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Accueil s'informer La revue de presse Espagne, terre de bas salaires

Espagne, terre de bas salaires

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Les salaires espagnols sont parmi les plus bas d’Europe, ce qui explique en partie ce qu’il est convenu d’appeler le «miracle espagnol», un miracle économique qui a un prix social très lourd. Vicenç Navarro, pour El País, passe en revue les facteurs pesant sur les rémunérations.

Deux faits concernant l’évolution des salaires en Espagne attirent l’attention. Le premier, attesté par le dernier rapport de l’OCDE Employment Outlook 2007, est la baisse des salaires en Espagne. Le second, attesté aussi par le même rapport, est que les salaires espagnols sont parmi les plus bas de l’Union Européenne des Quinze (UE15), groupe des pays les plus proches de l’Espagne sur le plan du développement économique.

Ce mauvais classement de l’Espagne est certes une constante, mais en revanche la baisse du salaire moyen est plus récente et elle s’est produite essentiellement à partir des années 90. Plusieurs auteurs l’attribuent à la mondialisation en mettant en évidence que les travailleurs espagnols sont concurrencés par les travailleurs de l’Europe de l’est ainsi que par ceux des pays sous-développés (aux salaires beaucoup plus bas). Cette concurrence amène les travailleurs espagnols à réduire leurs demandes de hausses salariales de crainte qu’elles suscitent, en guise de réponse patronale, un départ de l’entreprise dans un autre pays. La presse regorge de références à des entreprises menaçant de se déplacer ou l’ayant fait à la recherche de salaires plus bas. Tout ceci est indiscutable et se produit de préférence dans les secteurs industriels de la production.

Il n’en reste pas moins que cette argumentation oublie des faits importants. Le premier, c’est que la grande majorité des postes de travail n’est pas exportable : autrement dit, on ne peut pas les créer dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, par exemple, on a calculé que le nombre de tâches exportables dans les prochaines vingt annnées varie de 16% à 29%, ce qui veut dire qu’entre 84% et 71% ne sont pas délocalisables. Le second fait, c’est que les salaires ont autant baissé sur les postes de travail exportables que sur ceux qui ne le sont pas, étant entendu que c’est sur ces derniers que l’on trouve la majeure partie des salaires les plus bas : travailleurs de la restauration et personnels de cuisine, employés du nettoyage, employés de maison, personnel des crèches et du service à domicile, gardiens de bâtiments et de parking... Pourtant, aucun de ces emplois n’est exportable dans d’autres pays !

Les causes du bas niveau de ces salaires et de bien d’autres qui sont non délocalisables se trouvent, en partie, dans les politiques publiques (telles que la dérégulation du marché du travail) qui ont été appliquées et qui ont énormément affaibli le monde du travail et les syndicats.

Des marchés du travail hautement régulés comme celui des scandinaves (dont les pays sont pourtant les plus mondialisés de l’UE15) offrent, pour les mêmes postes, des salaires beaucoup plus élevés qu’en Espagne. Les travailleurs de ce qu’en Finlande ou en Suisse on appelle "les écoles de la petite enfance" (des garderies publiques pour enfants de zéro à 2 ans) sont des professionnels diplômés de l’université tandis qu’en Espagne, les travailleurs de ce que l’on appelle les crèches ([ndt : guarderías en espagnol, d’où la remarque suivante] le nom dit assez la fonction de garderie des enfants en bas âge) sont des personnes à la formation très faible, voire absente. En réalité, en Espagne, on exige plus de connaissances et de formation des gardiens d’animaux dans les zoos que des gens ayant en garde des enfants ou s’occupant des personnes âgées !

Une autre cause des bas salaires réside dans l’immigration massive que l’Espagne a connue ces dernières années et qui a provoqué une diminution des salaires des secteurs où une telle immigration s’est concentrée. (...) C’est ici que réside une autre des causes du bas niveau des salaires : l’importation de travailleurs qui, par leur condition d’immigrés, doivent accepter des salaires plus bas. Voilà pourquoi, dans des pays où les syndicats sont forts - comme dans les pays nordiques -, on défend l’immigré en lui donnant les mêmes droits que les travailleurs nationaux (mais pas l’immigration) alors que, dans les pays où le monde patronal est fort comme c’est le cas dans le sud de l’Europe, on favorise l’immigration mais pas l’immigré.

(Source : Contre Info)

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Mis à jour ( Mercredi, 27 Février 2008 21:36 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-02-27 20:38 Selon le rapport réalisé par la Commission européenne sur la protection sociale, 24% des mineurs en Espagne vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un pourcentage qui attribue à l’Espagne la palme de la pauvreté, suivie de la Grèce, l’Italie, la Lituanie, la Lettonie, Le Luxembourg, la Pologne et le Portugal.

Selon ce rapport, pour le cas de l’Espagne, cette situation alarmante est le résultat d’un nombre important d’enfants qui vivent dans des familles dans lesquelles seul un des parents travaille. Cette pauvreté est également due aux très faibles aides gouvernementale s directes attribuées aux familles. Face à ce phénomène préoccupant et existant dans un pays européen, l'Union européenne recommande fortement au gouvernement actuel ou futur d’adopter le plus rapidement possible de nouvelles stratégies afin d’aider les familles en difficulté.

(Source : www.lepetitjournal.com )
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0 # tristesir 2008-02-28 08:18 Maintenant vous savez pourquoi les tomates sont relativement peu chères en hiver malgré avoir pourcouru plus de 1000 km. Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # superuser 2008-03-05 17:10
Génération «1.000 € par mois»
En Espagne, 1.000 €, c'est le salaire mensuel de 80% des 25-40 ans, quel que soit le niveau d'études.

A Barcelone, le boom des loyers ne ménage pas les trentenaires
Avec l'arrivée du train à grande vitesse Madrid-Barcelone, les loyers s’envolent. Exit les jeunes salariés et les bas revenus.
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