
Dans le discours de politique sociale du chef de l’Etat, Monsieur Sarkozy réaffirme sa volonté de fusionner l’Unedic et l’ANPE et annonce de nouvelles procédures de sanctions envers les chômeurs.
Concernant la question de la fusion, nous sommes persuadés de l’intérêt d’un rapprochement opérationnel des deux instances pour en faciliter l’accès pour les usagers. Par contre, et comme ne le dit pas Monsieur Sarkozy, s’il s’agit de privatiser à terme l’ANPE et de privilégier l’intervention d’entreprises privées pour le placement, nous ne pouvons qu’être contre cette perspective. L’ANPE est un service public qui, par définition, doit garantir une équité territoriale quant au suivi et à l’accompagnement des personnes. Cette équité doit non seulement être garantie mais aussi accompagnée de moyens supplémentaires, comme le font les pays du Nord de l’Europe, souvent pris en exemple quant à la gestion du chômage et à ses résultats en matière de retour vers l’emploi.
Pour ce qui est de la mise en œuvre de nouvelles procédures pour des sanctions «plus efficaces, plus fermes et plus justes», là encore, nous ne pouvons que réagir. Les chômeurs, dans leur très grande majorité, ne sont pas des fraudeurs mais des personnes victimes d’une fin de contrat et qui, à juste titre, font valoir leur droit à une assurance à laquelle ils ont souscrit. Les sanctionner à la 2ème offre d’emploi refusée alors que la notion «d’offre valable d’emploi» n’est même pas définie par un texte légal, est pour le moins empreint d’une grande subjectivité. De quel droit un agent qui vous reçoit peut décider, à votre place, si une offre est de votre intérêt ? Lorsque l’on enchaîne des contrats précaires souvent mal rémunérés (CDD, intérim, travail à temps partiel…) qui représentent
aujourd’hui près de 80% des offres d’emploi, il doit être compris et accepté que des chômeurs refusent ce type d’emploi et continuent leur recherche d’un emploi à plein temps, en CDI, leur permettant enfin de vivre décemment.
N’inversons pas les rôles ! Ce que nous attendons, c’est une politique créant les conditions du retour à l’emploi du plus grand nombre des 3,5 millions de personnes inscrites à l’ANPE. Sanctionner, quand il n’y a pas assez d’emplois et en grande majorité des emplois précaires, est inacceptable.
Jean-François YON, président du MNCP (Mouvement national des chômeurs & précaires)
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Commentaires
Ainsi, la fusion UNEDIC/ANPE ajoutée aux sanctions qui devraient s’appliquer en cas de refus de deux offres d’emploi, sont à l’inverse de ce que la raison exige pour permettre aux chômeurs de retrouver un emploi.
La fusion UNEDIC/ANPE consiste à fondre dans un même établissement l’actuel organisme payeur avec l’actuel organisme placeur. La nouvelle institution serait alors juge et partie, ce qui tourne le dos à la mécanique institutionnell e d’un pays démocratique. Le recours aux radiations serait quant à lui facilité.
Concernant le renforcement des sanctions, il s’agit là d’une double peine dès lors que la perte d’emploi involontaire est suivie d’une interruption brutale du revenu de remplacement. Injuste, la mesure est de surcroît inefficace puisque l’on sait que le niveau actuel des indemnités de chômage ne permet pas d’assumer les charges incompressibles d’un foyer en même temps que les frais mensuels d’une recherche d’emploi que nous évaluons à 414,50 € par mois.
Comment y parvenir en étant privé de tout moyen d’existence ? Ce principe est un non sens puisqu’il contrarie de façon parfois définitive le parcours de retour à l’emploi d’un chômeur.
Le retour à l’emploi ou l’accès à une formation doit être choisi par le demandeur d’emploi et encadré par un service public de l’emploi renforcé en moyens humains et financiers.
Pour s’opposer aux projets du Président de la République, nous organiserons UNE JOURNÉE NATIONALE DE MOBILISATION dans le courant du mois d’octobre. Répondre | Répondre avec citation | Citer