HARTZ IV, la réforme censée lutter contre le chômage de longue durée, fait encore parler d'elle. A l'origine de la nouvelle polémique, l'idée lancée par la CDU-CSU, l'un des partis au pouvoir : le secrétaire général de la CDU Ronald Pofalla souhaite modifier une nouvelle fois la législation Hartz IV pour forcer les enfants de chômeurs à prendre partiellement en charge leurs parents dès lors qu'ils disposent de ressources financières suffisantes. Le dispositif compléterait ainsi une série de mesures adoptées au mois de mai et en février.
Durcissement de la législation
Confronté à une hausse exorbitante des coûts, le gouvernement allemand avait restreint les conditions d'indemnisation des chômeurs de longue durée. Premiers visés, les jeunes de moins de 25 ans qui vivent chez leurs parents ont vu leur allocation chômage diminuer de 20%, soit une indemnité mensuelle de 276 € en Allemagne de l'Ouest et 265 € en Allemagne de l'Est. Berlin a ensuite durci la législation à l'égard de tous les bénéficiaires d'Hartz IV. Depuis le 1er août, les centres de recherche d'emplois doivent tester la volonté des demandeurs d'emplois. De plus, l'allocation de chômage longue durée peut être réduite de 60% si le chômeur refuse deux offres d'emplois en l'espace d'un an, et même totalement supprimée si le chômeur refuse trois offres d'emplois en un an.
Malgré cette stratégie de réduction des dépenses, l'idée de la CDU n'a pour l'instant pas fait beaucoup d'émules. Les sociaux-démocrates, les Verts et l'extrême gauche ont crié au scandale tandis que des juristes ont accusé l'union chrétienne de vouloir réintroduire des pratiques du XIXe siècle. «La famille est une communauté de responsabilité», a rétorqué Ronald Pofalla à ses détracteurs. «Cela allégerait les dettes des communes si les vieilles règles du droit à l'aide sociale étaient à nouveau introduites», a renchéri un expert de la fédération des communes et des villes. Pour l'instant, seuls les retraités allemands peuvent exiger une aide de leurs enfants si ces derniers disposent de revenus supérieurs à 100.000 € par an.
(Source : Le Figaro)
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Les moins de vingt-cinq ans en chômage de longue durée se voient supprimer l’aide de l’État au prétexte qu’ils peuvent habiter chez leurs parents.
Selon le projet de loi annoncé lundi par Franz Müntefering, vice-chancelier allemand et ministre SPD du Travail et des Affaires sociales, les Allemands de moins de vingt-cinq ans qui n’ont ni travail, ni contrat d’apprentissage ne recevront plus d’allocation logement de la part de l’État pour les aider à payer leur loyer. En clair : les jeunes bénéficiaires de l’allocation de chômage longue durée (Arbeitslosenge ld II) ne pourront plus prétendre à leur propre appartement et devront retourner au foyer familial. Seuls les «cas sociaux sérieux», toxicomanes et jeunes victimes de violences dans leur famille, verront leur droit au libre choix du domicile préservé.
L’État entend ainsi transférer les charges du soutien aux jeunes chômeurs sur les familles, pénalisant parents et enfants. Cela en toute conformité avec la philosophie de la réforme du marché du travail (Harz IV) qui a, on le sait, réduit les prestations aux chômeurs de longue durée, ramenant leurs indemnités au niveau de l’aide sociale, cette même réforme les contraignant aussi à déménager dans un logement plus conforme à leurs nouveaux revenus, donc plus petit, s’ils entendent continuer à percevoir l’allocation logement.
«Cette mesure oblige les parents à entretenir leurs progénitures jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans», fait remarquer Katja Kipping, vice-présidente du Linkspartei-PDS, qui souligne cette volonté du gouvernement de faire cofinancer la charge du chômage des jeunes par les parents. Sachant qu’en Allemagne, pour les nouvelles embauches, la protection contre les licenciements ne débute qu’après une période d’essai de vingt-quatre mois - selon un singulier parallèle avec le fameux CPE français -, une précarisation encore plus massive des jeunes est à l’ordre du jour. «C’est d’une part le reniement de la majorité à dix-huit ans et du droit au libre choix du domicile, et de l’autre la prolongation du devoir d’entretien pour les parents. Rien de bien conforme avec le Code civil», ajoute la députée.
Pour Frank Jäger, membre d’un groupe de travail sur les aides sociales, les durcissements annoncés ne sont pas non plus conformes au droit civique en vigueur : «Prenez l’exemple d’une personne qui élève seule son enfant. Le partenaire hors mariage de cette personne n’a pas à subvenir aux besoins du jeune en question. Alors pourquoi partager le même toit ?»
On le voit, le gouvernement de grande coalition prolonge, en les aggravant, les mesures antisociales décidées par son prédécesseur. Pour faire bonne mesure, outre la suppression de l’allocation logement, les jeunes de moins de vingt-cinq ans ont vu leur indemnité de chômage de longue durée réduite à… 276 euros (contre 341 auparavant).
(Source : L'Humanité) Répondre | Répondre avec citation | Citer
D'autres infos sur le chômage allemand : dispositif Hartz IV, le scandale des jobs à 1 euro, la situation économique en général, et surtout l'émergence de nouvelles idées sur un revenu de base inconditionnel… Répondre | Répondre avec citation | Citer