(...) Le premier ministre annonce qu'il envisage de "réaffecter" au financement de l'économie les "excédents de la collecte" du Livret A, placement qui attire de plus en plus d'épargnants notamment en raison de la crise financière. M. Fillon relève qu'il y a des "excédents de la collecte par rapport aux besoins du logement social" auquel ils sont traditionnellement destinés, et "qu'ils doivent pouvoir être réaffectés".Les fonds déposés sur Livret A s'élevaient fin juillet à 128,1 milliards d'euros, en hausse de 9,8% sur un an. La collecte a fortement augmenté ces derniers mois, conséquence de la hausse du taux de rémunération du Livret (porté à 4% en août) et de la chute des marchés boursiers.
(...) Au chapitre des taux d'intérêt, le premier ministre dit espérer que les décisions de la Banque centrale européenne "seront à la hauteur des enjeux économiques". François Fillon n'envisage, pour l'heure, pas de changement de cap économique, réaffirmant que tout sera fait pour que le déficit public ne dépasse pas le seuil des 3% du PIB fixé par le pacte de stabilité européen.
(Source : Le Monde)
Le syndicat FO parle de «détournement de fonds sans précédent» => lire en commentaire…
Face au tollé sur le Livret A, le gouvernement se tourne vers d'autres produits d'épargne => lire en commentaire…
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"Face aux défaillances en cascade qui sanctionnent l'aventurisme du monde financier, le pouvoir exécutif ose envisager une ponction des avoirs du Livret A pour refinancer les banques et prêter aux entreprises", a souligné FO dans un communiqué, s'indignant "de ce qui serait un détournement de fonds sans précédent".
"En effet, la vocation du Livret A, outre de protéger l'épargne populaire, est d'assurer le financement public du logement social" et "chacun sait que les besoins en la matière sont loin d'être comblés", a précisé la fédération syndicale.
La "confiance" des ménages "est en passe d'être trahie par le Gouvernement qui casserait leur tirelire pour prêter, avec tous les risques inhérents, à ceux qui jouent avec l'argent", a-t-elle ajouté.
Pour elle, "la notion surprenante et proprement absurde de +surplus+ des encours du Livret A est surtout le symptôme de l'inquiétude profonde des ménages qui, face à la tourmente financière, cherchent un refuge dans une institution censée être à l'abri de la spéculation". Dès lors, "avec ce retour scandaleux à l'emprunt forcé, les épargnants, et parmi eux les plus modestes, seraient spoliés deux fois : sur la garantie de leur épargne, et sur leur possibilité de se loger", affirme-t-elle.
"Les économies des Français ne doivent pas devenir l'assurance tout risque du libéralisme financier !", ajoute FO.
Enfin, la fédération syndicale "rappelle qu'au moment où l'Etat veut faire des cadeaux aux intérêts privés et consacre 3 milliards au renflouement de Dexia, il laisse La Poste supporter seule 1 milliard d'euros de déficit sur ses missions de service public, dont 88 millions liés au coût social du Livret A". Répondre | Répondre avec citation | Citer
On utilise le mot «nationalisatio ns» pour décrire le sauvetage d’un système financier prédateur par le renflouement des caisses des spéculateurs sur le dos des contribuables — et donc au préjudice de toute politique sociale.
Or, il ne s'agit pas de «nationalisatio ns» mais d’une véritable privatisation des fonds publics. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ne pas laisser les banques fermer le robinet du crédit aux entreprises. Alors que la Bourse de New York a de nouveau fortement reculé jeudi soir (- 3,22% pour le Dow Jones), après l'annonce des difficultés d'emprunt rencontrées par le géant américain General Electrics, le gouvernement français tente d'éviter pareille mésaventure aux entreprises françaises.
En attendant de discuter des solutions que l'Europe peut apporter à la crise bancaire, samedi, lors d'une réunion extraordinaire du «G4» à Paris et au moment où l'INSEE annonce, vendredi matin, des prévisions de croissance très alarmistes pour la fin de l'année, l'Élysée a dévoilé jeudi soir des mesures chocs pour le financement des petites et moyennes entreprises (PME). Un plan qui permettra «d'injecter, au total, environ 20 milliards d'euros en direction des entreprises», selon la présidence. Il ne s'agit pas de nouvelles dépenses budgétaires mais de la réaffectation de ressources qui existaient par ailleurs.
Accorder des prêts
La mesure la plus spectaculaire concerne les Livrets de développement durable (LDD, ex-Codevi) et les Livrets d'épargne populaire (LEP). Le gouvernement va changer les règles de centralisation pour que davantage de fonds collectés par les banques à l'aide de ces produits restent à leur disposition.
Jusqu'à présent, les banques n'avaient le droit de conserver que 91% des ressources collectées dans les Livrets de développement durable et seulement 15% de celles provenant des Livrets d'épargne populaire. Le reste était centralisé à la Caisse des dépôts. Avec les nouvelles normes, les banques pourront conserver l'intégralité des fonds collectés avec les LDD et 30% de ceux provenant des LEP. «Cela représente 17 milliards d'euros de dépôts supplémentaires remis dans les bilans des banques pour qu'elles financent les entreprises», explique l'Élysée. Les banques ne pourront en bénéficier qu'à condition de s'engager à continuer à accorder des prêts. Ce faisant, le gouvernement fait d'une pierre deux coups, car à court terme ce gonflement des fonds propres des banques françaises résoudra en partie leurs problèmes de liquidités.
Le gouvernement ne touche donc pas, en tant que tel, au Livret A, qui représente environ 118 milliards de dépôts. Mais c'est tout comme : les LEP et LDD représentent respectivement 60 et 63 milliards d'euros de ressources et constituent une sorte de «livret A» distribué par les établissements qui n'avaient pas le droit de le faire jusqu'à présent. «L'État continuera de garantir ces dépôts et la Caisse des dépôts conservera les moyens de financer le logement social», assure l'Élysée pour rassurer les épargnants.
Oseo mis à contribution
Autres mesures : Oseo - la banque publique de financement des PME - va voir ses moyens considérablemen t accrus. Sa capacité de prêt sera augmentée de 50%, pour être portée à 6 milliards contre 4 milliards aujourd'hui. Les 2 milliards supplémentaires proviendront de la Caisse des dépôts. En outre, Oseo pourra garantir plus de prêts accordés par les banques aux PME. Actuellement, l'organisme dispose d'un fonds de garantie d'un montant de 240 millions d'euros qui lui permet de couvrir une partie des prêts accordés par les banques aux entreprises. La dotation de ce fonds sera augmentée de 40 millions, ce qui permettra de garantir 1 milliard d'euros de prêts supplémentaires en 2008 et 2009. Ces ressources supplémentaires permettront selon certains experts de donner de l'oxygène pour dix-huit mois supplémentaires aux PME.
(Source : Le Figaro) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Livret A => logement social
LDD => a repris les bases du Codevi (dont les fonds étaient utilisés pour financer le développement industriel) pour les étendre au financement des projets en faveur du développement durable (respect de l’environnement et préservation des ressources).
LEP => ne se destine à aucun financement précis. Répondre | Répondre avec citation | Citer