Les Enfants de Don Quichotte, qui avaient organisé l’hiver dernier un campement de SDF au bord du canal Saint-Martin pour sensibiliser l’opinion sur leur situation, menacent de refaire la même opération «le plus tôt possible», expliquent Jean-Baptiste et Augustin Legrand, les porte paroles de l’association.
Pourquoi envisagez-vous de réorganiser un campement ?
Augustin Legrand : Parce que les promesses qui ont été faites l'hiver dernier n'ont pas été tenues.
Jean-Baptiste Legrand : On nous a promis la création de 27.000 places d’hébergements et de logements avant la fin de l’année. Mais on s’est aperçu que le gouvernement n'a pas rempli ses objectifs. Sur les 27.000 logements promis, 14.000 ne verront pas le jour. Ça fait donc 14.000 sans domiciles fixes resteront à la rue pendant l’hiver. On veut aussi dire aux gens que l’on a besoin d’aide et que l’on est toujours présents.
Pensez que ce soit la seule solution ?
Jean-Baptiste : Pour nous, les tentes ce n’est pas une solution. On s’en est aperçu l’hiver dernier, c’est hyper dur de passer l’hiver sous une tente…
Augustin : Mais c’est notre seul moyen de manifester.
Jean-Baptiste : Ça ne nous amuse pas de mettre des gens dans des tentes. Mais on ne peut pas abandonner les SDF. Depuis l’an dernier, on se sent responsables.
Augustin : On ne peut pas promettre à des mecs qui n’ont rien et qui sont dans la rue qu'on va les loger et leur dire l’hiver suivant qu'ils vont encore être dans la rue. C’est criminel, ce qu’ils vivent ! Le rapport de confiance est cassé avec eux.
Où pensez-vous installer le futur campement ?
Jean-Baptiste : A proximité du Pont des Arts, près du Louvre. On voudrait un endroit où l’on ne gêne pas trop les riverains, et à l’abri de la police. C’est sûr que l’on ne va pas se cacher dans les bois.
Dans combien de temps ?
Augustin : On veut installer le camp le plus vite possible, en fonction de notre organisation. On a envoyé une lettre au gouvernement pour savoir ce qu’ils comptaient faire, afin de connaître le plan de bataille de Sarkozy. Mais on n’a pas de réaction, pas de réponse. En gros, s’il y a des avancées majeures, on ne met pas de tentes. Mais on est sûr qu’il n’y aura pas de plan spécial.
Comment vous préparez-vous ?
Augustin : En ce moment, on fait le tour des associations pour voir celles qui veulent bien nous suivre. On est prêt à faire appel à des ONG étrangères pour nous aider, comme le Croissant Rouge.
Ce campement sera-t-il plus important que celui du canal Saint-Martin ?
Jean-Baptiste : A Paris, 6.000 à 7.000 personnes vont passer l’hiver dans la rue. On veut donc faire un énorme campement de 2.000 à 3.000 tentes. On ne veut pas faire dans la demi-mesure. On fera en sorte qu’il y ait sur ce campement des travailleurs sociaux ainsi qu’une assistance médicale pour s’occuper des SDF. Afin de faire un Sangatte à Paris.
Le plan d’urgence a été négocié avec Borloo…
Jean-Baptiste : J’aimerai bien le mettre en face de ses responsabilités. Il joue sa crédibilité. Il va bientôt se mettre à une table avec des associations environnementales – pour le Grenelle de l’environnement - et s’il leur fait la même chose qu’il a fait avec nous, on peut s’inquiéter pour l’avenir de la planète.
(Source : Libération)
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"Deuxième chose, il faut que j'arrive à définir en quoi, moi, je peux faire avancer les choses… Je ne sais pas…", a ajouté le défenseur des sans-abri qui avait installé fin décembre 2006 un campement de tentes pour les SDF sur les berges du canal Saint-Martin à Paris.
"J'ai une proposition qui m'a été faite (…) avant hier par Mme Boutin pour rentrer justement" au ministère, a-t-il expliqué, précisant que cela s'était fait après une "altercation" avec la ministre sur des questions de méthode. "Elle m'a dit «Venez à l'intérieur, devenez chef de mission au cabinet»", a-t-il ajouté.
Cela aurait été "idiot de dire non immédiatement. Si on me donne les moyens d'agir", a-t-il encore expliqué. "Moi, je voudrais juste comprendre ce que moi je pourrais faire changer de l'intérieur. Pourquoi ils ont besoin de moi au ministère, pourquoi une telle demande ?"
Le leader des Enfants de Don Quichotte a précisé qu'avant de prendre une décision il souhaitait "définir les contours" de cette mission. Il n'a pas précisé la date à laquelle il donnerait sa réponse. "Je n'accepterai une mission que s'il s'agit de mettre en opération une mise à l'abri. Il nous faut pour ça le déblocage de 12.000 places en maison-relais", a-t-il cité en exemple. Répondre | Répondre avec citation | Citer