Il est parti ce matin de Montigny le Bretonneux pour la capitale. Dans son carnet de bord, il écrit :«Aujourd'hui, tout est entre les mains de la providence. Je voulais juste écrire ceci avant mon départ vers les grilles de l'Elysée : La condition des chômeurs reste malheureusement soupçonnable, les témoignages que j’ai observés sur les places des plus grandes villes de France m’ont indiqué que vous êtes souvent découragés, mais je suis très fier d’avoir vérifié sur le terrain de la vie que vous tous, citoyens Français, n'êtes pas refermés sur vous-mêmes mais que vous avez du cœur et êtes ouverts et prompts à tendre la main, que vous n'êtes pas fainéants et profiteurs. Cette belle France n’est pas perdue car elle possède dans son terroir et dans ses mentalités des ressources inépuisables.»
Nous attendons les premiers échos de son arrivée en espérant que Nicolas Sarkozy, qui se plaît à recevoir toutes sortes de "victimes", ne lui fera pas l'injure de le faire accueillir par l'un de ses sous-fifres.
A (re)lire : Le tour de France d'un chômeur (16/07/07)
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Commentaires
En France, l'âge est le premier facteur de discriminations à l'embauche et les seniors restent la première cible des restructuration s.
Agé de 46 ans, au chômage depuis plus de deux ans, allocataire du RMI depuis peu, Eric est parti le 14 août de Saint-Guilhem-Le-Désert (Hérault), faisant étape dans une cinquantaine de villes à la rencontre des élus, toutes couleurs politiques confondues, de responsables ANPE, d'habitants.
Candidat à un poste dans le domaine de la communication événementielle, Eric a aussi passé beaucoup de temps sur son ordinateur pour répondre le soir aux encouragements reçus sur son site internet www.ledroitdagir.com, caler ses rendez-vous et alimenter un carnet de route en photos et commentaires. "Un défi physique mais aussi de communication pour mettre en avant mes compétences, il a fallu un peu de force de persuasion dans les premiers jours. Après, ça a fait boule de neige", dit-il.
Aujourd'hui, Eric "croise les doigts" : il a reçu au moins trois propositions sur Lyon, Paris et Dijon.
Sur son site, il enchaîne récit des kilomètres avalés, hommages appuyés aux élus qui l'accueillent, éloges gourmands des produits du terroir dont ses hôtes de passage le gratifient au fil de la route. Deux jours après le départ, un premier objectif est atteint : apparaître en 1ère page du moteur de recherche Google en tapant son nom.
Au passage, Eric distille son espoir de parvenir, avec "le 5e pouvoir, celui des blogs, de l'internet et des initiatives personnelles devenant collectives" à faire avancer les choses.
Rarement, recherche d'emploi aura été aussi rocambolesque. A Agen, une radio locale lui paye l'hôtel. A Marmande, l'ANPE lui sert du clafouti. A Blaye, un lit l'attend, réservé par la mairie. A Ruynes, le sociologue Emmanuel Pierru se met de la partie. A Bourg-en-Bresse, on lui assure que la ville a le plus bas taux de chômage de France. A Vitry-le-François, le maire lui fait un topo sur l'embauche dans les collectivités territoriales.
Eric, parrainé par le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) et l'association Les Quinquas Citoyens, emmagasine des témoignages de la précarité touchant, dit-il, un tiers des Français. "J'intègre dans mon calcul les salaires pauvres, les Smic", dit-il. "Moi, c'est mon âge qui me met dans la précarité. D'autres, c'est l'invalidité, d'autres raisons… ".
A un jour de l'arrivée, Eric se demande s'il sera reçu à Paris par Nicolas Sarkozy dont il a mis en exergue une petite phrase exaltant la France du mérite. Il espère lui remettre son carnet de bord, "sans polémiquer".
"Bien sûr, mon parcours est un exemple, mais ça suffit pas. Il doit y avoir derrière la volonté de l'Etat d'être un peu plus ambitieux pour résoudre les problèmes de précarité." Répondre | Répondre avec citation | Citer
Comme on s'en doutait, Nicolas Sarkozy - qui méprise hautement ces victimes du libéralisme que sont les privés d'emploi… - n'a pas daigné recevoir Eric Fournier, qui s'est entretenu pendant plus d'une heure avec un "conseiller technique" de l'omniprésident. "Le conseiller m'a dit qu'il allait tenter de m'aider dans ma recherche d'emploi, même si l'Elysée n'est pas l'ANPE", explique Eric sur Europe 1. Répondre | Répondre avec citation | Citer