement, agences d'intérim, etc.) à qui vont être progressivement confiés, à partir du 1er septembre, l'accompagnement de 320.000 chômeurs. En tout, 66 «lots» régionaux sont à attribuer et la procédure devrait être entièrement bouclée la semaine prochaine.
(Source : Les Echos) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Lire tout l'article ici… Répondre | Répondre avec citation | Citer